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BRASIL

Tudo bem

Tudo bem

Ce signe, le pouce levé, nous le verrons souvent, cela veut dire tout va bien et dieu sait si les Brésiliens le font. Parce que tout va bien. Victorino, Paul, Ivanilda Nina, Ilaiale et Lito nous ont prêté leur concours pour cette photo qui montre bien leur bonne humeur.

Nous voilà sur le fleuve Paraïba, qui a donné son nom à l’état, que nous remontons jusqu’au mouillage de Jacaré, nous faisons un tour dans celui-ci et sommes hélés par Mike, accent anglais, qui nous dit de mouiller assez loin. Il y a du courant et les bateaux évitant différemment, nous risquons de nous embrasser. Gentiment il vient nous voir, nous donne quelques renseignements. On engrange… Et nous invite le lendemain pour un brunch. Oh, mais cela commence bien, rien à voir avec le public des marinas. On va à la marina qui nous offre la possibilité de profiter de ses services, tout en étant au mouillage. 100 Réals/semaine.

Nous participons le dimanche au brunch de Sheila et Mike, rencontrons tous les bateaux au mouillage ( Lituaniens, Anglais, Sud Africain, allemand) super sympa. Nous rendrons la politesse, tous appréciant la cuisine française. En revenant du brunch lithuanien, JM casse une rame. La solidarité du mouillage nous donne les clés pour refaire deux rames dans un chantier voisin.
Le lundi nous commençons les papiers. Grâce aux conseils de Francis, de la marina nous remplissons les papiers, à peu près correctement, et commençons par l’immigration. En 20 min c’est fait. Mardi, douane et direction du port. Là commence pour nous un va-et-vient, car ils ne sont pas d’accord par qui, commencer ces formalités. Finalement, Silvio sort son insigne et après 15 mn de palabre, tout finit par s’arranger. A la douane on retrouve Sheila et Mike qui mal renseignés ont dû refaire les leurs pour un mois de plus. Pour le Brésil, nous ne pouvons avoir qu’un visa de 3 mois.

On se pose, prenons nos marques. Tout d’abord, vidange du réservoir à Gazoil ( algues) lavage des vêtements. On va à Intermares faire quelques courses. Oh, mais ce n’est pas facile de traverser la 4 voies, imaginez un passage piéton sur la 4 voies Ploemel-Vannes… Nous prenons le train (13 centimes €) pour Cabedelo afin d’acheter des fruits et légumes et profitons pour visiter le fort. Pour l’instant on prend ce qu’on connaît. Après le Cap-Vert c’est l’abondance. Les mangues sont bonnes, les avocats énormes, salade, cerfeuil . On se régale. Hélas ce n’est pas pour tout pareil. Le vin, JM se demande comment on peut faire du si mauvais vin avec du raisin, sucré, ici il est marqué dulce. On finira par trouver un vin chilien correct pour 5 €. Tous les Brésiliens ont le sourire, nous disent bonjour. En un mot, ils sont accueillants.

Le petit moteur tombe en panne. Mac Gyver le répare, et depuis, quelques caprices, mais dans l’ensemble Pen sterk est sympa.

Zut, malgré des précautions pendant la traversée, je sens les symptômes d’un de mes problèmes : visite à la clim (l’hôpital privé du coin), antibiotiques. Tout rentre dans l’ordre au bout de 15 jours me laissant un peu fatiguée. Nous faisons quand même le tour de l’île de la Restinga, en kayak un jour de grande marée,. On voit des Brésiliens pêcher des coquillages. Au retour, JM casse une pagaie. C’est signe de bonne santé chez lui..

Nous prenons le ferry, longue barque plate propulsée par un moteur de tondeuse à gazon. Nous visitons l’autre côté du fleuve, les 2 villages traversés sont plus propres qu’à Jacaré. Il y a une grande route. Nous ne comprenons pas pourquoi, celle-ci est en mi-goudron mi terre et la traversée des villages en terre. Nous voyons des élevages de crevettes, pourtant le long de la côte et dans le fleuve il y a des crevettes… Au retour, notre « skipper » nous fait une arrivée sportive à fond les gamelles pour s’échouer sur la côte.

Nous décidons pour le lendemain d’aller au Cabo Branco à Jaoa Pessoa en bicyclette. C’est Joli. Au retour nous voyons un syndicat d’initiative. Nous y allons et demandons ce qu’il y a à voir dans l’état de Paraïba, on ne nous parle que de plages., O.K., mais des chemins de randonnée ? On nous regarde avec de grands yeux. Ici, les touristes ne s’intéressent qu’à la plage, aux restaurants. Nous nous sentons de drôles de touristes. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge. Si là, on ne nous propose rien ! nous fouillons sur internet, pas grand-chose, puis je tombe sur un site et nous commençons l’organisation de la visite du parc de Pedra da Boca. Ce sera long

Nous allons visiter Jaoa Pessoa, Francis nous dit que c’est férié. On y va quand même. Comme c’est la fête de Ste Nieves, nous allons vers la basilique. Il y a un office, comme en Galice, les gens entrent, sortent. L’évêque officie ( un peu plus actif que les nôtres) prononce le sermon et c’est animé. A la sortie, une fanfare joue un morceau et quelques fidèles entament une danse spontanément.

Le dimanche, JM peut filmer une régate sur des gajandas «  sorte de pirogue avec une voile. C’est très sportif.

OLINDA

Nous voilà à Olinda, non sans mal. Au terminal de bus, pas d’horaire, pas d’itinéraire. JM commence à se décourager, puis le soir il trouve une carte, nous cherchons le nom des villes les plus proches d’Olinda, retournons au terminal et à force de questions, nous obtenons la réponse souhaitée. Il y a une ligne Abreu de lima- Olinda. Ouf.
Le lendemain matin, 6 heures au guichet. Ah ! pas de passeports, pas de tickets. Ne nous décourageons pas, retour au bateau. Nous prendrons le bus de 8 h. L’autoroute est bordée de champs de canne à sucre. On change de bus. Tout à coup, celui-ci s’arrête. On questionne, 4O mn d’arrêt, mais le chauffeur nous confie à un autre bus pour ne pas nous faire perdre de temps. La receveuse nous dira où descendre. Super sympa.
Dès la sortie du bus, nous sommes assaillis par une armée de guides. JM s’en défait avec élégance. Nous déposons notre sac à la pousada d’Olinda puis flânons dans le centre historique. Ah ben ça alors, un syndicat d’initiative ! Qui plus est, nous renseigne. Olinda fut fondée en 1535. On peut visiter 22 églises, 14 chapelles. C’est petit, coloré. On se croirait en Irlande, le soleil en plus. C’est bien le Brésil ; un effort est fait, c’est propre. Nous déjeunons sur une place de crêpes au tapioca. Il y a une trentaine d’échoppes qui vendent cette spécialité. Nous continuons à flâner, j’achète un sac, deux tee-shirts pour nos bambinos. Nous terminons la soirée devant une assiette de crevettes et un sauvignon, dans l’ancienne gare ferroviaire, transformée en restaurant. Retour à la pousada où nous attendent nos copains les moustiques.
Le lendemain, nous visitons le musée régional. Une charmante dame parlant couramment l’espagnol ( plus facile pour nous) nous fait l’honneur de la visite. Très beaux meubles, collection de porcelaines, avec certaines pièces aux couleurs presque inexistantes. Ce sont les esclaves qui enterraient ces pièces, et oh surprise, elle nous présente une assiette française. C’est du Henrio de Quimper. Très émus, on lui explique. Elle nous dit que c’est la première fois qu’on lui dit cela. Pas possible que nous sommes les seuls bretons à avoir visité ce musée… Nous déjeunons dans une créperia, très bien décorée, crêpes de froment salées et sucrées. Pas de cidre. Nous cheminons vers l’arrêt de bus faisant face à celui où nous sommes descendus. Nous demandons si c’est bien ici qu’il faut prendre le bus pour Abreu de lima. Comme souvent ici, la personne à qui nous avons demandé, demande à une 2 ème personne, qui elle-même demande à une 3 ème et c’est la 4 ème qui nous répond : c’est en face. Nous traversons, mais la première personne, ayant réfléchi, pense que nous allons attendre longtemps, traverse elle aussi pour nous dire qu’on peut faire autrement. Heureusement le bus 936 arrive et 4 mains se lèvent pour arrêter le bus pour nous, adorables, ferions-nous cela ? Hum.

