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La traversée Cap-vert Brésil

Cette traversée de 1600 milles nautiques (3000 km) peut se diviser en 3 périodes météorologiques. Tout d’abord la descente vers le sud avec l’alizé, c’est en principe du vent portant, puis la traversée de la ZIC (zone intertropicale de convergence), rencontre de l’alizé de l’hémisphère nord et du sud, caractérisé par des grains orageux entrecoupés de calme avec des vents de tous les azimuts puis l’entrée dans l’alizé de l’hémisphère sud au près dans un premier temps puis devenant plus portant à l’approche du Brésil.

Après avoir assuré l’avitaillement, effectué quelques réparations (soudure du vit de mulet cassé…), configuré le téléphone satellite, nous levons l’ancre de Mindelo le dimanche matin du 7 juin. Le téléphone satellite doit nous permettre de recevoir en mer sur l’ordinateur les fichiers météo et de donner à Raymond et Monique notre position pour l’indiquer sur le blog.

Nous reprenons le rythme des quarts de nuit en alternant toutes les 3 heures pendant la nuit la veille et la barre du bateau. Il faut dire qu’on a vu beaucoup de cargos et quelques bateaux de pêche durant cette traversée.

Les premiers jours, l’alizé n’est pas très constant et nous laisse parfois plantés sur une mer ou la houle s’occupe toujours de nous. Huit jours après le départ, les premiers grains de pluie font leur apparition et ça fait du bien au bateau pour enlever les dépôts marron accumulés au Cap-Vert. Cela faisait plusieurs mois qu’on n’en avait pas eu et là, il pleut des cordes avec 20 nœuds de vent. Les grains et les périodes de calmes se succèdent avec et sans vent et la risée Yanmar nous permet parfois de nous tirer un peu vers le Sud. Nous pêchons un peu pour améliorer l’ordinaire, coryphène et thon.

Traversée de l'Atlanrique : Bonite

Le réservoir est petit et au bout de quelques jours de marche et d’arrêt, pot pot pof, le moteur s’arrête. Nous mettons la panne sur le désamorçage du moteur dû à la houle car nous approchons de la fin du réservoir. Nous vidons les derniers 20 litres du jerrycan dans le réservoir et nous traînons à la voile afin de les garder pour l’arrivée. Comme les ennuis n’arrivent jamais seuls, ce soir du 16 juin, le génois tombe sur le pont, la manille qui le fixait a dû s’ouvrir mais le coulisseau et la drisse sont restés en tête de mât, un peu découragés nous affalons tout et attendons jusqu’au petit matin. Il faut monter en tête de mât, mais une forte houle avec un vent dans le pif nous en dissuade. Nous tirons des bords plats toute la matinée sous trinquette et grand-voile histoire de ne pas reculer. A midi la houle quoiqu’encore assez forte me fait prendre la décision de monter au mât pour descendre le coulisseau. Pour éviter d’être trop remué là haut le moteur est mis en marche le temps de la manœuvre pour maintenir le bateau face à la houle principale. Après avoir enfilé le harnais, Christine m’assure avec la drisse de grand-voile et je commence à gravir les marches du mât en serrant dans les plus importants balanciers, le mât. Arrivé au deuxième étage de barre de flèche, 10 mètres au-dessus du pont, le moteur s’arrête et le bateau se met en travers accentuant les mouvements de roulis. Je continue péniblement à monter les derniers mètres et croche sur le coulisseau un petit bout. La descente a été plus rapide, et c’est avec satisfaction que je rejoins le pont du bateau, avec quelques bleus, exténué, mais en un morceau.

poisson volant

Une visiteuse éphémère

Une visiteuse éphémère

Nous réparons le génois et remettons en route dans l’après-midi toujours dans les grains entrecoupés de calme. Le 20 juin, ça sent les alizés, les grains éclatent encore un peu mais loin derrière avec quelques éclairs et nous gagnons au Sud dans un vent qui adonne et se renforce au fil des jours. Dans la matinée du 21, nous passons dans l’hémisphère Sud et pour fêter l’évènement, le coq a hardiment, faut dire que ce n’est pas facile avec la houle, fait un gâteau. Nous passons au large des îles Sao Paulo et Pedro et mettons le cap sur Jacaré. Il fait chaud l’après-midi, les gros grains ont disparu et nous approchons peu à peu du Brésil. En fin de nuit du 26 juin, nous apercevons les premiers feux de la côte et atteignons en fin de nuit les premières bouées du chenal de Cabedelo. Comme il est étroit, nous essayons de mettre le moteur en actionnant la pompe à main, niet il ne marche pas. Nous devons donc tirer des bords dans le petit chenal afin de rentrer pour réparer le moteur car ici avec la houle du large c’est impossible. Après une à deux heures de louvoiement, nous entrons dans le baie de Cabedelo et mouillons au sud d’une petite île, la Restinga. Oh étrange, plus de houle, quel bonheur après une vingtaine de jours de barattage. Nous décidons d’un commun accord que la première chose à faire est de prendre un bon petit déjeuner. Quelques barques et petits ferries passent à côté de nous en nous souhaitant le bonjour.

