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En Guadeloupe

La Guadeloupe, Gwada en créole doit nous rendre un peu lymphatiques car nous remettons depuis un moment le travail sur le blog, mais ça y est, on s’y colle.

Naviguer sous le vent des Îles est facile, restent les canaux entre elles où il y a toujours du vent, ce sera le cas entre la Martinique et la Dominique et entre celle ci et l’archipel des Saintes, où nous voulons faire nos papiers d’entrée. Nous avions rencontré aux Canaries et aux grenadines, deux couples qui nous avaient dit qu’ils ne s’arrêtaient plus aux Antilles françaises, trop difficile l’administration. C’est faux, d’une part c’est gratuit, même pour les étrangers et d’une simplicité à toute épreuve. On peut bien sûr aller aux douanes, mais plus facile, vous pouvez faire une déclaration par internet, soit chez le ship, soit dans un café… Vous trouverez toujours quelqu’un qui sait et vous dira où.
Nous mouillons à L’anse Galet, il y a des bouées partout et peu finalement car pendant la saison, elles sont parfois toutes prises à partir de la fin de la matinée. Cela roule un peu à l’endroit où on peut mouiller et, finalement, nous prenons une bouée.

L’archipel de la Guadeloupe est composée de 6 îles volcaniques habitées. Le papillon de la Guadeloupe ( Basse Terre et Grande Terre, les ailes séparées par la rivière salée. Les îles de la Désirade, Marie Galante,puis Terre de Haut et Terre de Bas qui composent les Saintes
Une grande richesse de milieux et de paysage. Deux saisons, le carême de janvier à juin et l’hivernage de juillet à décembre, saisons des dépressions tropicales qui se transforment en tempêtes, voire en cyclone( hugo en l989, Marilyn en 1995)

Une identité originale des différents apports ethniques et un fort métissage ( noirs, mulâtres, anciens esclaves venus d’Afrique, blancs pays , petits nobles, cadets de nobles de métropole sans terre, et des engagés volontaires, indiens arrivés des comptoirs français de l’Inde, Syriens et Libanais, vietnamiens, pieds noirs d’Algérie, français de métropole installés plus ou moins temporairement ( fonctionnaires, cadre d’entreprise) cette communauté cohabite sans trop de souci généralement. L’esclavage a toutefois beaucoup pesé sur cette cohabitation.

La Guadeloupe a un passé agricole, (canne à sucre, banane, café). La Banane a d’ailleurs posé un gros problème écologique et cela continue.j’en parlerai plus tard.

Le café considéré comme l’un des meilleurs au monde et mélangé à d’autres servait à améliorer l’arôme. 25OO tonnes en 1785 , 5O tonnes aujourd’hui. Cette économie agricole est aujourd’hui en perte de vitesse et quand on demande pourquoi, on nous répond : c’est très difficile de vivre et de travailler ici, vous ne pouvez pas comprendre, cependant, plusieurs agriculteurs guadeloupéens ont replanté de l’arabica et tentent de mettre en place une appellation d’origine contrôlée «  arabica pur Guadeloupe ».

On ne peut pas passer aux Antilles sans parler du rhum. La Guadeloupe connaît un climat propice à sa culture : fort ensoleillement et beaucoup d’eau.
La canne à sucre est introduite aux Antilles par les colons européens. C’est le fameux révérend père Labat qui a l’idée d’importer un alambic pour adapter le principe de la distillation au jus de la canne à sucre. Dès son débarquement en 1694, il est terrassé par une forte fièvre. Selon des sources historiques, il fut sauvé par une décoction composée d’un alcool méconnu : l’eau de vie qu’on tire des cannes qu’on appelle guildive. Il existait 55 distilleries en Gwada ( Guadeloupe) en 1939, restent 9 aujourd’hui.
Le rhum agricole est fabriqué directement à partir du vesou, jus de la canne à sucre frais, le rhum industriel ou traditionnel est tiré de la mélasse, sous produit de la canne à sucre.

Youen arrive dans quelques jours et nous partons pour la marina rivière Sens pour l’attendre. Voisin sympa, livraison du rhum la belle Cabresse pour Philippe un ami d’Alain rencontré en Guyane. Youen n’est pas encore arrivé que nous sommes invités pour une raclette chez Philippe.

Nos vacanciers arrivent tard, on papote un peu, puis on se couche. Le décalage horaire est là, il fera jour demain.

Bonne nuit à tout le monde. Hélas, Youen débute une turista, Emerik une allergie à l’anti-moustique. Pauvre petit bonhomme. Il n’échappera pas lui non plus à la turista. Je ne résiste pas à son analyse de celle ci. Je dois prendre des médicaments, car mon « caca » est cassé.

Nous partons malgré tout à l’anse à la barque. Youen commence ses trois semaines de plongée. Ah l’eau est plus chaude qu’aux Canaries. Heureux, il est heureux, mais le serait encore plus s’il pêchait, l’eau est trop claire sans doute.

Notre petit fils a bien changé depuis un an. Un vrai moulin à paroles. En plus il est en pleine crise du non. Cela nous rappelle nos croisières avec les enfants. Il demande une grande attention. Un peu bernique avec son papa au début, il reprend ses marques avec nous, il passe beaucoup de temps dans l’eau, on sent bien qu’il s’y sent à l’aise. Il plonge avec papa et papo et fait la grenouille avec mamé, plus près du bord dans la petite mer (mer calme) rame avec papo.

Nous remontons la côte sous le vent jusqu’à l’anse Deshaies car aux iles Pigeon, réserve, il y a plus de plongeurs que de poissons. En revenant peut être, tôt le matin. Youen plonge, plonge, il se régale, mais toujours pas de poisson à bord. Il ne comprend pas. Il récupère une flèche à la côte. Et Miracle, il pêche 2 poissons.

Trois semaines c’est court, et nous voulons absolument aller aux Saintes. On redescend en s’arrêtant à Petite Anse. Les fonds sont beaux. JM a un problème de sinus. Nous allons à la plage avec notre petit chenapan. On se moque un peu de lui, Emerik tu fais le mérou! Non ! Par contre, il se comporte comme un vrai moussaillon, aucun souci dans la grande mer, comme il dit, ni dans le canal, Guadeloupe-Les Saintes, sage comme son oncle et son papa petits. Il sait bien quand on ne peut pas s’occuper de lui.

Il marche comme un chef, en faisant un peu le coquin au fort Napoléon. Nous avons une vue superbe. Nos journées sont réglées, Baignade pour nous, plongée pour Youen. Le galurin se dépense tellement qu’il fait 2 siestes par jour. Les moustiques le laissent tranquille , au mouillage il y en a peu. Le dernier jour, Notre fils se paie un bronzage shorti, très original, un peu rouge quand même qui nécessitera une crème pour les brûlures. Et dans une eau à 28 ° on ne se rend pas compte.