Sabadihno

Dominique, qui travaille à la marina nous dit qu’il faut aller dans le centre historique, vers 15 heures, à un concert qui a lieu tous les samedis. Celui-ci est offert par le gouvernement municipal ( mairie). Les gens écoutent, dansent et boivent. Un instant de convivialité entre Brésiliens. Le premier nous semble de qualité moyenne, le chanteur on n’aime pas trop. Le deuxième samedi, c’est un peu mieux, mais la chanteuse ce n’est pas cela. Je voyais un homme nous regarder et parler à sa compagne. Je l’avais remarqué le samedi précédent qui parlait à des yachtmens de la marina. Il vient vers nous : boa tarde, vous n’êtes pas brésiliens ? Non nous sommes français, bretons en fait. Un verre à la main, il nous dit : je suis irlandais, enfin j’ai très peu vécu en Irlande. J’ai pas mal voyagé, je suis allé en France, Italie, Afrique du Sud.. Un autre homme arrive, nous pose les mêmes questions, parle très bien le français. Il a beaucoup voyagé en Europe et ailleurs. Voilà des rencontres sympathiques. Vito nous demande si on trouve cela bien sur le plan musical. On ne veut pas trop critiquer. Lui le fait et nous dit qu’il faut venir vers 11 heures, le premier groupe c’est généralement mieux. Tout à coup : Ah la fille qui vend la cabeca de galo arrive. Vous connaissez. Il faut absolument goûter. C’est une soupe. JM fait la moue. Elle arrive, sur un scooter, ses bidons, les œufs de caille, la coriandre, des croûtons. Elle nous tend un verre, difficile de dire non. Finalement c’est bon et comme je dis à Paul, c’est meilleur qu’une soupe irlandaise. Il éclate de rire. Nous voulons régler. C’est déjà fait. Confus, nous remercions. Vraiment trop sympa.? Vous avez goûté une Caïpirinha ? Vous voulez une bière ? On comprend pourquoi tant de W.C mobiles sont installés… Nous avons finalement été boire un rhum arrangé : cachaça + miel. Un groupe jouait et cela durera une bonne partie de la soirée. Il nous raconte l’histoire de la ville. Nous donne son tél. et si nous avons besoin de quelque chose, il est là. Pedra de Boca ? On peut arranger cela. L’irlandais doit venir nous voir à la marina.
Nous savons déjà qu’en restant un moment dans un coin, on finit toujours par faire des rencontres.

Le samedi suivant, nous sommes là avant eux. C’est vrai le groupe paraît mieux. Pour cause, nos amis arrivent et nous disent que c’est un professeur d’université de violon( guitare) Super bon, son collègue aussi et aujourd’hui, la sono est bien meilleure. Nous passons un bon moment, les gens dansent. La deuxième partie sera bien aussi, car une amie à eux doit chanter : Cristina. Tout à coup, on entend 5-6 pétards. Les gens, affolés arrivent vers nous, Vito nous dit de quitter vite la place. Plus de trace de nos autres amis. On apprend que ce sont des balles. Un policier est blessé ou mort, l’agresseur aussi. Toutes les hypothèses sont émises. Le lendemain, nous apprendrons par le journal que c’est un règlement de compte entre deux amis qui venaient de cambrioler un magasin. Un est mort, l’autre grièvement blessé. Pas de policier mort ou blessé. Nous discutions avec Vito que la ville était calme, pas de drame… Ce week-end-là, il y aura deux règlements de compte.
Nos amis se concertent, Lito propose de finir la soirée chez Paul. Lito enregistre et filme ces sabadihnos depuis trois ans. Aussitôt dit, aussitôt fait, Paul s’installe aux cuisines : soupe de poulet. Lito part acheter des crevettes, soupe de crevettes, fromage, orange, soirée super sympa. Vito nous propose de partir le week-end de fin de mois pour Aloagrande et ses environs. Nous, dit JM, on prend. Nous rentrons à la marina avec un ami à Lito( taxi clandestin). Donnons notre email à Vito.

Pedra da Boca

Finalement, n’osant pas nous imposer, nous partons pour Tacima via Pedra da Boca avec comme unique certitude, le trajet Joao Pessoa- Tacima. On verra bien après. Zut avec cette compagnie de bus, pas d’annonce de ville, tudo bem. Cela ne convient pas vraiment à JM qui demande au receveur les horaires de retour et par la même occasion de nous dire quand nous arriverons au terminal. On attend toujours, malgré ses recherches, il n’a pas de réponse. On devine Tacima. Des motos taxis attendent les clients. On ne réfléchit pas longtemps. Casques ! Mazette. Ils roulent prudemment. JM n’a pas de casque. Tudo Bem. Ils nous arrêtent au restaurant Pedra da Boca. Pas de lit. Si nous avions des hamacs, pas de problème. Nous allons à la pousada Fula da Boca où nous avions essayé de réserver, sans réponse. Nous ne pourrons y dormir qu’une nuit, super. Ce sont de petites constructions d’une chambre avec salle de bain et un préau pour mettre un hamac et une chaise longue intelligente qui nous intéresse. Il y a de bonnes idées. C’est quand même pas mal, nous sommes au milieu du parc et avons une vue superbe sur ces blocs de granit de formes particulières. On ne peut ni déjeuner, ni dîner. Pas d’importance. Nous partons nous promener dans le parc qui a brûlé en 2O12. Cela ne se voit pas. Tout est bien vert. C’est beau et étrange ces blocs de granit. Nous passons chez le guide chercher une eau minérale fraîche. Ici on en trouve partout. Nous cheminons vers Passa e fica. Dans les prés il y a des vaches avec une bosse. Ce sont des bêtes très résistantes au climat (Girolanda) croisées d’hollandaises, d’indiennes, nous voyons aussi de jolies chèvres, avec des oreilles de cocker, des chevaux, car les Brésiliens utilisent beaucoup, les chevaux, les mulets et ânes, pour transporter un meuble, des poubelles, des gravats, ou des fruits, etc…En ville c’est assez sympa, se mêlent, attelage avec chevaux, motos, voitures, moto-taxi, chars à bras. Un vrai spectacle. La première chose que je remarque ce sont les motos-taxis, chic on pourra revenir sans trop se fatiguer. Aussitôt dit, aussitôt fait. On leur demande de nous conduire à la pousada et de venir nous chercher le lendemain après midi, pour Tacima.
O.K. Mais pour Passa e fica, il y a un bus à 16 h OO pour Jaoa Pessoa. Que demande le peuple. Tudo bem. En définitif, ce sera 16 h 3O, mais le spectacle est dans la rue. JM prend un film en pensant à notre aîné qui critique les motards qui portent des shorts. Ici, ils sont en tongues sur leur moto, pas de casques, à 3 sur la moto et j’en passe. Tout à coup, on voit un gars sur une moto qui traîne derrière lui sur 5 mètres, du fer à béton. Cela fait un bruit…ce n’est pas interdit, car il y a la police dans la ville.
Le car arrive. Nous prenons le ticket dans le bus. Ah pas de taxe. A l’aller, nous avions été tous contrôlés 5 fois. Au retour nous serons contrôlés deux fois seulement. Nous arrivons à Jaoa Pessoa, tard. Plus de train. Nous arrêtons à un feu le direto pour Cabedelo. Super sympa. Toujours le sourire, le pouce levé vers le haut, qui veut dire, tout va bien. On s’y fait à cette vie cool.