Ce n’est pas le tout, mais le moteur est toujours en panne et nous devons remonter jusqu’à Jacaré quelques milles plus haut, impossible d’amorcer le circuit de gasoil. Le démontage commence, Christine se fait petite souris, malgré mon absence de jurons et mon calme, mais elle est anxieuse chaque fois que je fourre mon nez là dedans, imaginant toujours le pire. Je démonte les durites jusqu’à arriver à celle du réservoir. J’aspire, rien ne sort bien qu’il y a au moins 20 litres de carburant. Le tuyau est bouché !, mais par quoi ? Un fil électrique rigide est passé à l’intérieur et arrive enfin à le traverser. Dans le fond du réservoir, je recueille des espèces d’algues dans une boue marron foncé. Dans le mauvais gasoil, ces algues arrivent à proliférer grâce à l’eau qui s’y trouve. Après un nettoyage au mieux, suivi d’un réamorçage en aspirant parfois, que c’est mauvais le gasoil, teuf teuf le moteur repart pour nous emmener contre le courant jusqu’à Jacaré où nous mouillons et apprécions le calme et la première nuit complète depuis un bon moment.

Cette traversée s’est finalement bien passée, quand on lit le récit des autres navigateurs, qui parlent de grains avec fort vent, et qui durent des jours et des jours, avec des calmes et cette ZIC appelée aussi pot au noir qui dure et qui dure. La nôtre a duré 19 jours. Le captain avait bien préparé la traversée, certes, les fichiers de météo donnant un pot au noir peu large. Nous sommes restés dans cette zone à peu près 8 jours, avec des grains de pluie torrentielle, sans vent. Un seul grain nous a donné du vent à 30-35 nœuds et a duré quelques heures, en nous laissant une mer hachée. De plus, depuis que nous avons la barre hydraulique, le Kan Er Mor est équilibré au près et au travers, quand la mer est belle et il nous suffit de donner un petit coup de barre de temps à autre. De quoi se plaint-on. D’accord, c’est un peu difficile de faire les repas, mais c’est bon pour le régime. Il faut voir les côtés positifs…

 

Le chat du bord s’y fait bien lui. Il faut dire qu’il y a de la visite. Une petite hirondelle, qui est venue, bien familière, que nous avons mise dans la cabine, nous avions peur de la réaction de Torpen, car elle rentrait dans le carré. Malheureusement, le lendemain elle était DCD. C’est souvent ainsi. Nous avons vu des dauphins, des phaétons, et près des côtes du Brésil, des oiseaux marins, que nous n’avons pas chez nous qui ne venaient que la nuit, et qui eux aussi étaient familiers, chantant, signalant leur présence. Torpen était fou, et a fini par en tuer un et le manger, juste derrière mon dos. Je n’ai pas trop aimé. Quant aux poissons volants, il s’est bien régalé, nettoyant le pont avec plaisir.

LE CAP-VERT

Nous partons de la grande Canarie, vers les 15 heures, avec quelques conseils que nous avons eus avec Walter, qui navigue depuis 2O ans. Comme île veut dire houle, nous lui demandons quel est le meilleur mouillage à l’île Do Sal : «  Vous verrez, après 8 jours d’Alizé, la houle !
L’Alizé nous porte, 1O-2O nœuds, parfois plus dans une mer hachée, avec 2 houles, Torpen s’y fait, nous aussi et c’est bon pour le régime…On avance, en ligne droite et pour une fois, le captain est satisfait du nombre de milles constatés aux points journaliers, le bosco râle bien un peu, cuisiner est sportif, Torpen couine car on ne le laisse pas faire sa fête au pigeon voyageur se reposant sur le bateau, mais se lèche les babines après son premier poisson volant. TODO BEM
Les milles s’additionnent, zut on va arriver de nuit. Dans une atmosphère brumeuse, en fait dans tout le Cap-Vert il y a une poussière brunâtre dans l’air qui colle aux parties exposées au vent, nous apercevons un pic le Monte Grande, point culminant de l’île à 407 m.puis un deuxième, passé la pointe, la mer se calme, nous voilà enfin, samedi à 11 heures dans le port de Palmeira de l’île Dosal. Il fait nuit et nous mouillons et chose étrange, très peu de houle. Le captain est ravi, une bonne nuit de sommeil en perspective.