Nous revenons à la marina pour qu’ils profitent un peu du tourisme sur Basse Terre. Nous allons aux chutes du Carbet, qui nous accueillent sous des trombes d’eau, impossible d’y monter, les gens qui reviennent sont à passer à l’essoreuse. 2 jours après ce sera possible, les hommes profitent d’un bain chaud à 30 ° et à la suédoise, d’un bain froid. Emerik s’y refuse absolument, et retourne au bain chaud, chouette balade dans une forêt humide, très luxuriante.

Le lendemain, temps incertain, nous allons au zoo des mamelles avec accrobranche en face ? Vu que le temps est vraiment pluvieux, nous ne disons rien à Emerik. La surprise ne sera que meilleure. Je dois dire que je n’ai jamais vu un zoo aussi bien conçu. Bon, il y a le climat, la forêt est arrosée, les animaux nous paraissent heureux. L’aménagement se fait au milieu des arbres, la volière paraît naturelle, on distingue à peine le grillage. Seuls les singes paraissent dans un environnement moins naturel, avec des vitres. D’ailleurs Emerik fait une réflexion qui nous fait rire et penser qu’il nous écoute quand on lui fait une remarque. Mamé, Papa, le singe, il fait le Mérou…

Puis dernier bain, dernière plongée récréative dans la grande mer, balade avec Papo sur les jeux qui longent la plage, valises à faire pour contenter nos proches et vider un peu les équipets du kan er mor puis départ pour l’aéroport de pointe à Pitre avec pleins de bons souvenirs dans les têtes.

Quelques navigations le long de la côte sous le vent et aussi bien sûr visite de quelques sites sur les hauteurs : le zoo, la chute du Carbet, grosse corde, les bains jaunes …

Nous nous sentons bien ici en Basse terre. Ce ne sont pas les ballades qui manquent. Le long de la côte sous le vent, le bord de mer est plus sec, la végétation différente sur les hauteurs.

Mais originalité des rencontres, JM aide notre voisin à amarrer son bateau et nous voilà gardiens de leur villa et de la ménagerie Le Braz, petit intermède terrien, à Trois Rivières dans un cadre idyllique, les Saintes à l’horizon, un jardin comme je les aime, sauvage, avec une variété de palmiers des cocotiers et une liane qui donne les graines œil de bœuf.

Chez-Marie-et-Pierre-les-Saintes-tout-au-fond

Chez-Marie-et-Pierre-les-Saintes-tout-au-fond

un-des-gardiens

un-des-gardiens

 

 

 

 

 

 

 

Que-fait-il ?

Que-fait-il ?

Râpe-de-la-noix-de-coco

Râpe-de-la-noix-de-coco

Nous n’allons pas vous narrer toutes nos randonnées, mais essayer de vous donner un aperçu de cette immense montagne qu’est la Basse Terre. Elle culmine au sommet du volcan actif de la Soufrière à 1467 mètres, le plus élevé des petites Antilles. Ce massif est en partie couvert d’une forêt dense et riche, or lors de notre ascension de la Soufrière en 1982, nous avions le souvenir d’une montagne pelée, désertique, lunaire, l’éruption de 1976 n’était pas loin.

L’île aux belles eaux, c’est très rare qu’en ballade on n’accède pas à une chute d’eau, un bassin, de nombreuses rivières.

Du bord de mer aux cimes, quatre zones se succèdent : la végétation sèche du littoral, la végétation humide du littoral ( mangrove et forêt marécageuse), la forêt dense et humide, la végétation d’altitude au dessus de 1000 m d’altitude.

La forêt dense est la mieux conservée des petites Antilles, pour mieux la sauvegarder, une partie du massif forestier a été classée Parc national en 1989.

Un réseau de 2OO km de sentiers appelés « traces » facilite le contact avec la nature. Ces traces ont été ouvertes pour pénétrer au sein d’un milieu hostile, mais plein de ressources, par les chasseurs et soldats qui furent les premiers à explorer le massif de basse terre. Les esclaves en fuite y percèrent plusieurs pour rejoindre les camps clandestins où ils se réfugiaient. L’une d’elle appelée trace des contrebandiers servaient au trafic du rhum et du tabac.

En forêt tropicale humide, ce qui frappe le plus c’est l’enchevêtrement spectaculaire de lianes qui montent vers la lumière et les plantes épiphytes, ces centaines d’espèces de plantes suspendues utilisant le support des arbres et de leurs branches pour se développer, auxquelles elles sont accrochées, sans jamais se nourrir des arbres sur lesquels elles reposent, mais je préfère dire qu’elles s’enlacent,se délacent, se prélassent avec volupté et en très bonne harmonie, et je me mets à rêver que les hommes pourraient en faire autant. On y trouve l’ananas-bois, les siguines, le tillandsia, certaines orchidées, et la reine de cette forêt, c’est la fougère, 270 espèces quand même. On rencontre aussi des orchidées, surtout la Spathoglottis plicata originaire d’Asie, violette. Il y aurait 9O espèces. Ici tout est gigantesque, philodendron, caoutchouc, mangle . Les arbres ont un réseau de racines impressionnantes  qui affleurent le sol, de vraies sculptures , qui très souvent nous servent de marches pour grimper vers les sommets. Celles du gommier rouge, à l’écorce aux superbes teintes , sont très fournies et importantes et l’arbre est souvent loin du sentier, il faut dire que la nature fait bien les choses car il faut s’accrocher pour tenir sur ce terrain, pentu, la pluie ravinant, sans parler du vent.  D’ailleurs après, une  forte  pluie, une onde tropicale forte, la trace  nous montre un visage différent, (arbre, branches jonchant le sol boueux, érosion du sol) l’entretien est énorme, les traces peu entretenues. Quelquefois, sur le sentier, une plante épiphyte est tombée, souvent énorme et en évaluant le poids, on se dit que cela aurait pu faire mal. La forêt tropicale humide est muette,on entend quand même le « toto bois » ( un pic noir, endémique à la guadeloupe)  les bruits commencent à la tombée de la nuit. Seule la forêt des mamelles nous a accueillis avec une belle musique.

On fait souvent de l’acrobranche ou de l’acroracine, mais que ne ferait- on pas pour arriver au sommet et le plaisir d’un bon bain frais dans un bassin, où l’eau d’une cascade arrive après deux heures d’effort. Cela efface les efforts et on redescend, en pleine forme.

Parfois, après une période de pluie, sur ces traces, nous rencontrons des insectes pas très sympas. Il faut dire que les moustiques de toute façon sont présents toute la journée, mais plus particulièrement la nuit et le matin. Dans la journée, ils nous laissent à peu près tranquilles. Ils préfèrent certains individus. Je suis de ceux là, mais cela arrive à JM de se faire câliner par eux. Le soir, Safari aux moustiques. Rien n’y fait. J’ai tout essayé huiles essentielles, piège à eau sucrée, produit anti-moustique et pour finir bombe raid, aucun effet. Moustiquaire sur les panneaux, condamnant la couchette, Torpen entrant et sortant sans arrêt, les moustiques rentrent, sans souci. Une caissière nous disait, ce n’est pas la peine, ils sont devenus résistants à ces produits. Vous les parfumez.