Week end avec Vito sympathique et culturel.

Vito est un ami brésilien que nous avons connu à la Sabadinho, qui nous a proposé de nous montrer l’intérieur du pays. Nous avions convenu, la veille, après le concert de nous retrouver à 6 h 3O. Il est là. Un très bon point. Nous partons pour Inga qui veut dire plein d’eau pour voir Itacoatira ( pierre gravée)
Tout au long du trajet, nous apprenons beaucoup de choses. Nous posons beaucoup de questions. C’est un homme cultivé qui connaît bien l’histoire de son pays, la flore, etc… Je lui demande quel est le meilleur café brésilien : Il sourit. Il nous raconte que le Jacu, cousin du faisan de la région de Pedra dans la province d’Espirito Santo raffole des cerises de café mûres. Fin gourmet, il ne choisit que les meilleures et préfère les cerises jaunes aux rouges. Une fois la cerise ingérée, il élimine le grain digéré qui reste parmi ses excréments, sous les caféiers. Ceux-ci sont ensuite ramassés, séchés, lavés, conservés dans leur coque pendant 3 mois. Les variétés dont se nourrit le Jacu sont le Bourbon, l’Icatu, et le Catuai. Ce café possède une acidité légèrement supérieure à celles des autres grains de café produit dans la région. Le café « Jacu Bird » est un café corsé, vif, et doux. La production étant minime, il atteint 2OO € par kilo, soit 69 € les 25O gr.
Comme c’est un brésilien, il parle avec les mains, le corps, se tourne vers moi et comme le réseau routier est truffé de gros trous. Je n’arrête pas de lui dire : attention, un trou, un dos d’âne. Les voitures au Brésil sont construites pour passer ces trous. Le hayon ( caisse des voitures) est renforcé par les constructeurs.
Nous arrivons au site d’Inga, il y a là une pierre longue de 24 mètres avec des inscriptions, des éléments reconnaissables : poulpe, animaux, fruits, formes humaines, constellations, soleil, étoiles. De nombreuses hypothèses ont été avancées pour expliquer ces inscriptions, mais jusqu’à présent, personne ne peut certifier une seule de celles-ci. On sait juste la datation de la pierre, entre 5OOO et 6OOO ans. Un jeune élève archéologue nous explique cela. Nous rencontrons le fondateur de la mise en valeur du site qui se plaint de ses pauvres moyens.
Nous quittons le site avec les explications de Victorino sur tel fruit, tel arbre, mais la végétation est tellement dense, que nous laisserons de côté ce sujet.

Nous nous dirigeons vers Alagoa Grande. Nous cherchons tout de suite une pousada, Il y a un festival, mais il est difficile de savoir ce qui va se passer. On connaît. Nous déjeunons puis nous montons à Areia, jolie petite ville dans les hauteurs, coquette, colorée avec de vieilles maisons. Nous pouvons visiter le théâtre tout petit, on dirait un théâtre de poupée. Il faut dire que la culture est importante sous toutes ses formes pour les Brésiliens que nous connaissons. ( La veille nous avons assisté à un concert de musique classique avec Paul et sa compagne. Un des derniers gratuits…Rien à voir avec nos concerts classiques. Les musiciens et le chef ne sont pas du tout guindés. Tout est bon enfant. Nous avons passé une excellente soirée.) Nous visitons le musée d’art sacré. Retour avec le soleil à Aloagrande où nous tournons et virons sans obtenir d’info sur les diverses manifestations. Ah un concert harmonique. Pas mal d’ailleurs. Il y a une fête foraine, beaucoup de bruit, allez Dodo.
Samedi, nous prenons le petit déjeuner dans une panadéria, puis attendons, attendons, le bus musical qui doit monter au village Quilombos. Vito décide d’y aller en voiture. Oh, mais, c’est une piste, effrayés, nous demandons souvent de descendre pour soulager la voiture, car nous touchons souvent. Vito ne semble pas plus que cela inquiet. Tudo bem.
Nous arrivons enfin, les Quimlombos sont une communauté d’anciens esclaves qui fuyaient les fazendas à l’époque du Brésil colonial. 1988, la constitution du Brésil garantie la possession collective des Quilombos (1OOO communautés sur les terres qu’ils occupent depuis les temps coloniaux). Nous cherchons quelqu’un et demandons à un jeune couple qui nous invite à boire de l’eau fraîche, un café, puis un jus d’orange et finalement nous invite à manger, ce que nous refusons, faut pas exagérer. Ils sont très contents de nous raconter leur vie. Nema Lio est cultivateur-éleveur, fier d’être resté à la terre. Il cultive de tout, pour sa famille, et a des vaches. Il achète, répare et revend des motos aussi. Ils ont 3 enfants, Il veut prendre des photos, ses amis ne vont pas croire que des Français sont venus chez lui.
Le paysage est grandiose. Que c’est calme, cela change d’Alagoa grande. On se sent bien. Un bus haut sur « patte » arrive. Le chauffeur nous dit que cela fait 24 ans qu’il fait la ligne, un autre a essayé mais n’a pas tenu. Il nous offre de nous ramener à notre voiture.
Nous visitons le musée de Jackson do pandero, célèbre musicien brésilien, et nous rencontrerons l’institutrice qui a enseigné 14 ans dans le village des Quimlombos
Dans la soirée visite d’une fabrique de cachaça, où nous achèterons quelques bouteilles. Le soir, nous assistons à une démonstration de Capoëira puis à des danses et chants des Quilombos.

Le dimanche, la panaderia est fermée, nous prenons le petit déjeuner ailleurs. Nous réclamons du café sans sucre, de l’eau( j’ai un sachet de thé) j’ai bien dit petit déjeuner. On nous amène du manioc, des œufs, du fromage frit, riz, sur les autres tables, il y a en plus de la viande en sauce, solide appétit au Brésil. Il est déjà 8 heures, et point de chevaux en ville et le départ de cette randonnée à cheval, sera peut être dans deux heures…
Nous partons pour la chute d’eau d’OURICURI. Vito nous dit qu’il préfère cette petite chute à l’autre car il y a moins de monde. Déjà 6-8 voitures en bas. Il commence à pleuvoir, mais cela ne dure pas. Depuis quelques années, il pleut moins et les pluies n’arrivent plus à remplir les nappes phréatiques, la chute n’y échappe pas, Vito et JM se baignent. Un peu trop de monde pour moi, un peu turbulent. Tout à coup, je vois arriver un groupe de personnes habillées de couleurs très vives, avec des fleurs, de la bière, de la nourriture. C’est une communauté religieuse UMDANDA mélange de religion de l’ouest africain, indienne et portugaise. Ils font des offrandes, chantent, boivent, fument, dansent, allant jusqu’à la transe. C’est assez surréaliste, car les gens déjà présents n’en font pas plus cas. Ils continuent leur baignade, leur barbecue.
Ce week-end, nous avons beaucoup de chances, chaque jour nous enrichit de rencontres, de spectacles inattendus .