Carte de la traversée

Notre voisin un toubab français qui vit entre la Gambie et Sal, nous donne quelques renseignements. Les papiers sont vite faits, car nous dérangeons visiblement le fonctionnaire qui regardait un film. Chez Patricia, le cyber local, nous donnons de nos nouvelles par mail.
Nous entrons dans un autre monde beaucoup moins riche que les Canaries, Palmeira est un petit bourg, l’île n’a que 10 000 hab. On remonte le quai où les pêcheurs débarquent leur pêche de leurs petites barques, face à nous : douche municipale, à gauche, la fontaine municipale, pas d’eau courante, les rues sont pavées très inégalement avec des petites pierres de l’île. Les habitants sont indifférents envers nous, mais entre eux aussi. Les maisons sont petites et basses.
Distributeurs de devises qui nous donne des escudos, on a de la chance car souvent, les distributeurs sont vides, mini mercado : Hum, Marie Le Vu ou Germaine, les cafés-épiceries d’il y a 6O ans à Locmiquélic, on se sent un peu des consommateurs-gaspilleurs, européens, un grand coup sur la tête, mais le cargo a livré hier. Le paiement se fait soit en €, soit en escudos. Peu de voiture, le transport en commun « Aluger », sorte de mini-bus, 5O cts €, pour Espargos, la ville la plus proche, 1 € pour Santa Lucia, ville au sable blanc tout au sud, pour touristes italiens surtout, mais je vois des jets skis…Nous faisons aussi quelques balades à pied dans une nature quasi désertique découpée par quelques pistes, ça et là quelques anciens volcans.

Le 10 mai, on part pour Sao Nicolau, 85 milles, on part le soir, au matin on rencontre 1 ou 2 barques de pêche, qui nous font signe. Ah ! Ah ! On mouille à Tarafal, Cela roule bien que le vent ne se fasse pas toujours sentir. Il y a quelques barques de pêche au mouillage ainsi que quelques voiliers dont 3 habités.
L’île est complètement différente de Sal, très montagneuse. Dès notre arrivée à terre, des gamins nous proposent de garder l’annexe, un jeune cap-verdien – Fanja, nous aborde, c’est un guide, qui rend des services aux bateaux moyennant finance, Il nous mène vers les autorités, Tout cela avec un beau sourire. Le policier est sympa, ici pas de délinquance. Le lendemain, il nous amène à Vila Ribeira, capitale de l’île en Aluger, un peu plus cher qu’à Sal, mais Fanja est sensé négocier. De Cachaçao, nous descendons sur un chemin empierré, le paysage est beau dans les hauteurs, mais la polaire s’impose, visite d’une rhumerie artisanale. On goûte : Jm strelonque, Fanja boit cul sec. On parcourt la ville, puis reprenons l’Aluger, on attend qu’il soit plein avant de partir. Cool ! Le spectacle est dans la rue, tout le monde se parle, s’apostrophe, se sourit, rien à voir avec Sal.
Joëlle une Bretonne, nous prête une carte et nous voilà partis pour le Monte Gordo, le sommet le plus haut de l’île, en suivant la route des cahutes d’eau. L’ascension du baranco (ravin) est assez difficile, pentu, dans des gravillons. Chaud malgré l’heure matinale, paysage impressionnant, après 4 heures de marche, on arrive sur le chemin de Cachaçao. JM embrasse la pancarte, la montée a été rude, pas du tout balisé ce chemin, 3OO m. plus loin, la route est coupée : une faille importante. JM essaie de passer de l’autre côté, m’encourage. Je le sens mal ce passage. J’essaie, la roche s’effrite. Je ne le sens pas. Ne bouge pas, j’arrive te chercher. Il monte, s’accroche à un arbuste et me dit : t’affole pas, une roche va tomber. Vaincu, il redescend y laissant un peu de peau et finit par dire, tu a raison, on retourne sur nos pas. La chance est avec nous, un garde du parc national, nous appelle et nous indique un chemin, nous accompagne jusqu’au plus proche village Hortalao, nous indiquant des plantations d’Aloe verde qui stabilisent le sol. Nous continuons dans la chaleur vers la route de Cachaçao, un aluger passe et nous ramène vers Tarafal où nous achetons une dorade d’1,5 kg pour 2 € 5O .
Il y a beaucoup d’immigrants au Cap-Vert travaillants surtout aux USA et en Europe qui reviennent au pays, achètent un terrain, construisent le premier étage, retournent travailler à l’étranger, reviennent font l’étage. Les maisons restent toujours en « construction » car si la maison est peinte, ils paient des impôts. Ils reviendront au pays pour la retraite.
Dernière ballade à Sao Nicolau, le matin de bonne heure, On trouve un Aluger d’un autre genre, une voiture avec des bancs à l’arrière. Le chauffeur me dit de monter devant, JM à l’arrière, qui parle avec un pêcheur de langoustes. Il devrait changer de palmes, mais ici, on n’en trouve pas. Nous n’avions pas pris, avant de partir la mesure de leur pauvreté. Ils manquent de tout, mais paradoxe, presque tous ont un portable. Nous arrivons à Praia Blanca à 8 heures. Nous commençons l’ascension dans des paysages grandioses. Il y a de l’eau, pas de pancarte, mais le chemin est fréquenté par les locaux, toujours prêts à nous aider et nous guider. Nous arrivons au col avec vue sur Fragatona. Une vue à vous couper le souffle, toujours dans le monte Gordo. Des villages sur les pics, des sentiers en lacets assez raides. Pas de routes mais des sentiers pas très entretenus, des ânes, des mulets, cultures irriguées en terrasse,nous rencontrons des habitants secs. Comme nous, leur moyen de transport : la marche à pied. Une école à Fragata se perche tout en haut du village. La descente se fait dans un paysage toujours aussi beau, canne à sucre, bananiers, patates douces, moutons, chèvres, vaches, veaux plus gras qu’au sud de l’île. Au bout un Aluger nous attend, le chauffeur est un givré de l’accélérateur, laissant sortir de son véhicule une jeune femme, dans un état nauséeux. On a vite compris pourquoi…