Nous sommes tous piqués, mais deux fois ont été difficiles à supporter. Lors de la promenade des étangs, c’est JM qui a eu leur honneur et Lors d’une marche de 7 heures, après une onde tropicale, la descente a été pour moi, « piquante ». Là ce ne sont pas des moustiques, mais des mouches café. En marchant sur les feuilles mouillées, je les ai « réveillées » et elle se dont données à cœur joie : JM me disait le soir, elles ont oublié de mettre «  découper, suivant le pointillé ». Seul souci, c’est que cela gratte et s’infecte, et les traces sont encore là ,après plus d’un mois.

De décembre à juin, lors de nos promenades, nous ne voyions que peu de fleurs , mais de juin à décembre, les fleurs sont plus nombreuses.

La vieille dame

Les Gwadas ne comprendraient pas que je ne parle pas de leur vieille dame, la Soufrière. C’est le volcan le plus emblématique des Antilles dont la dernière crise sismo volcanique date de l976-77

Le point culminant des petites Antilles à 1467 mètres, c’est l’un des volcans les plus actifs de la région. Celle qu’on appelle la vieille dame est pourtant de constitution récente : Elle connaît depuis 13 OOO ans des crises éruptives régulières toutes phréatiques, c’est à dire concrétisées par de violentes émissions de vapeur, de cendre et de roches sans apparition de magma en surface. La première éruption décrite date de 1696, la dernière qui dura 8 mois de juillet 76 à mars 77, fut une des plus violentes qui provoqua l’évacuation de 70 000 personnes. La vieille dame est sous haute surveillance. En s’y promenant on aperçoit des stations d’observations permettant d’étudier les déformations géographiques, d’être à l’écoute de son activité sismique et de connaître les modifications chimiques des gaz qui circulent à l’intérieur du volcan. Comme je le disais plus haut, nous y sommes montés en 1981 et nous avons le souvenir d’une montagne pelée, sans végétation, un petit désert. Aujourd’hui, lors de notre première ascension au mois de juin 2O16, sous la pluie et vent, nous avions une végétation sur la grande faille avec des sphaignes marrons dorées, alors qu’au mois de septembre, ces même sphaignes sont vertes. Cette deuxième ascension s’est faite alors que la soufrière nous montrait un visage très ensoleillé, ce qui loin d’être toujours le cas. En passant par le col de l’échelle, nous avons vu le gros rocher fendu, reste de l’éruption de 1976. Nous avons ce jour une vue magnifique sur les Saintes, la Dominique, Marie Galante et même Pointe à Pitre. Nous avons pu admirer les ananas sauvages rouges ou jaunes, les orchidées violets ou blancs, les lycopodes, les algues filamenteuses qui sont apparues il y a 550 000 millions d’années de couleur verte à l’origine, elles virent à l’orange par accumulation de carotène, . . Elles colonisent les pierres, les écorces.

.JM termine cette randonnée, aux bains jaunes, par un bain sulfaté et sulfuré aux propriétés anti-rhumatismales , rien que cela.

Bien entendu, nous faisons ces ballades surtout pendant la saison cyclonique, en écoutant la météo, aujourd’hui, le 7 octobre 2O16, nous en sommes à 39 alertes d’ondes tropicales. Une seule pour l’instant a été forte avec des rafales de vent à 16O Km/h en Martinique, en Basse Terre, de fortes pluies, du vent, mais pas plus que lors de nos tempêtes Bretonnes, par contre, pendant quelques jours nous avons eu une très forte houle avec une alerte orange. Hier et aujourd’hui, nous avions donc la trente neuvième alerte, mais finalement, rien de bien méchant, si ce n’est de fortes pluies, et de ce fait , un bien être, avec une diminution de la chaleur.

Nous profitons de ce temps hivernal pour visiter, le parc botanique de Basse Terre, rien de bien marquant, peu d’espèces, mal entretenu, par une armée d’employés très peu motivés.

Par contre le parc botanique de Deshaies au nord ouest de l’île est magnifique, bien entretenu, il offre plus de mille espèces végétales, sans compter une  grande richesse au niveau arbres.

Guy Blandin pépiniériste passionné a ramené de ses voyages aux quatre coins du monde, des graines qu’il a fait germer dans sa propriété de près de 7 hectares. Il faut savoir que plus de 5O % de la flore n’est pas endémique en Guadeloupe. Coluche achète une partie de la propriété. Un de ses amis Pépiniériste implante en Guadeloupe une pépinière pour alimenter son entreprise parisienne. Le 18 juin 1985, Coluche demande à cet ami, Michel Gaillard de s’occuper et d’entretenir sa propriété en échange de terre pour agrandir sa pépinière. Un an plus tard, Coluche décède. Michel Gaillard rachète la propriété en 1991. S’en suit l’idée d’y réaliser un jardin pour faire profiter le plus grand nombre de la richesse de cette flore. La réalisation de ce parc mettra 11 mois avec 45 employés, tous de Deshaies. Architecte Didier Rouselle, concepteur Michel Gaillard. Ouvert en 2OO1, sur un parcours d’l,km 5, bien conçu, car il permet de voir toutes les espèces qui sont identifiées, il offre un vrai régal de fleurs tropicales : bougainvilliers, rose de porcelaine, orchidées, fleurs de balisiers, une grande variété de fougères, bambous, sans oublier des arbres remarquables : baobab, Mapou, Gommier, arbre à Saucisson, arbre à pain, Palmiers, Bonnet de l’évêque, arbre à canon etc. Une initiative privée, un parc entretenu. Un vrai moment de bonheur pour qui aime la flore.

Cette  longue escale en Guadeloupe nous permettra de mieux connaître les Guadas, d’apprécier leur cordialité, d’approfondir leur façon de vivre : pique nique dominical dans les carbets, papotage en prenant le bain à Rivière Sens, souvent avec chapeau et lunettes de soleil, nous participons je l’avoue à Radio plage lors de nos longues baignades.