Vito sur le chemin du retour, nous fait passer par Guarabira, où il y a un mémorial
au frei Damiâo en voie de sainteté car il a toute sa vie aidé les pauvres ( écoles, hôpitaux…) La vue est magnifique sur cette grande ville. Nous terminerons par Sape où nous nous restaurerons autour du bœuf au barbecue, manioc, haricots, riz dans un bar où les mouches nous harcèlent et les poules se promènent entre les tables devant l’éternel écran qui diffuse un match de football .
Merçi Vito pour ce week end amical et culturel.

Le samedi suivant, Vitorino nous demande ce que nous faisons ce week-end. Lundi nous sommes chez Paul, dimanche, si nous n’avions rien, nous pensions aller de Cabadelo par le ferry sur la plage que tu nous avais indiquée. Je n’ai rien, j’irais bien avec vous. J’irai jusqu’à Jacaré à pied et nous prendrons le car pour Cabedelo. Finalement, Vito arrive avec un ami, Patrick Alain et sa voiture.
Nous partons pour le ferry. Il y a une file d’attente… Ah mais c’est le week-end, et lundi férié, tout le monde part pour Lucena… On fait le tour. Encore un heureux imprévu qui nous fera visiter l’Igreja da Guia. Vito comme d’habitude nous instruit : construite par les portugais, arrêtée par les Hollandais, qui la transforment en fort militaire, on voit des meurtrières. Bizarre, on commence la visite par l’arrière…Il nous raconte que le liant pour les pierres de l’église est en huile de baleine. Nous arrivons à l’entrée et là, surprise, nous découvrons une façade baroque, très belle. La mise en scène aussi, notre guide sait ménager ses effets…
Nous continuons vers Lucena. Le temps se gâte, nous profitons pour déjeuner, puis nous digérons le long de la plage à la recherche d’un site où une chapelle, d’après un ami de Vito se trouve dans la végétation. Nous demandons à un jeune couple qui nous indique le chemin. Un peu de pif, et nous voilà devant cette chapelle qui est plutôt une église, qui est enlacée par les racines d’un Gameleira. Etrange. Vito a bien une explication. Normalement cet arbre a un gros tronc.
Nous revenons par le ferry, le passage étant pour nous gratuit, plus de 6o ans où idosos. (vieux) donc prioritaire pour la poste, les transports en commun…

Le lendemain, c’est fête nationale au Brésil. Nous sommes tous invités chez Paul. Tous les invités mettent la main à la pâte. L’un d’eux nous fait un risotto aux crevettes,très bon, un autre a apporté de la purée d’igname, du poulet, des légumes, du gâteau breton, des rochers à la noix de coco, la bière est la boisson, forcément nous sommes chez un irlandais… Lito anime la fête avec ses enregistrements. D’ailleurs Où Lito passe, l’ordre trépasse…. Son rire ponctuant son ardeur  ( le matin, il a soudé pour les réparer deux poulies du kan er mor).
La soirée se termine, Paul est heureux d’avoir eu ses amis autour de lui .

Jaoa Pessoa, nous avions visité la ville historique, mais c’était férié et il n’y avait que le centre culturel Sao Francisco qui était ouvert. Nous avions un guide qui articulait bien, ses explications étaient faciles à comprendre. Nous avons bien aimé l’art indien, les azuléjos, l’église avec ses beaux plafonds. Il savait attirer notre attention sur tel ou tel détail. Nous avons cheminé sur la route pédestre ( pour nous, sans voiture) ici cela veut dire que l’on peut voir les sites intéressants à pied… Nous refaisons cette visite accompagnés par Victorino, cela change tout. Il connaît bien la ville, son histoire. Il nous amène sur une petite place, où il y a un hôtel en rénovation, l’hôtel Globo, d’où nous avons une vue magnifique, Il nous parle du premier port où les Caravelles arrivaient, envasé depuis. Nous allons voir l’ancienne poudrière. Belle construction, rénovée qui a failli être détruite, puis nous descendons vers une construction moderne, musée de vieilles photographies du célèbre Acervo Walfredo Rodriguez, Très intéressantes elles montrent le vieux Jaoa Pessoa. Nous étions souvent passés dans cette rue , sans savoir qu’il y avait un musée de la photographie. Forcément, la façade est vierge de toute inscription. Pas d’office de tourisme digne de ce nom. Comment savoir ce qu’il y a à visiter ? Ensuite il nous racontera l’histoire de la ville, puis nous montrera les quatre piliers de la religion catholique , les églises sont placées aux 4 extrémités de rues qui sur un plan aérien forme une croix : Sao francisco : les franciscains- Igreja Do Carmo : carmélites – Igreja Sao Vento : bénédictins – et les jésuites dont l’église n’existe plus. Notez l’emplacement du clocher, tantôt à droite, tantôt à gauche. A Brasil, la religion catholique est en baisse. De nombreuses religions se créent. Vito nous dit que les églises ne paient pas d’impôt alors des personnes en profitent pour s’enrichir, profitant de pauvres gens pour les endoctriner.

On ne peut parler de Jaoa Pessoa, sans parler de ses plages, où nous avons marché un dimanche lors de la saison des pluies et un autre dimanche avec Vito et philippe et mangé dans un petit
Vitorino nous a apporté une aide précieuse pour cet article . Il connaît bien son pays, nous a amenés là où il y avait quelque chose d’intéressant, ayant toujours une réponse à nos questions. Nous espérons un jour lui rendre la pareille.

C’est le premier pays, depuis notre départ où nous laisserons un peu de notre cœur. La chaleur de l’accueil est énorme. Lorsque nous passons le soir dans la grand-rue de Jacaré, les enfants nous tapent parfois la main en signe d’amitié. Dans le train, le bus. Tout le monde nous dit bom dia , boa tarde, boa noite. Nous espérons revenir un jour retrouver nos amis.

La traversée Cap-vert Brésil

Cette traversée de 1600 milles nautiques (3000 km) peut se diviser en 3 périodes météorologiques. Tout d’abord la descente vers le sud avec l’alizé, c’est en principe du vent portant, puis la traversée de la ZIC (zone intertropicale de convergence), rencontre de l’alizé de l’hémisphère nord et du sud, caractérisé par des grains orageux entrecoupés de calme avec des vents de tous les azimuts puis l’entrée dans l’alizé de l’hémisphère sud au près dans un premier temps puis devenant plus portant à l’approche du Brésil.

Après avoir assuré l’avitaillement, effectué quelques réparations (soudure du vit de mulet cassé…), configuré le téléphone satellite, nous levons l’ancre de Mindelo le dimanche matin du 7 juin. Le téléphone satellite doit nous permettre de recevoir en mer sur l’ordinateur les fichiers météo et de donner à Raymond et Monique notre position pour l’indiquer sur le blog.