Sao Vincente. Mindelo
Au vent de travers, nous passons au nord de Santa Lucia, où nous aurions aimé nous arrêter, mais il faut une autorisation et au Cap-Vert…Nous arrivons à Mindelo, 45 milles plus loin en fin d’après-midi, grand port commercial, cela roule peu et il y a du vent. Les papiers se font sans problème, nous trouvons rapidement un soudeur pour le vit de mulet de la bôme cassée suite à un empannage à l’arrivée, grâce à Popeye un ami de Joëlle, assez étonné d’ailleurs. Des fois cela est simple, la carte sim, no problem, un connecteur Usb rs232 (sert à relier l’ordinateur au téléphone satellite)….nao problem.
Ce sont des îles de paradoxe, quand on regarde autour de nous, il est certain que les technologies modernes sont là, alors que les pêcheurs ont de petits moyens, manquent d’hameçons, le chômage avoisine les 5O %, un futur étudiant en médecine, nous aborde pour nous demander de venir avec lui lui acheter des cahiers qu’il n’a pas les moyens de s’acheter, les enfants réclament des crayons, les cargos cap-verdiens sont un peu rouillés. O.K. Mais dans la rue le portable est là, internet aussi
L’île de Sao Vincente a été la dernière a être habitée : pas d’eau ( usine de désalinisation) L’île a été riche avec les échanges commerciaux, mais est en plein déclin. Il nous semble pourtant que la pêche n’est pas exploitée comme on pourrait le faire. On dirait qu’ils pêchent uniquement pour assurer leur nourriture. Le poisson abonde en variété au marché aux poissons
Césaria Evora qui est décédée depuis 3 ans reste bien sûr leur idole, son musée est petit, dans une petite maison qui a été construite pour elle et offerte par le gouvernement, qu’elle n’a jamais habité, un grand projet de musée est prévu, mais pour l’instant, il n’y a pas d’argent.
Nous regardons ces îles avec notre esprit européen, ne comprenant pas tout. Une grande partie de la population vit au jour le jour de peu de chose, des petits boulots une autre tient les rênes.

Une grande part du temps du captain passe à préparer la descente vers le Brésil, 1600 milles plus bas : étude de la route envisagée et de la météo, préparation du téléphone satellite qui permettra de donner des nouvelles et de recevoir la météo, nettoyage de la coque… Le coq pense lui à la cambuse et nous prenons le temps de visiter la ville et ses abords.

La flore des Canaries

Pour comprendre l’histoire de la flore Canarienne, en faisant court, il faut tenir compte du caractère océanique et de l’âge de l’archipel. Deux grandes sources, le contingent méditerranéen (Lauriers, houx, daphné…) le contingent africain ( Dracaena, euphorbia, aéonium et céropegia…)
A mon grand regret n’ayant pas les connaissances pour reconnaître les espèces, je m’arrêterai là pour vous faire partager le plaisir des fleurs, des plantes, des arbres.

Une belle graminée ( Pennisetum setaceum) qui devient envahisseuse.