Les Antilles

 

Après quelques mois d’interruptions, nous sommes actuellement et depuis 5 mois en Guadeloupe. Le bateau est sagement amarré à la marina de rivière Sens, près de Basse-terre et nos navigations se limitent à Pointe à Pitre pour le carénage, et les admirables îles des Saintes. Pourquoi cet arrêt ? Et bien Monsieur a dû se faire opérer d’une double hernie inguinale, rien de grave mais qui pourrait l’être lors d’une grande traversée. Cela nous a pris 3 mois, 1 mois de pré opération (toubib, radio, analyse de sang …) et 2 mois de convalescence. Ensuite ce fut le tour de Madame, quelques vertiges au matin et la suite de contrôles et d’analyses négatifs. Nous avons aussi appris que Madame avait été « zikatée », on s’en doutait sans certitudes tellement les symptômes ont été discrets, petite fièvre, quelques boutons et douleurs articulaires pendant 2 à 3 jours. Et puis l’île est tellement belle, la plage à toucher la marina, de belles marches comme on les aime dans la « montagne » et actuellement je tape le blog dans une petite villa avec piscine, prêtée par des amis absents pendant une quinzaine de jours, avec en toile de fond la mer ou plutôt le canal des Saintes strié de petites déferlantes et les Saintes posées sur la mer comme des bateaux à l’ancre, la vie de marin n’est pas toujours dure. Mais revenons à nos moutons, début Décembre dernier nous quittions la Guyane depuis St Laurent du Maroni.

maroni, crique Coswine       

                                                     Avant le départ sur la crique Coswine

Voilà c’est décidé, nous partons le jeudi 10 décembre de St Laurent du Maroni. 6 heures de descente du fleuve, mais nous nous arrêterons à la crique Coswine à mi chemin, et mouillons par 6 mètres de fond, au milieu de la rivière. Bain, préparation du bateau pour la petite traversée Guyane- Tobago, un peu plus de 500 milles. La nuit tombe vite en Guyane, rapidement noz dal (nuit noire) nous traînons , écoutant les bruits de la forêt, devant un petit verre de rosé bien frais. Ah le bonheur d’un frigo tant attendu ! Tout à coup, je dis «  tiens un bateau arrive, gonflé quand même « .

Oh avec les cartes numériques, maintenant me dit JM, pas de problème..puis, mais c’est drôle, un autre bateau, puis un autre, soudain, une idée légumineuse , comme dirait Lucien Gourronc lui vient: On chasse met le sondeur en marche: 12 mètres, on chasse!, nos bateaux étaient en fait les lumières du Surinam cachées au départ par le coude de la rivière. Bonne blague, on culait bien. C’est vrai qu’il y a un fort courant. On remouille plus près du bord.

crique coswine

Le lendemain, nous terminons la descente à 5 nœuds et sortons du Maroni à 11 h 30, vent faible mais portant. Au départ nous croisons beaucoup de petits bateaux de pêche Surinamiens dans des fonds de 10 à 50 mètres et avons hâte de retrouver les fonds de 100 m. parce que la nuit, ces bateaux ont des feux très variés souvent clignotants de diverses couleurs où des lampes torches où carrément éteints, bref un autre monde. Le vent reste faible et à ce rythme là, me dit le Captain, on va mettre 8 jours, puis le vent, les grains arrivent et on avance de nouveau bien.

 

Nous apercevons Tobago le mercredi 16/12, vers 16 heures. Les nuages gris semblent s’accrocher sur les hauteurs de l’île, Nous arriverons de nuit, on ne va pas dire que nous aimons cela, mais la lune est pleine. On préfère. JM s’affaire sur l’IPAD, eh oui, ce n’est plus la table à carte. Il y a un phare sur les îles du Nord que nous devons contourner, un autre à l’entrée de la baie de Charlotteville. La nuit tombe et toujours pas de phare, de plus le sondeur n’indique pas la même profondeur que sur la carte, 100 mètres sondés au lieu des 200 mètres sur la carte, JM sort l’ordinateur, même problème avec d’autres cartes nautiques. Le captain n’aime pas cela, il faut faire confiance au sondeur. Nous débordons largement Marble et St Giles island dans une mer formée puis après North point trouvons un peu de tranquillité à l’entrée de la baie

Vers 21 heures, on mouille  devant Charlotteville par 18-20 mètres de fond, devant une rangée de gros projecteurs qui, nous l’apprendrons ensuite, éclairait le stade de foot local, sans avoir vu de phares et le sondeur était bon. Nous notons pas mal d’erreur sur les cartes Inavix.

C’est bien sympathique ce petit roulis après une petite traversée où ça roule toujours. Torpen va faire un tour sur le pont, revient avec un poisson volant. Elle est pas belle la vie? Cela change de l’ordinaire, car les croquettes brésiliennes, bof! Nous fait-il comprendre, c’est pas cela.

A travers les vitres du dock house, nous admirons cette baie de nuit, avec des lumières ici et là sur les hauteurs. Le matin nous découvrons une baie splendide avec des hauteurs de 300 mètres, plongeant dans la mer, très boisées et c’est vert: il doit pleuvoir. Serions nous à la saison des pluies? Les maisons sont très colorées, coquettes, de belles petites barques de pêche sortent vers l’entrée de la baie. J’en compte bien une cinquantaine au mouillage. Cela change de la Guyane, les habitants de Charlotteville sont tournés vers la mer.

Ce n’est pas le tout, mais il faut faire les papiers. Nous nous heurtons à un bureau fermé. Une dame nous dit, je ne sais pas quand ce sera ouvert, dans une heure peut être ? Nous partons faire un tour du village, la banque ne lit pas notre carte bancaire. Nous trouvons le marché aux poissons, mais sans Titis(monnaie locale) nous regardons. Nous retournons voir l’immigration et la douane: nobody. On reviendra cet après midi. L’espoir fait vivre, sans trop y croire. Après un bain rafraîchissant, il fait 28 °, cela se sent, surtout la nuit, plus facile de dormir qu’en Guyane, nous sommes reçus par une dame à l’immigration. Comme le bureau de la douane est fermé, elle appelle le douanier. Ils parlent anglais, c’est plus facile pour nous.

Le douanier arrive, nous souhaite la bienvenue, c’est 44 dollars: Vous pouvez payer en Dollars US, car le distributeur ne fonctionne pas, et si vous voulez je peux changer vos dollars en Titis. Original certes, mais nous prenons. Nous remercions. Il nous dit, attendez, je vais vous montrer ce qu’il y a à voir ici. De mieux en mieux. Un douanier, office du tourisme et distributeur de Titis c’est pas mal.

En face de son bureau, le cimetière ( oui je sais les enfants) comme nous les aimons, de simples butes herbeuses, sur une pelouse à flanc de colline avec de grands cœurs en fer, le nom, la date de naissance, celui du décès: un arbuste sur l’une, sur l’autre, une canne à pêche, plus bas le long du port 2 ou 3 petites épiceries assez peu achalandées, et quelques bars et restaurants.

Pélikans et fous de bassan pêchent dans la baie.

Sur les conseils du douanier, nous profitons du soleil entre deux grains pour faire une ballade sur les hauteurs de la petite ville. Très pentues, la vue est magnifique. De là haut, nous voyons les îles sur lesquelles nous avons atterri. Nous ne voyons pas de phare, encore une erreur sur la carte. Nous revenons au village, les Gallinacés sont en liberté.

Pas d’Opela au mouillage, un mail de Kévin, son sympathique capitaine nous informe que les festivités de fin d’année auront lieu à Grenade.