Nous reprenons le rythme des quarts de nuit en alternant toutes les 3 heures pendant la nuit la veille et la barre du bateau. Il faut dire qu’on a vu beaucoup de cargos et quelques bateaux de pêche durant cette traversée.

Les premiers jours, l’alizé n’est pas très constant et nous laisse parfois plantés sur une mer ou la houle s’occupe toujours de nous. Huit jours après le départ, les premiers grains de pluie font leur apparition et ça fait du bien au bateau pour enlever les dépôts marron accumulés au Cap-Vert. Cela faisait plusieurs mois qu’on n’en avait pas eu et là, il pleut des cordes avec 20 nœuds de vent. Les grains et les périodes de calmes se succèdent avec et sans vent et la risée Yanmar nous permet parfois de nous tirer un peu vers le Sud. Nous pêchons un peu pour améliorer l’ordinaire, coryphène et thon.

Traversée de l'Atlanrique : Bonite

Le réservoir est petit et au bout de quelques jours de marche et d’arrêt, pot pot pof, le moteur s’arrête. Nous mettons la panne sur le désamorçage du moteur dû à la houle car nous approchons de la fin du réservoir. Nous vidons les derniers 20 litres du jerrycan dans le réservoir et nous traînons à la voile afin de les garder pour l’arrivée. Comme les ennuis n’arrivent jamais seuls, ce soir du 16 juin, le génois tombe sur le pont, la manille qui le fixait a dû s’ouvrir mais le coulisseau et la drisse sont restés en tête de mât, un peu découragés nous affalons tout et attendons jusqu’au petit matin. Il faut monter en tête de mât, mais une forte houle avec un vent dans le pif nous en dissuade. Nous tirons des bords plats toute la matinée sous trinquette et grand-voile histoire de ne pas reculer. A midi la houle quoiqu’encore assez forte me fait prendre la décision de monter au mât pour descendre le coulisseau. Pour éviter d’être trop remué là haut le moteur est mis en marche le temps de la manœuvre pour maintenir le bateau face à la houle principale. Après avoir enfilé le harnais, Christine m’assure avec la drisse de grand-voile et je commence à gravir les marches du mât en serrant dans les plus importants balanciers, le mât. Arrivé au deuxième étage de barre de flèche, 10 mètres au-dessus du pont, le moteur s’arrête et le bateau se met en travers accentuant les mouvements de roulis. Je continue péniblement à monter les derniers mètres et croche sur le coulisseau un petit bout. La descente a été plus rapide, et c’est avec satisfaction que je rejoins le pont du bateau, avec quelques bleus, exténué, mais en un morceau.

poisson volant

Une visiteuse éphémère

Une visiteuse éphémère

Nous réparons le génois et remettons en route dans l’après-midi toujours dans les grains entrecoupés de calme. Le 20 juin, ça sent les alizés, les grains éclatent encore un peu mais loin derrière avec quelques éclairs et nous gagnons au Sud dans un vent qui adonne et se renforce au fil des jours. Dans la matinée du 21, nous passons dans l’hémisphère Sud et pour fêter l’évènement, le coq a hardiment, faut dire que ce n’est pas facile avec la houle, fait un gâteau. Nous passons au large des îles Sao Paulo et Pedro et mettons le cap sur Jacaré. Il fait chaud l’après-midi, les gros grains ont disparu et nous approchons peu à peu du Brésil. En fin de nuit du 26 juin, nous apercevons les premiers feux de la côte et atteignons en fin de nuit les premières bouées du chenal de Cabedelo. Comme il est étroit, nous essayons de mettre le moteur en actionnant la pompe à main, niet il ne marche pas. Nous devons donc tirer des bords dans le petit chenal afin de rentrer pour réparer le moteur car ici avec la houle du large c’est impossible. Après une à deux heures de louvoiement, nous entrons dans le baie de Cabedelo et mouillons au sud d’une petite île, la Restinga. Oh étrange, plus de houle, quel bonheur après une vingtaine de jours de barattage. Nous décidons d’un commun accord que la première chose à faire est de prendre un bon petit déjeuner. Quelques barques et petits ferries passent à côté de nous en nous souhaitant le bonjour.

Ce n’est pas le tout, mais le moteur est toujours en panne et nous devons remonter jusqu’à Jacaré quelques milles plus haut, impossible d’amorcer le circuit de gasoil. Le démontage commence, Christine se fait petite souris, malgré mon absence de jurons et mon calme, mais elle est anxieuse chaque fois que je fourre mon nez là dedans, imaginant toujours le pire. Je démonte les durites jusqu’à arriver à celle du réservoir. J’aspire, rien ne sort bien qu’il y a au moins 20 litres de carburant. Le tuyau est bouché !, mais par quoi ? Un fil électrique rigide est passé à l’intérieur et arrive enfin à le traverser. Dans le fond du réservoir, je recueille des espèces d’algues dans une boue marron foncé. Dans le mauvais gasoil, ces algues arrivent à proliférer grâce à l’eau qui s’y trouve. Après un nettoyage au mieux, suivi d’un réamorçage en aspirant parfois, que c’est mauvais le gasoil, teuf teuf le moteur repart pour nous emmener contre le courant jusqu’à Jacaré où nous mouillons et apprécions le calme et la première nuit complète depuis un bon moment.

Cette traversée s’est finalement bien passée, quand on lit le récit des autres navigateurs, qui parlent de grains avec fort vent, et qui durent des jours et des jours, avec des calmes et cette ZIC appelée aussi pot au noir qui dure et qui dure. La nôtre a duré 19 jours. Le captain avait bien préparé la traversée, certes, les fichiers de météo donnant un pot au noir peu large. Nous sommes restés dans cette zone à peu près 8 jours, avec des grains de pluie torrentielle, sans vent. Un seul grain nous a donné du vent à 30-35 nœuds et a duré quelques heures, en nous laissant une mer hachée. De plus, depuis que nous avons la barre hydraulique, le Kan Er Mor est équilibré au près et au travers, quand la mer est belle et il nous suffit de donner un petit coup de barre de temps à autre. De quoi se plaint-on. D’accord, c’est un peu difficile de faire les repas, mais c’est bon pour le régime. Il faut voir les côtés positifs…

 

Le chat du bord s’y fait bien lui. Il faut dire qu’il y a de la visite. Une petite hirondelle, qui est venue, bien familière, que nous avons mise dans la cabine, nous avions peur de la réaction de Torpen, car elle rentrait dans le carré. Malheureusement, le lendemain elle était DCD. C’est souvent ainsi. Nous avons vu des dauphins, des phaétons, et près des côtes du Brésil, des oiseaux marins, que nous n’avons pas chez nous qui ne venaient que la nuit, et qui eux aussi étaient familiers, chantant, signalant leur présence. Torpen était fou, et a fini par en tuer un et le manger, juste derrière mon dos. Je n’ai pas trop aimé. Quant aux poissons volants, il s’est bien régalé, nettoyant le pont avec plaisir.