Plante d’origine africaine, elle aurait été implantée comme plante ornementale et a proliféré dans toutes les îles, mais nous l’avons constaté surtout, à la Palma. Les autorités scientifiques essaient de la contenir, conscients de ne pouvoir l’éradiquer
Flore des Canaries : Pennisetum setaceum

Lors de nos randonnées, sur toutes les îles, sauf fuerteventura et Lanzarote, nous avons constaté, au sud des îles, une végétation assez éparse, un climat plus sec et au nord un climat plus humide avec une végétation plus dense et verte et en pallier : premier pallier, euphorbe, laitue de mer, joubardes. Deuxième palier : pins canariens (dont la particularité à notre grand étonnement est de ne pas mourir lors des incendies fréquents, mais de voir repousser des branches sur le tronc noir. Enfin, au sommet, des bruyères arbustives, comme les bruyères du Portugal, mais beaucoup plus grandes, des lauriers, Dracoena.
Fuerteventura et Lanzarote, îles plus anciennes nous montrent un paysage plus aride, venteux avec une végétation plus rare, quelques fleurs rares elles aussi. Un paysage de Western. Les îles s’effritent, donnant l’impression d’être toujours en travaux…

Nous avons remarqué, à hierro, des arbustes et après consultation d’un bouquin sur la flore, nous avons pensé que beaucoup d’espèces étaient des euphorbes, mais c’était aller un peu vite, car la similitude entre arbustes peut être grande, ils ne sont pas forcément de la même famille, aussi,
comme beaucoup de néophytes, nous nous sommes posés la question : quelle différence entre les euphorbes et les cactus ? Il y a d’ailleurs quelques années, quand notre beau-frère m’a dit, le poinsettia est une Euphorbe, je suis tombée des nues …Il y en a de magnifiques qui sont des arbres ici , mais je n’en ai pas photographiées, décembre étant la fin de la floraison.

Les euphorbes appartiennent à la famille des euphorbiacées ( 6OOO espèces) les cactus à celle des cactacées 25OO espèces.

Les aiguillons des épines des cactées, au nombre très supérieur à 3 poussent sur une aréole, sorte de duvet. Les euphorbes ont 3 aiguillons au maximum, certaines n’en ont même pas.
Leur sève : couper un cactus, ils s’écoule un jus transparent, les euphorbes un lait souvent toxique et
collant.

LE JARDIN DE CACTUS

Le jardin de cactus à Lanzarotte

Nous avons visité le jardin de cactus à Lanzarotte, création de César Manrique dont nous vous avons déjà parlé. Etant très attirée par la flore, j’ai adoré.

Christine

Fuerteventura, Lanzarote, les 2 îles pelées

 Ces 2 îles sont les plus anciennes de l’archipel, environ 900 millions d’années alors que plus à l’Est elles n’ont que 100 millions d’années. Elles ont beau provenir d’une profondeur de 4000 mètres, à présent, elles ont été rabotées par l’érosion ce qui fait que leur morphologie est plus proche des celle des monts d’Arrée que des Alpes. Les collines, restes des volcans dont on voit souvent le cratère ont une altitude maximum de 500 mètres, mais souvent moins, à comparer aux 3700 mètres du Teide sur Téneriffe. Il n’y a pas d’arbres sur ces anciens volcans et la végétation naturelle ainsi que la faune sont très très pauvres. Seuls quelques chèvres arrivent à y retirer leur maigre subsistance. Par contre, dans les vallées, les Canariens arrivent à y faire pousser toutes sortes de légumes, des arbres fruitiers et de la vigne en les abritant du vent. Ils récoltent par exemple 3 fois dans l’année des papas (avaleu douar pour les bretons, patates pour les français).

Ces îles vivent en grande partie du tourisme qui s’est implanté sur les côtes avec plus ou moins de bonheur. A playa Quemada devant laquelle on a mouillé, quelques maisons basses se sont ajoutées au village de pêcheur dans la même architecture, l’endroit est calme et charmant. A l’inverse, Costa Teguise, le tourisme de masse, ici tout le monde parle engliche,  des buildings, des hôtels, des magasins, des cafés, des restaurants  aux enseignes anglaises, les Transats avec parasol envahissants la plage Beurk !

Nous avons eu aussi la visite du fiston venu avec son fils Emerik voir papo et mamé pendant 15 jours.

Il m’est arrivé aussi une drôle d’aventure devant le petit port d’El Cotillo

Fuerteventura ; lâche les mains

Je regardais la mer se briser sans penser à regarder ou mettre les pieds et continuait à avancer, quand tout à coup le sol se dérobe sous mes pieds arrivé au bout de la falaise. Je glisse et me rattrape in extrémis au caillou, vous voyez bien la photo. Youen, Christine et Emerik sont partis de l’autre côté se promener, personne dans le voisinage, mes pieds pendent le long de la falaise, 50 mètres plus bas, les roches et la mer qui s’y brise . Agrippé au caillou par les 2 mains, je commence à hurler

– Au secours ! Au secours ! Y’a quelqu’un

personne ne réponds, et je commence à fatiguer

– Au secours ! Au secours ! Y’a quelqu’un AL secorro, hay algun !