Nous voilà le 21 /12, Noël arrive et nous devons retrouver la flottille de langue anglaise, rencontrée au Brésil. Nous partons de nuit. Mr Grib a pour une fois raison, le vent est là, les grains aussi. Nous faisons la veille tous les deux car il y a des cargos et surtout des bateaux de pêche. Leur signalement est bizarre. Nous arrivons vers 12 heures le lendemain en vue de Grenade, et un grain se profile. JM râle car le chenal d’entrée est entre les pâtés de coraux. On ne trouve pas les bouées d’atterrissage, et pour cause, il n’y en a pas. Encore une erreur sur la carte. Je scrute et j’aperçois les bouées du chenal, toutes petites, il faut vraiment arriver dessus pour voir le chenal, nous sommes de jour et au portant.

Nous entrons et mouillons à côté d’Opela. Une fois dans la baie de Mount Artman bay, nous sommes bien à l’abri de la houle, bien que sur la côte au vent.

Depuis les Canaries, notre source de renseignements dont nous avons besoin (cartes routières, ravitaillement, gazoil, bus etc..) n’est pas un office de tourisme, mais le bouche à oreille. Mais si Kévin, le sud africain est dans le mouillage, c’est lui notre homme. Il sait tout . Nous allons le saluer. Il nous donne une carte, nous dit qu’il y a un minibus qui nous amène chez le shipchlander, un autre au super marché, une dame vient le mercredi avec des produits fermiers. A la marina avec chaque boisson on a un ticket pour 8 heures de Wifi, de 18 h à 18 h 30, la bière est moins chère. Douche, laverie, eau, moyennant finance. La marina nous offre ses services. Tous les bateaux s’arrêtent au sien, une vrai source d’information.

Nous fêterons les fêtes de fin d’année avec de nombreux équipages connus et inconnus. Barbecue, salade, bien arrosé de bières. C’est la boisson internationale. Je ne passe pas inaperçue car je suis la seule à ne pas en boire. Je ne rechigne pas sur le vin sud africain de Kévin.

La saison des pluies est toujours là, mais pour le tour de l’île organisé par Romy (Sud africaine) il fait beau. Nous visiterons un jardin d’épices et d’herbes. Nous verrons le Téobroma cacao, avec lequel on fait le chocolat, la liane qui donne la vanille, l’arbre dont l’écorce produit la cannelle. Nous découvrirons d’autres fruits que nous apprécierons moyennement. Le chauffeur nous arrête pour visiter une rhumerie, la troisième que nous visitons, très différente des 2 autres. Nous ne pouvons acheter que du rhum-chocolat, ce qui fait douter le bateau autrichien de la production de rhum.

Nous finissons notre périple par la visite d’une chute impressionnante. Les habitants sont cordiaux, vivent du tourisme, un peu de pêche, mais l’île est peu peuplée. Par contre, les Etats Uniens sont là avec leurs maisons énormes et leurs dollars.

Nous continuons à remonter vers Cariacou, petite île qui fait partie de Grenade. Nous y ferons notre sortie.

Petite île à échelle humaine, jolies baies, mer bleue à 26 °, randonnées à travers la montagne. Nous rencontrons beaucoup de chèvres en liberté ainsi que les gallinacés. Ce doit être une habitude aux Antilles et sur une douzaine d’oeufs, la moitié est à jeter… Par contre, il y a beaucoup de poussins…Dans les îles anciennement anglaises, on trouve peu de chose en approvisionnement, mais il y a du vrai pain. Cela faisait longtemps. Les pêcheurs viennent nous proposer langoustes et poissons au mouillage, pour un prix modique. Du pain-beurre avec une langouste et un petit vin blanc du chili (très cher, par contre) un vrai régal.

Coucher de soleil sur Tyrrel bay

Nous retenons une place pour début mars au chantier, des retouches des œuvres vives ( sous la flottaison), mais Youen et Emerik arrivent le 31 janvier, il faut remonter.

Mouillage de Tyrrel bay

Le 15/12, nous partons de nuit vers 1 H 3O pour arriver à Fort de France, le 16 janvier . Même chanson antillaise, vent, grains, calme, puis vent.

L’ancre, attachée à l’avant menace de décrocher dans une mer formée. Je file à l’avant car je ne veux pas que JM fasse trop d’effort, une hernie inguinale se pointe, mais au près c’est difficile, elle est lourde la vilaine, mais je ne lâcherai pas. Je demande à JM de mettre sous pilote et de venir à l’avant avec un bout. Ma voix devait être ferme car il arrive rapidement. Je suis un peu blessée à la main, mais j’ai récupéré l’ancre. Un ou deux stéristrips et l’affaire est classée.

Nous mouillons au pied du fort St Louis à Fort de france. Comme d’hab, nous devons allons faire les papiers d’entrée. Il semblerait que ce soit chez le shipchlander… Pourtant deux français nous ont dit que la France c’est casse pied pour les formalités, les autorités nous embêtent tout le temps, nous n’y allons plus. Bon, nous allons voir.

Antilles : Mouillage de Fort de France

Mouillage de Fort de France

Antilles : Voilier paquebot au départ

Voilier paquebot au départ

Pas trop hardis, nous rentrons dans la boutique et demandons d’une voix hésitante: c’est pour les papiers d’entrée s’il vous plaît . Une gentille jeune fille nous dit: Pas de problème, l’ordinateur est là, vous remplissez, et je signe. Ce soir je dépose le double à la Douane. Nous sommes «baba» Pour être simple, c’est même extra simple. Idem pour la sortie. Mike et Sheila que nous rencontrerons aux Saintes, trouvent aussi que pour le coup, les îles françaises c’est cool les formalités.

Quels sont les Bretons qui ne voulaient s’arrêter qu’Aux Saintes, vu l’accueil reçu en l982. Là encore, nous sommes agréablement surpris de l’accueil des Antillais. Dans les administrations, au marché, dans les supermarchés, boutiques, lors de nos randonnées. Cela nous réconcilie avec les Antilles Françaises.

Bien entendu, comme chez nous il fallait bien des originaux, ce sera les employés de S.F.R. Nous voulions acheter une carte sim pour internet, afin de l’avoir du bateau, comme en Guyane, ici, aucun employé n’a réussi à la faire fonctionner. 20 € pour rien. Merçi SFR.

L’escale en Martinique sera courte, car il nous faut monter en Guadeloupe. Nous nous arrêterons malgré tout à St Pierre, ancien grand port qui échangeait avec Haïti et dispatchait les marchandises dans toutes les Antilles et vers la métropole. C’est l’époque du carnaval et un défilé très coloré vient égayer la ville. En 1902, l’éruption de la montagne Pelée fera 3O OOO morts et détruit St Pierre en quelques minutes. Cœur du monde créole, Fort de France devient la seule capitale économique et administrative de l’île.