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LE CAP-VERT

Nous partons de la grande Canarie, vers les 15 heures, avec quelques conseils que nous avons eus avec Walter, qui navigue depuis 2O ans. Comme île veut dire houle, nous lui demandons quel est le meilleur mouillage à l’île Do Sal : «  Vous verrez, après 8 jours d’Alizé, la houle !
L’Alizé nous porte, 1O-2O nœuds, parfois plus dans une mer hachée, avec 2 houles, Torpen s’y fait, nous aussi et c’est bon pour le régime…On avance, en ligne droite et pour une fois, le captain est satisfait du nombre de milles constatés aux points journaliers, le bosco râle bien un peu, cuisiner est sportif, Torpen couine car on ne le laisse pas faire sa fête au pigeon voyageur se reposant sur le bateau, mais se lèche les babines après son premier poisson volant. TODO BEM
Les milles s’additionnent, zut on va arriver de nuit. Dans une atmosphère brumeuse, en fait dans tout le Cap-Vert il y a une poussière brunâtre dans l’air qui colle aux parties exposées au vent, nous apercevons un pic le Monte Grande, point culminant de l’île à 407 m.puis un deuxième, passé la pointe, la mer se calme, nous voilà enfin, samedi à 11 heures dans le port de Palmeira de l’île Dosal. Il fait nuit et nous mouillons et chose étrange, très peu de houle. Le captain est ravi, une bonne nuit de sommeil en perspective.

Carte de la traversée

Notre voisin un toubab français qui vit entre la Gambie et Sal, nous donne quelques renseignements. Les papiers sont vite faits, car nous dérangeons visiblement le fonctionnaire qui regardait un film. Chez Patricia, le cyber local, nous donnons de nos nouvelles par mail.
Nous entrons dans un autre monde beaucoup moins riche que les Canaries, Palmeira est un petit bourg, l’île n’a que 10 000 hab. On remonte le quai où les pêcheurs débarquent leur pêche de leurs petites barques, face à nous : douche municipale, à gauche, la fontaine municipale, pas d’eau courante, les rues sont pavées très inégalement avec des petites pierres de l’île. Les habitants sont indifférents envers nous, mais entre eux aussi. Les maisons sont petites et basses.
Distributeurs de devises qui nous donne des escudos, on a de la chance car souvent, les distributeurs sont vides, mini mercado : Hum, Marie Le Vu ou Germaine, les cafés-épiceries d’il y a 6O ans à Locmiquélic, on se sent un peu des consommateurs-gaspilleurs, européens, un grand coup sur la tête, mais le cargo a livré hier. Le paiement se fait soit en €, soit en escudos. Peu de voiture, le transport en commun « Aluger », sorte de mini-bus, 5O cts €, pour Espargos, la ville la plus proche, 1 € pour Santa Lucia, ville au sable blanc tout au sud, pour touristes italiens surtout, mais je vois des jets skis…Nous faisons aussi quelques balades à pied dans une nature quasi désertique découpée par quelques pistes, ça et là quelques anciens volcans.

Le 10 mai, on part pour Sao Nicolau, 85 milles, on part le soir, au matin on rencontre 1 ou 2 barques de pêche, qui nous font signe. Ah ! Ah ! On mouille à Tarafal, Cela roule bien que le vent ne se fasse pas toujours sentir. Il y a quelques barques de pêche au mouillage ainsi que quelques voiliers dont 3 habités.
L’île est complètement différente de Sal, très montagneuse. Dès notre arrivée à terre, des gamins nous proposent de garder l’annexe, un jeune cap-verdien – Fanja, nous aborde, c’est un guide, qui rend des services aux bateaux moyennant finance, Il nous mène vers les autorités, Tout cela avec un beau sourire. Le policier est sympa, ici pas de délinquance. Le lendemain, il nous amène à Vila Ribeira, capitale de l’île en Aluger, un peu plus cher qu’à Sal, mais Fanja est sensé négocier. De Cachaçao, nous descendons sur un chemin empierré, le paysage est beau dans les hauteurs, mais la polaire s’impose, visite d’une rhumerie artisanale. On goûte : Jm strelonque, Fanja boit cul sec. On parcourt la ville, puis reprenons l’Aluger, on attend qu’il soit plein avant de partir. Cool ! Le spectacle est dans la rue, tout le monde se parle, s’apostrophe, se sourit, rien à voir avec Sal.
Joëlle une Bretonne, nous prête une carte et nous voilà partis pour le Monte Gordo, le sommet le plus haut de l’île, en suivant la route des cahutes d’eau. L’ascension du baranco (ravin) est assez difficile, pentu, dans des gravillons. Chaud malgré l’heure matinale, paysage impressionnant, après 4 heures de marche, on arrive sur le chemin de Cachaçao. JM embrasse la pancarte, la montée a été rude, pas du tout balisé ce chemin, 3OO m. plus loin, la route est coupée : une faille importante. JM essaie de passer de l’autre côté, m’encourage. Je le sens mal ce passage. J’essaie, la roche s’effrite. Je ne le sens pas. Ne bouge pas, j’arrive te chercher. Il monte, s’accroche à un arbuste et me dit : t’affole pas, une roche va tomber. Vaincu, il redescend y laissant un peu de peau et finit par dire, tu a raison, on retourne sur nos pas. La chance est avec nous, un garde du parc national, nous appelle et nous indique un chemin, nous accompagne jusqu’au plus proche village Hortalao, nous indiquant des plantations d’Aloe verde qui stabilisent le sol. Nous continuons dans la chaleur vers la route de Cachaçao, un aluger passe et nous ramène vers Tarafal où nous achetons une dorade d’1,5 kg pour 2 € 5O .
Il y a beaucoup d’immigrants au Cap-Vert travaillants surtout aux USA et en Europe qui reviennent au pays, achètent un terrain, construisent le premier étage, retournent travailler à l’étranger, reviennent font l’étage. Les maisons restent toujours en « construction » car si la maison est peinte, ils paient des impôts. Ils reviendront au pays pour la retraite.
Dernière ballade à Sao Nicolau, le matin de bonne heure, On trouve un Aluger d’un autre genre, une voiture avec des bancs à l’arrière. Le chauffeur me dit de monter devant, JM à l’arrière, qui parle avec un pêcheur de langoustes. Il devrait changer de palmes, mais ici, on n’en trouve pas. Nous n’avions pas pris, avant de partir la mesure de leur pauvreté. Ils manquent de tout, mais paradoxe, presque tous ont un portable. Nous arrivons à Praia Blanca à 8 heures. Nous commençons l’ascension dans des paysages grandioses. Il y a de l’eau, pas de pancarte, mais le chemin est fréquenté par les locaux, toujours prêts à nous aider et nous guider. Nous arrivons au col avec vue sur Fragatona. Une vue à vous couper le souffle, toujours dans le monte Gordo. Des villages sur les pics, des sentiers en lacets assez raides. Pas de routes mais des sentiers pas très entretenus, des ânes, des mulets, cultures irriguées en terrasse,nous rencontrons des habitants secs. Comme nous, leur moyen de transport : la marche à pied. Une école à Fragata se perche tout en haut du village. La descente se fait dans un paysage toujours aussi beau, canne à sucre, bananiers, patates douces, moutons, chèvres, vaches, veaux plus gras qu’au sud de l’île. Au bout un Aluger nous attend, le chauffeur est un givré de l’accélérateur, laissant sortir de son véhicule une jeune femme, dans un état nauséeux. On a vite compris pourquoi…