Dans ces moments là, on voit toute sa vie défiler à 300 km/h, les bons et les mauvais moments, je continue à crier et à prier tous les saints, quand une voix venue du ciel se fit entendre :

– Crois en moi mon fils, lâche les mains, aie confiance

Je réfléchis un petit moment, et me dis que si je lâche les mains je vais faire une chute de 50 mètres. La voie reprend

– Crois en moi mon fils, lâche les mains, aie confiance

Je réfléchis encore et me prend à crier

– Y a quelqu’un d’autre ! Au secours

C’est alors que mon fils aidé de Christine sont apparus, croyant à une farce, ils prennent la photo avant de me tirer de ce mauvais pas

Morale : faut pas croire tout ce qu’on entend surtout quand ce sont des voies venues d’en haut, ni ce qu’on lit non plus d’ailleurs (merci à L.G)


 

LANZAROTE

Après une brève escale à Corralejo dans le nord de Fuerteventura, dans le but de visiter l’île Lobos à 2 milles en face mais rendu impossible à cause d’une forte houle, nous allons à Lanzorotte  mouiller à Playa Quemada puis nous rendons dans la marina de Arrecife. Au retour nous nous sommes arrêtés à Lobos. Le retour au bateau fut acrobatique à cause d’une forte houle qui brisait sur les rochers

 Arrivés par le bus à Teguise, nous avons tout à fait par hasard, remarqué des instruments de musique, par la fenêtre d’un joli bâtiment, sur la place de l’église. Une étude plus minutieuse, nous apprend que c’est un musée, et là, je me rappelle avoir lu une info sur le timple (timplé) instrument, typique fabriqué dans cette ville. Nous avons pris le temps de nous y arrêter et trouvé ce musée très intéressant ; toutefois la musique Canarienne n’est pas aussi voyante que la musique breizh, mais s’il y a des concerts, des rencontres de musiciens dans ce musée, et c’est le cas, comme toujours, impossible de savoir quand !
Nous voulions voir celui de la piraterie, finalement sans intérêt, si ce n’est la situation de la forteresse santa Barbara avec un superbe panorama sur l’île.
Cette ville était la première capitale de Lanzarote, avec ses maisons traditionnelles basses et leurs ouvertures typiques. Riche par son agriculture, selon « notre marchand de chaussures » à qui nous demandions : «  c’est quoi, ces champs noirs, les légumes poussent dans ces fins cailloux de lave ?
Non, ces cailloux de lave servent de paillage, pour garder la fraîcheur, éviter les mauvaises herbes.
Avec une irrigation au goutte à goutte, tout pousse (courgettes, artichauts, tomates, haricots verts, secs, papas( p. de terre- 3 récoltes par an. Le grand problème, c’est le vent qui brûle les plans tendres. D’ailleurs, les cultures sont souvent protégées par des murs de pierre de lave, arrêtant le vent. Un sacré travail.
Il semblerait que l’agriculture soit laissée de côté au profit du tourisme.
Nous venons visiter les Canaries par la mer. Gens de mer, nous sommes étonnés du peu de pêcheurs professionnels, aussi bien à Fuerteventura qu’à Lanzarotte. A Orzola, lanzarotte, nous avons vu un pêcheur qui amenait un peu de glace dans une brouette.

César MANRIQUE

L’art contemporain prend une place importante dans la vie des Canariens. Volonté des hommes politiques ? Désir des Canariens, en tous les cas, les artistes d’art contemporain ont un avenir ici. On trouve leurs œuvres partout.
César Maurique 1919-1992) a sans doute laissé une grande influence, né à Arrécife, capitale de Lanzarotte, études à Madrid, Paris… Au début des années 50, il se lance dans l’art figuratif, puis se lie au mouvement informaliste. Ses tableaux abandonnent toute référence à la réalité, Maurique fait des recherches sur la matière. Il restera fidèle à ce langage plastique tout au long de son parcours créatif. En 1966, Maurique s’installe définitivement à Lanzarotte. Il est parvenu à matérialiser, son art qui constitue un exemple d’art public et de paysagisme : les jameos del Algua, le mirador d’El Rio, les jardins de Cactus etc… pour Lanzarotte, mais sur d’autres îles canariennes (Teneriffe, La Goméra, El hierro).
Aux Canaries, nous sommes étonnés du grandiose des ports, des promenades du bord de mer, des places en ville, pour des villes finalement petites. L’Europe est passée par là. Ceci dit c’est agréable.