Prochaine étape la Guadeloupe

La Guyane

Après la sortie du fleuve ParaÏba et une traversée d’environ 1800 miles, un peu agitée aux dires de Torpen, les moyennes journalières sont bonnes, plus ou moins 150 miles par jour. Il faut dire qu’un courant nous aide bien et tant mieux, car le Kan er Mor aurait besoin d’une petite toilette.
Nous longeons les côtes du Brazil, au large de Natal, Belem et repassons dans l’hémisphère Nord au large de l’Oyapok fleuve frontière entre la Guyane et le Brésil. La mer bleue passe au vert, et avant la couleur café au lait, JM prend un bain.
Au matin du 3O septembre, j’aperçois l’îlet la mère, le père, les mamelles situées à l’entrée du port. Nous échouons dans la vase devant l’îlet la mère, en attendant la renverse du courant, avant d’embouquer le chenal de Dégrad des Cannes, principal port guyanais, 34 ans après notre premier séjour en Guyane. Il y avait un départ de fusée à Kourou à notre arrivée, rien vu, ni entendu. Sans doute, les ans en sont la cause..

Dans les blogs de certains navigateurs, sur certains pontons, il se dit que la marina de Dégrad des Cannes c’est nul, que les « résidents » de la marina ne sont pas sympas… Nous nous arrêtons malgré tout, attendant 2 colis de Bretagne. ( les ennuis commencent, pour les colis), merci Marion de nous les avoir récupérés.
Nous sommes super bien accueillis, nous avons vite tous les renseignements nécessaires. La marina est pleine, mais de toute façon, nous préférons mouiller, beaucoup de courant, de vent, et les pontons bougent. Nous retrouvons les « Galopin », qui nous font profiter d’une voiture pour le premier plein de vivres et une visite au zoo. Bon, c’est loin de Cayenne, des premiers super marchés, mais le stop fonctionnera super bien.

Patrice nous prête des guides sur la Guyane, Alain nous propose avant de se rendre à Stoupan d’aller au super marché avec lui Nous le suivrons sur le Mahury car les bouées du chenal sont un peu baladeuses. Que font les phares et balises guyanais ?

La Guyane c’est la forêt, envoûtante, avec ses bruits, ses criques, les papillons, les palétuviers, et des centaines voire plus d’arbres dont nous ignorons le nom . N’oublions pas les moustiques, les taons, les nonos, les tiques …mais l’arbre qui nous impressionne le plus, c’est le frangipanier (cerba pentandea) il peut atteindre 5O m de hauteur, il domine la canopée. Il produit des fleurs blanches en janvier, alors qu’il a perdu ses feuilles, il ne fleurit pas tous les ans. Les graines sont protégées par un duvet de fibres : le kapok. Eh oui, j’ai encore appris quelque chose. Voilà pourquoi il est si cher, mais je doute que celui qu’on peut acheter à Vannes soit guyanais.
Nous remonterons la crique Gabriel à la rame pour regarder, écouter,nous rappelant une certaine chasse aux papillons, un chavirage en pirogue, il y a déjà longtemps. Nous admirons les fleurs aériennes, mais éphémères du cacaoyer (tébroma cacao) présent à l’état sauvage dans la forêt amazonienne. Les fruits appelés cabosses renferment des fèves que l’on sèche, torréfie, elles sont orangées à maturité, et poussent à même le tronc comme le papayer, contrairement au Cacao rivière que nous trouvons sur les bords de la crique, leurs cabosses sont marrons. Il y a eu des plantations sur ces rives, qui sont maintenant abandonnées.

Lors de nos ballades en forêt, nous verrons des paresseux, des singes tamarins, des morphos, des colibris, des ibis rouges, pas faciles à photographier. Le long des fleuves et sur la côte, quelques oiseaux marins.

Nous voulions voir les oiseaux de la mangrove de Monjoly, près de Cayenne, hélas c’est la saison sèche et le marais est vraiment sec, mais nous aurons la chance d’assister à l’éclosion d’adorables tortues olivâtres.

Après une randonnée botanique, sur le sentier Trésor, nous apprendrons à reconnaître quelques arbres, plantes, mais je ne résiste pas à donner leurs noms créoles : arbres à boulet de canon, Marie derrière l’hôpital ou Marie crabe, le bois diable, le bois canon etc. Je récolte quelques graines: gousse de ti canot macaque, peignes macaques, des yeux bourriques, œil de bœuf.

Nous louons aussi pendant une semaine une voiture, ce qui nous a permis de visiter d’autres parties de la Guyane : Cacao et son village Mhong, Kaw et ses marais, Kourou et bien sûr Cayenne.

Une dernière corvée nous attend et qui ne peut attendre vu la densité de coquillages divers (huitres, balanes, moules …) collés sous la coque et qui ralentissent considérablement le bateau, le carénage.

Nous ne pouvons pas parler de la Guyane sans évoquer la déportation .

A l’issue de la guerre de 7 ans contre l’Angleterre, la France perd beaucoup de colonies. Le duc de Choiseul choisit la Guyane comme plate-forme de la reconquête de la suprématie française. En 1763, on décide de faire venir 12OOO européens pour assurer la défense et la mise en valeur des terres françaises : l’expédition de Kourou, très mal préparée. C’est un échec total, 11000 colons sur 14000 vont périr,( faim, maladies) les survivants se réfugient aux iles du diable, rebaptisées île du Salut. Cet échec fut à l’origine de la mauvaise réputation de la Guyane. L’abolition de l’esclavage en 1848 sonnait le glas de la main d’oeuvre à bon marché. L’exploitation agricole des jésuites à Loyola, près de Cayenne, employait plus de 5OO esclaves, exploitation pour financer leurs missions. A son apogée, Loyola, 12OO ha produisait cacao, café, coton, tafia, rhum, sucre, mélasse.
Nous comprenons mal d’ailleurs, pourquoi, il y a eu une production agricole lors de l’esclavage, lors du bagne et que de nos jours, seuls les Mhongs assurent presque toute celle ci, pas ou peu de pêche.
Déjà en 1791 un médecin, parle des moyens de mettre la Guyane en exploitation, apparaît alors, le premier projet de « colonie pénitentiaire, inspirée des principes de colonisation anglaise.
La France décida en 185O d’assainir les ports de Brest, Rochefort, Toulon dont les pénitenciers étaient surchargés. En optant pour la déportation, l’état français pensait satisfaire les besoins économiques de la Guyane, tout en oeuvrant à sa colonisation. Cette idée de colonisation par les bagnards s’achève rapidement car la III ème république instaure un régime répressif à l’égard des malfaiteurs. 1852, première arrivée de bagnards à Cayenne. Rappelons que le doublage obligeait les prisonniers à demeurer sur le territoire guyanais, en fait, sur 7O OOO déportés, à peine 3OO s’établissent en Guyane ( mort, évasion) On crée de nombreux bagnes, St Georges, à la montagne d’argent, Mana, îlet la mère, îles du salut, St Laurent du Maroni, le bagne des Anamites.