Sao Vincente. Mindelo
Au vent de travers, nous passons au nord de Santa Lucia, où nous aurions aimé nous arrêter, mais il faut une autorisation et au Cap-Vert…Nous arrivons à Mindelo, 45 milles plus loin en fin d’après-midi, grand port commercial, cela roule peu et il y a du vent. Les papiers se font sans problème, nous trouvons rapidement un soudeur pour le vit de mulet de la bôme cassée suite à un empannage à l’arrivée, grâce à Popeye un ami de Joëlle, assez étonné d’ailleurs. Des fois cela est simple, la carte sim, no problem, un connecteur Usb rs232 (sert à relier l’ordinateur au téléphone satellite)….nao problem.
Ce sont des îles de paradoxe, quand on regarde autour de nous, il est certain que les technologies modernes sont là, alors que les pêcheurs ont de petits moyens, manquent d’hameçons, le chômage avoisine les 5O %, un futur étudiant en médecine, nous aborde pour nous demander de venir avec lui lui acheter des cahiers qu’il n’a pas les moyens de s’acheter, les enfants réclament des crayons, les cargos cap-verdiens sont un peu rouillés. O.K. Mais dans la rue le portable est là, internet aussi
L’île de Sao Vincente a été la dernière a être habitée : pas d’eau ( usine de désalinisation) L’île a été riche avec les échanges commerciaux, mais est en plein déclin. Il nous semble pourtant que la pêche n’est pas exploitée comme on pourrait le faire. On dirait qu’ils pêchent uniquement pour assurer leur nourriture. Le poisson abonde en variété au marché aux poissons
Césaria Evora qui est décédée depuis 3 ans reste bien sûr leur idole, son musée est petit, dans une petite maison qui a été construite pour elle et offerte par le gouvernement, qu’elle n’a jamais habité, un grand projet de musée est prévu, mais pour l’instant, il n’y a pas d’argent.
Nous regardons ces îles avec notre esprit européen, ne comprenant pas tout. Une grande partie de la population vit au jour le jour de peu de chose, des petits boulots une autre tient les rênes.

Une grande part du temps du captain passe à préparer la descente vers le Brésil, 1600 milles plus bas : étude de la route envisagée et de la météo, préparation du téléphone satellite qui permettra de donner des nouvelles et de recevoir la météo, nettoyage de la coque… Le coq pense lui à la cambuse et nous prenons le temps de visiter la ville et ses abords.

La flore des Canaries

Pour comprendre l’histoire de la flore Canarienne, en faisant court, il faut tenir compte du caractère océanique et de l’âge de l’archipel. Deux grandes sources, le contingent méditerranéen (Lauriers, houx, daphné…) le contingent africain ( Dracaena, euphorbia, aéonium et céropegia…)
A mon grand regret n’ayant pas les connaissances pour reconnaître les espèces, je m’arrêterai là pour vous faire partager le plaisir des fleurs, des plantes, des arbres.

Une belle graminée ( Pennisetum setaceum) qui devient envahisseuse.

Plante d’origine africaine, elle aurait été implantée comme plante ornementale et a proliféré dans toutes les îles, mais nous l’avons constaté surtout, à la Palma. Les autorités scientifiques essaient de la contenir, conscients de ne pouvoir l’éradiquer
Flore des Canaries : Pennisetum setaceum

Lors de nos randonnées, sur toutes les îles, sauf fuerteventura et Lanzarote, nous avons constaté, au sud des îles, une végétation assez éparse, un climat plus sec et au nord un climat plus humide avec une végétation plus dense et verte et en pallier : premier pallier, euphorbe, laitue de mer, joubardes. Deuxième palier : pins canariens (dont la particularité à notre grand étonnement est de ne pas mourir lors des incendies fréquents, mais de voir repousser des branches sur le tronc noir. Enfin, au sommet, des bruyères arbustives, comme les bruyères du Portugal, mais beaucoup plus grandes, des lauriers, Dracoena.
Fuerteventura et Lanzarote, îles plus anciennes nous montrent un paysage plus aride, venteux avec une végétation plus rare, quelques fleurs rares elles aussi. Un paysage de Western. Les îles s’effritent, donnant l’impression d’être toujours en travaux…

Nous avons remarqué, à hierro, des arbustes et après consultation d’un bouquin sur la flore, nous avons pensé que beaucoup d’espèces étaient des euphorbes, mais c’était aller un peu vite, car la similitude entre arbustes peut être grande, ils ne sont pas forcément de la même famille, aussi,
comme beaucoup de néophytes, nous nous sommes posés la question : quelle différence entre les euphorbes et les cactus ? Il y a d’ailleurs quelques années, quand notre beau-frère m’a dit, le poinsettia est une Euphorbe, je suis tombée des nues …Il y en a de magnifiques qui sont des arbres ici , mais je n’en ai pas photographiées, décembre étant la fin de la floraison.

Les euphorbes appartiennent à la famille des euphorbiacées ( 6OOO espèces) les cactus à celle des cactacées 25OO espèces.

Les aiguillons des épines des cactées, au nombre très supérieur à 3 poussent sur une aréole, sorte de duvet. Les euphorbes ont 3 aiguillons au maximum, certaines n’en ont même pas.
Leur sève : couper un cactus, ils s’écoule un jus transparent, les euphorbes un lait souvent toxique et
collant.

LE JARDIN DE CACTUS

Le jardin de cactus à Lanzarotte

Nous avons visité le jardin de cactus à Lanzarotte, création de César Manrique dont nous vous avons déjà parlé. Etant très attirée par la flore, j’ai adoré.

Christine

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Fuerteventura, Lanzarote, les 2 îles pelées

 Ces 2 îles sont les plus anciennes de l’archipel, environ 900 millions d’années alors que plus à l’Est elles n’ont que 100 millions d’années. Elles ont beau provenir d’une profondeur de 4000 mètres, à présent, elles ont été rabotées par l’érosion ce qui fait que leur morphologie est plus proche des celle des monts d’Arrée que des Alpes. Les collines, restes des volcans dont on voit souvent le cratère ont une altitude maximum de 500 mètres, mais souvent moins, à comparer aux 3700 mètres du Teide sur Téneriffe. Il n’y a pas d’arbres sur ces anciens volcans et la végétation naturelle ainsi que la faune sont très très pauvres. Seuls quelques chèvres arrivent à y retirer leur maigre subsistance. Par contre, dans les vallées, les Canariens arrivent à y faire pousser toutes sortes de légumes, des arbres fruitiers et de la vigne en les abritant du vent. Ils récoltent par exemple 3 fois dans l’année des papas (avaleu douar pour les bretons, patates pour les français).

Ces îles vivent en grande partie du tourisme qui s’est implanté sur les côtes avec plus ou moins de bonheur. A playa Quemada devant laquelle on a mouillé, quelques maisons basses se sont ajoutées au village de pêcheur dans la même architecture, l’endroit est calme et charmant. A l’inverse, Costa Teguise, le tourisme de masse, ici tout le monde parle engliche,  des buildings, des hôtels, des magasins, des cafés, des restaurants  aux enseignes anglaises, les Transats avec parasol envahissants la plage Beurk !

Nous avons eu aussi la visite du fiston venu avec son fils Emerik voir papo et mamé pendant 15 jours.

Il m’est arrivé aussi une drôle d’aventure devant le petit port d’El Cotillo

Fuerteventura ; lâche les mains

Je regardais la mer se briser sans penser à regarder ou mettre les pieds et continuait à avancer, quand tout à coup le sol se dérobe sous mes pieds arrivé au bout de la falaise. Je glisse et me rattrape in extrémis au caillou, vous voyez bien la photo. Youen, Christine et Emerik sont partis de l’autre côté se promener, personne dans le voisinage, mes pieds pendent le long de la falaise, 50 mètres plus bas, les roches et la mer qui s’y brise . Agrippé au caillou par les 2 mains, je commence à hurler

– Au secours ! Au secours ! Y’a quelqu’un

personne ne réponds, et je commence à fatiguer

– Au secours ! Au secours ! Y’a quelqu’un AL secorro, hay algun !