Départ imprévu

 

Depuis quelques temps, nous désirons recevoir de Bretagne un colis contenant notamment une balise de sécurité. Les renseignements pris sur place et sur le blog HeO nous déconseillent de le faire livrer par la poste à cause du temps de transport, peut être plus de 2 mois et des tarifs douaniers, et oui, ici c’est l’Europe sans être l’Europe comme nous allons le mieux comprendre ensuite. Nous décidons donc d’attendre des amis de nos neveux qui doivent venir à Lanzarote fin Mai et nous donnerons le précieux colis.
En attendant nous irons dans un premier temps mouiller au Sud de la grande Canarie dont nous ne connaissons pas l’intérieur. Nous nous rendons à Pasito Blanco et jetons l’ancre devant une marina privée à bâbord, une plage devant, couverte de parasols les weekends par les locaux et le golf à tribord. Ca ne bouge pas trop et nous commençons à visiter les alentours, très bien aménagés mais très touristiques : hôtels avec piscines, plages avec transats et parasols, nombreux bars et restaurants le long du front de mer très bien aménagé pour les piétons et un peu plus loin les dunes de Maspalomas. Nous prenons aussi les horaires des cars pour visiter l’intérieur.
Nous faisons connaissance avec notre voisin de bateau qui nous dit qu’ici il a été souvent contrôlé par les douaniers, étant en règle, nous ne nous en inquiétons pas. A peine a-t-il tourné le dos qu’une grosse vedette Aduanas (douanes) arrive et met à l’eau un zodiak pour venir nous contrôler
– Buenas dias, papeles d’el barco
– Quand êtes vous arrivés aux Canaries ?
Je sors le livre de bord et indique la date
– Le 18 octobre
– Nous sommes le 18 Avril, vous avez droit à 6 mois de libre pratique (en réalité 185 jours), si vous désirez rester plus longtemps vous devez vous acquitter d’une taxe de 11% de la valeur du bateau

Il nous reste donc que quelques jours pour échapper à cette taxe et à toutes les tracasseries administratives qui y sont liées
– Vous avez l’intention de vous rendre au Cap vert, Buen viaje (bon voyage)

Que faire ? Après discussions entre nous et ayant pris connaissances de la météo, nous décidons de descendre dès le lendemain au Cap Vert 800 milles nautiques plus au Sud, la cambuse étant bien approvisionnée.

A cette date, nous ignorons encore la loi exacte concernant les voiliers en transit aux Canaries, nous pensions la demander à notre voisin de Pasito Blanco qui était dans le même cas que nous à 1 mois près, mais nous n’avons pas son email qu’on aurait du avoir sur le blog.

Kénavo à tous et le prochain article au Cabo Verde

La Gomera, Gran Canaria

La Gomera

En quittant La Palma en y étant resté presque 2 mois, il faut dire qu’il y a de quoi faire à La Palma, nous longeons la côte de l’île dans des vents variables faibles en traînant notre ligne à thon. A la pointe sud de l’île, devant Fuencaliente, Hatoup (cri groisillon pour indiquer une prise) , branle bas, le pilote automatique est enclenché, car ça a l’air de tirer fort. Je remonte la ligne, aidé du bosco en arrivant au gud (fil de pêche en nylon) et d’un coup de gaffe dans les ouies, nous remontons la bête sur le pont, un thon d’une vingtaine de kilos. Il était temps, car le vent commence à forcir 30 à 35 nœuds et nos 2 ris dans la grand-voile à titre préventif ne sont pas de trop. Le poisson est enfin suspendu et amarré sur le portique pour la traversée agitée comme d’habitude. A la fin de la journée, nous sommes à l’abri de La Gomera et mouillons à Puerto Vueltas devant la plage d’Argaga, rien à voir avec lady du même nom.


Tout frais pêché

Un thon en quittant La Palma

Nous voici, donc, à La Gomera,( 24 000 habitants) devant laquelle nous n’avions fait que passer, il y a 33 ans, effrayés par les lumières dans la nuit, pensant building et tourisme. Après avoir passé une journée à préparer et stériliser les bocaux de thon, le lendemain, nous allons à terre en visite.
Le port de Vueltas est un petit port de pêche, où à notre surprise, on entend plus parler allemand qu’espagnol, beaucoup de complexes touristiques pour Allemands, boutiques tenues par les Allemands.
Le mouillage est sympa, sans trop de houle, baignade pour JM, mais l’eau commence à fraîchir. 19°, malgré un soleil présent.
Première balade en partant d’Argaga, escalade plutôt dans la première partie de celle-ci. Au départ, nous avons rencontré un marcheur, qui revenait, abandonnant et nous souhaitant bonne chance.
Malgré la difficulté de ce « sentier », nous avons eu la satisfaction de rivaliser avec deux jeunes, qui nous regardaient avec respect, nous laissant sur place ensuite sur le plateau.