L’enfer vert du bagne n’est pas une image, leurs conditions de détention étaient difficiles. Les 3 ème classes travaillaient en forêt, travail difficile, peu à manger. Un médecin de St Laurent du Maroni, disait, que suis-je venu faire dans cette galère, je ne puis que constater les conditions d’une mort lente.
Les 2 ème et lère classes étaient privilégiées, commis de cuisine, infirmier, garçon de maison .
les fortes têtes, les récidivistes étaient internés sur l’île St Joseph dans des cellules de 3 m sur 2, à ciel ouvert, le bagnard était exposé à un soleil de plomb ou à des pluies tropicales. Les chemins de ronde sont situés au-dessus des cellules pour surveiller les détenus 24/24 h. Lorsqu’un homme rentrait dans ces cellules, le condamné ne devait plus parler, ne sortait plus de ces 4 murs pendant tout le temps de sa peine.Les condamnations allaient de 6 mois à 6 ans. Beaucoup se suicidaient, d’où la surveillance.
L’île du diable était réservée au début aux lépreux, (avec l’îlet la mère,) puis elle fût réservée aux condamnés politiques, comme Dreyfus, Ullmo, puis à une trentaine d’exilés pendant la guerre 39-45
jusqu’en 1965, on pouvait voir le câble qui reliait l’île du diable à l’île Royale pour envoyer des vivres à Dreyfus.

 

Après 34 ans, nous revenons mouiller aux îles du Salut, une bonne impression, certaines constructions ont été restaurées ou des mesures conservatoires ont été prises. Un petit môle a été construit sur l’île royale et nous abrite un peu de la houle.

 

La Guyane de 1981 et celle de 2015 sont bien différentes. Nous ne ressentons pas ce racisme vis-à-vis de nous, nous ne faisons que passer c’est vrai.
La Guyane qui signifierait « sans nom » en dialecte Guano. La Guyane est le nom que les Indiens auraient donné à la forêt.

Le plus vaste département français. 229 OOO habitants en 2OO9. 30 % de la population serait étrangère et 50 % a moins de 25 ans. On parle le français, créole guyanais, 6 langues amérindiennes, 4 bushinengés, sans oublier les langues de migrations : créole haïtien, portugais, anglais, hollandais, espagnol, hmong, chinois, javanais etc…

Nous finirons notre séjour sur ce territoire d’Amérique du Sud, par St Laurent du Maroni. Nous y sommes accueillis par David et son équipe dans la marina ( corps mort ) SLM. Nous nous apercevons vite que David est navigateur et conscient de nos soucis de vie quotidienne. Les prix sont corrects, de nombreux services sont possibles, y compris recevoir des colis sans payer deux fois les taxes ( TVA et octroi de mer) seule la remontée du Maroni est longue, mais agréable. De nombreuses criques sont à remonter, visite enrichissante du pénitencier, réhabilité vers des objectifs culturels. Nous remarquons, que contrairement à ce qui se dit en France, les Surinamiens ne sont pas mal venus à St Laurent. Lors de la révolte des sergents, il y a même eu des constructions pour endiguer ce flot de réfugiés politiques, et à notre avis, c’est incontournable. Il y a sûrement des trafics, mais on ne voit pas beaucoup de contrôles… C’est la Guyane.
Les brûlis sont interdits, mais au cours de nos visites à l’intérieur, nous ne pouvons que constater, le non respect, autre entrave à l’écologie, la centrale thermique de Dégrad des Cannes qui fume jour et nuit, jouxtant un champ de panneaux solaires ! C’est la Guyane.

Notre escale Guyanaise nous laisse un très bon souvenir, les relations avec la population locale s’étant grandement améliorés depuis notre précédent passage en 1981, La prochaine étape Tobago et nous l’attendons ses eaux claires.

Meilleurs voeux

Voeux 2016, Bonne année

Bonne et heureuse année à tous, qu’elle vous apporte la réalisation de vos rêves comme nous avons la chance de le faire actuellement. Il y a un an nous fêtions le nouvel an aux Canaries, depuis de l’eau a passée sous la quille, Cap vert, Brésil, Guyane et maintenant les Caraïbes.où nous retrouvons les eaux claires.

Un,deux trois bains nous raffraîchissent car ici de  jour comme de nuit il fait chaud. Nous sommes en terre de culture anglaise, et la bouffe ! c’est pas cela, comme dirait notre humoriste groisillon, Lucien Gouronc  » faut faire avec » . Mon souhait le plus cher, est que mon captain se penche un peu plus sur la pêche, la sarten est prête.  Torpen est d’accord avec moi. Il se fait bien à la navigation.Il n’y a pas à dire, je me rends bien compte, que notre pays est au point de vue culinaire, très haut placé par rapport aux pays de culture anglaise.

Nous savons par Raymond et Monique que le site a doublé de fréquentation, mais un petit coucou de vous nous ferait plaisir.

Grosses à tous et Kénavo

 

BRASIL

Tudo bem

Tudo bem

Ce signe, le pouce levé, nous le verrons souvent, cela veut dire tout va bien et dieu sait si les Brésiliens le font. Parce que tout va bien. Victorino, Paul, Ivanilda Nina, Ilaiale et Lito nous ont prêté leur concours pour cette photo qui montre bien leur bonne humeur.

Nous voilà sur le fleuve Paraïba, qui a donné son nom à l’état, que nous remontons jusqu’au mouillage de Jacaré, nous faisons un tour dans celui-ci et sommes hélés par Mike, accent anglais, qui nous dit de mouiller assez loin. Il y a du courant et les bateaux évitant différemment, nous risquons de nous embrasser. Gentiment il vient nous voir, nous donne quelques renseignements. On engrange… Et nous invite le lendemain pour un brunch. Oh, mais cela commence bien, rien à voir avec le public des marinas. On va à la marina qui nous offre la possibilité de profiter de ses services, tout en étant au mouillage. 100 Réals/semaine.

Nous participons le dimanche au brunch de Sheila et Mike, rencontrons tous les bateaux au mouillage ( Lituaniens, Anglais, Sud Africain, allemand) super sympa. Nous rendrons la politesse, tous appréciant la cuisine française. En revenant du brunch lithuanien, JM casse une rame. La solidarité du mouillage nous donne les clés pour refaire deux rames dans un chantier voisin.
Le lundi nous commençons les papiers. Grâce aux conseils de Francis, de la marina nous remplissons les papiers, à peu près correctement, et commençons par l’immigration. En 20 min c’est fait. Mardi, douane et direction du port. Là commence pour nous un va-et-vient, car ils ne sont pas d’accord par qui, commencer ces formalités. Finalement, Silvio sort son insigne et après 15 mn de palabre, tout finit par s’arranger. A la douane on retrouve Sheila et Mike qui mal renseignés ont dû refaire les leurs pour un mois de plus. Pour le Brésil, nous ne pouvons avoir qu’un visa de 3 mois.