Dans ces moments là, on voit toute sa vie défiler à 300 km/h, les bons et les mauvais moments, je continue à crier et à prier tous les saints, quand une voix venue du ciel se fit entendre :

– Crois en moi mon fils, lâche les mains, aie confiance

Je réfléchis un petit moment, et me dis que si je lâche les mains je vais faire une chute de 50 mètres. La voie reprend

– Crois en moi mon fils, lâche les mains, aie confiance

Je réfléchis encore et me prend à crier

– Y a quelqu’un d’autre ! Au secours

C’est alors que mon fils aidé de Christine sont apparus, croyant à une farce, ils prennent la photo avant de me tirer de ce mauvais pas

Morale : faut pas croire tout ce qu’on entend surtout quand ce sont des voies venues d’en haut, ni ce qu’on lit non plus d’ailleurs (merci à L.G)


 

LANZAROTE

Après une brève escale à Corralejo dans le nord de Fuerteventura, dans le but de visiter l’île Lobos à 2 milles en face mais rendu impossible à cause d’une forte houle, nous allons à Lanzorotte  mouiller à Playa Quemada puis nous rendons dans la marina de Arrecife. Au retour nous nous sommes arrêtés à Lobos. Le retour au bateau fut acrobatique à cause d’une forte houle qui brisait sur les rochers

 Arrivés par le bus à Teguise, nous avons tout à fait par hasard, remarqué des instruments de musique, par la fenêtre d’un joli bâtiment, sur la place de l’église. Une étude plus minutieuse, nous apprend que c’est un musée, et là, je me rappelle avoir lu une info sur le timple (timplé) instrument, typique fabriqué dans cette ville. Nous avons pris le temps de nous y arrêter et trouvé ce musée très intéressant ; toutefois la musique Canarienne n’est pas aussi voyante que la musique breizh, mais s’il y a des concerts, des rencontres de musiciens dans ce musée, et c’est le cas, comme toujours, impossible de savoir quand !
Nous voulions voir celui de la piraterie, finalement sans intérêt, si ce n’est la situation de la forteresse santa Barbara avec un superbe panorama sur l’île.
Cette ville était la première capitale de Lanzarote, avec ses maisons traditionnelles basses et leurs ouvertures typiques. Riche par son agriculture, selon « notre marchand de chaussures » à qui nous demandions : «  c’est quoi, ces champs noirs, les légumes poussent dans ces fins cailloux de lave ?
Non, ces cailloux de lave servent de paillage, pour garder la fraîcheur, éviter les mauvaises herbes.
Avec une irrigation au goutte à goutte, tout pousse (courgettes, artichauts, tomates, haricots verts, secs, papas( p. de terre- 3 récoltes par an. Le grand problème, c’est le vent qui brûle les plans tendres. D’ailleurs, les cultures sont souvent protégées par des murs de pierre de lave, arrêtant le vent. Un sacré travail.
Il semblerait que l’agriculture soit laissée de côté au profit du tourisme.
Nous venons visiter les Canaries par la mer. Gens de mer, nous sommes étonnés du peu de pêcheurs professionnels, aussi bien à Fuerteventura qu’à Lanzarotte. A Orzola, lanzarotte, nous avons vu un pêcheur qui amenait un peu de glace dans une brouette.

César MANRIQUE

L’art contemporain prend une place importante dans la vie des Canariens. Volonté des hommes politiques ? Désir des Canariens, en tous les cas, les artistes d’art contemporain ont un avenir ici. On trouve leurs œuvres partout.
César Maurique 1919-1992) a sans doute laissé une grande influence, né à Arrécife, capitale de Lanzarotte, études à Madrid, Paris… Au début des années 50, il se lance dans l’art figuratif, puis se lie au mouvement informaliste. Ses tableaux abandonnent toute référence à la réalité, Maurique fait des recherches sur la matière. Il restera fidèle à ce langage plastique tout au long de son parcours créatif. En 1966, Maurique s’installe définitivement à Lanzarotte. Il est parvenu à matérialiser, son art qui constitue un exemple d’art public et de paysagisme : les jameos del Algua, le mirador d’El Rio, les jardins de Cactus etc… pour Lanzarotte, mais sur d’autres îles canariennes (Teneriffe, La Goméra, El hierro).
Aux Canaries, nous sommes étonnés du grandiose des ports, des promenades du bord de mer, des places en ville, pour des villes finalement petites. L’Europe est passée par là. Ceci dit c’est agréable.

Départ imprévu

 

Depuis quelques temps, nous désirons recevoir de Bretagne un colis contenant notamment une balise de sécurité. Les renseignements pris sur place et sur le blog HeO nous déconseillent de le faire livrer par la poste à cause du temps de transport, peut être plus de 2 mois et des tarifs douaniers, et oui, ici c’est l’Europe sans être l’Europe comme nous allons le mieux comprendre ensuite. Nous décidons donc d’attendre des amis de nos neveux qui doivent venir à Lanzarote fin Mai et nous donnerons le précieux colis.
En attendant nous irons dans un premier temps mouiller au Sud de la grande Canarie dont nous ne connaissons pas l’intérieur. Nous nous rendons à Pasito Blanco et jetons l’ancre devant une marina privée à bâbord, une plage devant, couverte de parasols les weekends par les locaux et le golf à tribord. Ca ne bouge pas trop et nous commençons à visiter les alentours, très bien aménagés mais très touristiques : hôtels avec piscines, plages avec transats et parasols, nombreux bars et restaurants le long du front de mer très bien aménagé pour les piétons et un peu plus loin les dunes de Maspalomas. Nous prenons aussi les horaires des cars pour visiter l’intérieur.
Nous faisons connaissance avec notre voisin de bateau qui nous dit qu’ici il a été souvent contrôlé par les douaniers, étant en règle, nous ne nous en inquiétons pas. A peine a-t-il tourné le dos qu’une grosse vedette Aduanas (douanes) arrive et met à l’eau un zodiak pour venir nous contrôler
– Buenas dias, papeles d’el barco
– Quand êtes vous arrivés aux Canaries ?
Je sors le livre de bord et indique la date
– Le 18 octobre
– Nous sommes le 18 Avril, vous avez droit à 6 mois de libre pratique (en réalité 185 jours), si vous désirez rester plus longtemps vous devez vous acquitter d’une taxe de 11% de la valeur du bateau

Il nous reste donc que quelques jours pour échapper à cette taxe et à toutes les tracasseries administratives qui y sont liées
– Vous avez l’intention de vous rendre au Cap vert, Buen viaje (bon voyage)

Que faire ? Après discussions entre nous et ayant pris connaissances de la météo, nous décidons de descendre dès le lendemain au Cap Vert 800 milles nautiques plus au Sud, la cambuse étant bien approvisionnée.

A cette date, nous ignorons encore la loi exacte concernant les voiliers en transit aux Canaries, nous pensions la demander à notre voisin de Pasito Blanco qui était dans le même cas que nous à 1 mois près, mais nous n’avons pas son email qu’on aurait du avoir sur le blog.

Kénavo à tous et le prochain article au Cabo Verde