Après une semaine dans ce mouillage, nous appareillons pour San Sébastien, pour une fois, la mer est belle, au travers jusqu’à la pointe de Falcones, nous remontons au près 3-5 vers la capitale de l’île, dans une mer calme pour relâcher à la Marina de San Sébastien.
Le lendemain nous découvrons avec plaisir une petite capitale qui a su garder son caractère, avec un centre ville agréable, sans grande circulation, malgré un apport de touristes amenés par les 2 compagnies de ferries canariennes  »Armas » et « Fred Olsen » et une fois par semaine, un de ces paquebots de passagers, énorme. Nous sommes sans doute naïfs, mais nous nous posons toujours la question, comment peut-on remplir ces derniers .
Hélas, le soleil n’est pas toujours de la partie, mais sur les prospectus, nous sommes à la saison des pluies. .. Le temps est un peu plus nuageux sur les hauteurs, mais reste encore convenable au niveau de la mer. Les marches autour du port nous conduisent de sommets en ravins dans des pentes escarpées et des endroits sauvages. Au centre de l’île se trouve le parc protégé de Garanonay et nous prenons le bus pour une première promenade au départ de Pajarito, car le chauffeur nous a arrêté 4 à 5 km plus loin que prévu. Pour la première fois, le temps est humide et il boucaille de temps à autre, en contrepartie la nature est très verte avec des arbres (pins, châtaigniers, frênes), des fougères, des mousses et des lichens. Nous mettons nos ponchos et c’est parti pour la descente de 15 km vers le port. Le sentier est facile et nous fait découvrir à chaque virage de nouveaux paysages, de plus au fur et à mesure de la descente, le temps s’améliore et c’est avec un beau soleil que nous atteignons le port. Une dernière marche doit nous emmener de Las hayas à Vallehermoso. Tout commence bien, le temps est un peu couvert, mais il fait beau, nous entrons dans le sous bois très vert du parc de Garajonay et vers les 13 heures, une aire de pique-nique, chose assez rare ici nous tend ses bancs. Le temps de s’installer et une petite pluie d’abord fine genre drash (boucaille belge) commence à nous arroser, mais après quelques minutes les gouttelettes se sont transformées en grosses gouttes et nous reprenons le sentier devenu glissant sous de bonnes averses, c’est parti pour 3 heures de descente pendant laquelle les nuages ne nous lâchent pas. Les pantalons et les chaussures sont détrempés et c’est avec des floflocs dans la boue par endroits que nous atteignons la route bitumée à 3 km de Vallehermoso ou le prochain car part dans 20mn. C’est râpé il nous faudra attendre 3 heures. C’est alors qu’une voiture s’arrête et nous propose de nous conduire à l’arrêt de bus, malgré notre plaisir de marcher vu l’humidité ambiante nous sautons avec délice dans les 2 places arrières. L’hiver commence-t-il en février ? Le temps a changé, il fait plus frais même au port et de temps en temps il pleut.

Las Palmas, Gran Canaria : Le carnaval

Nous décidons de nous rendre à Las Palmas à la grande Canarie pour voir le carnaval. Distante d’un peu plus de 100 milles, la traversée quoiqu’avec pas mal de près est à peu près tranquille, pas de vent trop fort malgré un problème de barre hydraulique assez vite réparé, mais qui nous a quand même fait sortir la barre de secours et la bôme qui s’est désolidarisée du vit de mulet (aucune cochonnerie là-dedans). A l’arrivée une flopée de cargos au mouillage ou qui rentrait ou sortait. Il faut dire que Las Palmas est le port espagnol ou le trafic est le plus important d’Espagne . La marina est très grande, mais bien tenue . Certains voiliers servent d’ailleurs de résidence principale à pas mal de navigateurs. La ville est grande (830 000 hab.) et assez sectorisée : un centre historique, un centre commercial, un front de mer au nord avec une grande plage et ses surfeurs et les inévitables buildings résidentiels.
Le temps est toujours aussi mitigé et les nuages sur les collines environnantes avec les averses au port ne nous incitent pas à la marche, mais c’est le carnaval avec toutes ses animations. Pour avoir le programme, quoi de plus naturel que d’aller à l’office de tourisme, sauf que là, à part une brochure très générale, personne n’est au courant du programme, mais il suffit d’aller en ville aux bonnes heures et d’ouvrir les yeux et les oreilles, car c’est souvent bruyant. La grande parade ou l’on peut admirer les reines et les danseurs des écoles de samba à un côté très brésilien : beaucoup de plumes, de couleurs et les rythmes des percussions ainsi que beaucoup d’alcool dans la centaine de camions aménagés qui clôturent le défilé dans des musiques discos ou les gens déguisés dansent et s’exogénisent pour beaucoup, et dire qu’on dit que ça picole chez nous !

Le carnaval en vidéo : âmes sensibles ou prudes s’abstenir