On se pose, prenons nos marques. Tout d’abord, vidange du réservoir à Gazoil ( algues) lavage des vêtements. On va à Intermares faire quelques courses. Oh, mais ce n’est pas facile de traverser la 4 voies, imaginez un passage piéton sur la 4 voies Ploemel-Vannes… Nous prenons le train (13 centimes €) pour Cabedelo afin d’acheter des fruits et légumes et profitons pour visiter le fort. Pour l’instant on prend ce qu’on connaît. Après le Cap-Vert c’est l’abondance. Les mangues sont bonnes, les avocats énormes, salade, cerfeuil . On se régale. Hélas ce n’est pas pour tout pareil. Le vin, JM se demande comment on peut faire du si mauvais vin avec du raisin, sucré, ici il est marqué dulce. On finira par trouver un vin chilien correct pour 5 €. Tous les Brésiliens ont le sourire, nous disent bonjour. En un mot, ils sont accueillants.

Le petit moteur tombe en panne. Mac Gyver le répare, et depuis, quelques caprices, mais dans l’ensemble Pen sterk est sympa.

Zut, malgré des précautions pendant la traversée, je sens les symptômes d’un de mes problèmes : visite à la clim (l’hôpital privé du coin), antibiotiques. Tout rentre dans l’ordre au bout de 15 jours me laissant un peu fatiguée. Nous faisons quand même le tour de l’île de la Restinga, en kayak un jour de grande marée,. On voit des Brésiliens pêcher des coquillages. Au retour, JM casse une pagaie. C’est signe de bonne santé chez lui..

Nous prenons le ferry, longue barque plate propulsée par un moteur de tondeuse à gazon. Nous visitons l’autre côté du fleuve, les 2 villages traversés sont plus propres qu’à Jacaré. Il y a une grande route. Nous ne comprenons pas pourquoi, celle-ci est en mi-goudron mi terre et la traversée des villages en terre. Nous voyons des élevages de crevettes, pourtant le long de la côte et dans le fleuve il y a des crevettes… Au retour, notre « skipper » nous fait une arrivée sportive à fond les gamelles pour s’échouer sur la côte.

Nous décidons pour le lendemain d’aller au Cabo Branco à Jaoa Pessoa en bicyclette. C’est Joli. Au retour nous voyons un syndicat d’initiative. Nous y allons et demandons ce qu’il y a à voir dans l’état de Paraïba, on ne nous parle que de plages., O.K., mais des chemins de randonnée ? On nous regarde avec de grands yeux. Ici, les touristes ne s’intéressent qu’à la plage, aux restaurants. Nous nous sentons de drôles de touristes. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge. Si là, on ne nous propose rien ! nous fouillons sur internet, pas grand-chose, puis je tombe sur un site et nous commençons l’organisation de la visite du parc de Pedra da Boca. Ce sera long

Nous allons visiter Jaoa Pessoa, Francis nous dit que c’est férié. On y va quand même. Comme c’est la fête de Ste Nieves, nous allons vers la basilique. Il y a un office, comme en Galice, les gens entrent, sortent. L’évêque officie ( un peu plus actif que les nôtres) prononce le sermon et c’est animé. A la sortie, une fanfare joue un morceau et quelques fidèles entament une danse spontanément.

Le dimanche, JM peut filmer une régate sur des gajandas «  sorte de pirogue avec une voile. C’est très sportif.

OLINDA

Nous voilà à Olinda, non sans mal. Au terminal de bus, pas d’horaire, pas d’itinéraire. JM commence à se décourager, puis le soir il trouve une carte, nous cherchons le nom des villes les plus proches d’Olinda, retournons au terminal et à force de questions, nous obtenons la réponse souhaitée. Il y a une ligne Abreu de lima- Olinda. Ouf.
Le lendemain matin, 6 heures au guichet. Ah ! pas de passeports, pas de tickets. Ne nous décourageons pas, retour au bateau. Nous prendrons le bus de 8 h. L’autoroute est bordée de champs de canne à sucre. On change de bus. Tout à coup, celui-ci s’arrête. On questionne, 4O mn d’arrêt, mais le chauffeur nous confie à un autre bus pour ne pas nous faire perdre de temps. La receveuse nous dira où descendre. Super sympa.
Dès la sortie du bus, nous sommes assaillis par une armée de guides. JM s’en défait avec élégance. Nous déposons notre sac à la pousada d’Olinda puis flânons dans le centre historique. Ah ben ça alors, un syndicat d’initiative ! Qui plus est, nous renseigne. Olinda fut fondée en 1535. On peut visiter 22 églises, 14 chapelles. C’est petit, coloré. On se croirait en Irlande, le soleil en plus. C’est bien le Brésil ; un effort est fait, c’est propre. Nous déjeunons sur une place de crêpes au tapioca. Il y a une trentaine d’échoppes qui vendent cette spécialité. Nous continuons à flâner, j’achète un sac, deux tee-shirts pour nos bambinos. Nous terminons la soirée devant une assiette de crevettes et un sauvignon, dans l’ancienne gare ferroviaire, transformée en restaurant. Retour à la pousada où nous attendent nos copains les moustiques.
Le lendemain, nous visitons le musée régional. Une charmante dame parlant couramment l’espagnol ( plus facile pour nous) nous fait l’honneur de la visite. Très beaux meubles, collection de porcelaines, avec certaines pièces aux couleurs presque inexistantes. Ce sont les esclaves qui enterraient ces pièces, et oh surprise, elle nous présente une assiette française. C’est du Henrio de Quimper. Très émus, on lui explique. Elle nous dit que c’est la première fois qu’on lui dit cela. Pas possible que nous sommes les seuls bretons à avoir visité ce musée… Nous déjeunons dans une créperia, très bien décorée, crêpes de froment salées et sucrées. Pas de cidre. Nous cheminons vers l’arrêt de bus faisant face à celui où nous sommes descendus. Nous demandons si c’est bien ici qu’il faut prendre le bus pour Abreu de lima. Comme souvent ici, la personne à qui nous avons demandé, demande à une 2 ème personne, qui elle-même demande à une 3 ème et c’est la 4 ème qui nous répond : c’est en face. Nous traversons, mais la première personne, ayant réfléchi, pense que nous allons attendre longtemps, traverse elle aussi pour nous dire qu’on peut faire autrement. Heureusement le bus 936 arrive et 4 mains se lèvent pour arrêter le bus pour nous, adorables, ferions-nous cela ? Hum.

Sabadihno

Dominique, qui travaille à la marina nous dit qu’il faut aller dans le centre historique, vers 15 heures, à un concert qui a lieu tous les samedis. Celui-ci est offert par le gouvernement municipal ( mairie). Les gens écoutent, dansent et boivent. Un instant de convivialité entre Brésiliens. Le premier nous semble de qualité moyenne, le chanteur on n’aime pas trop. Le deuxième samedi, c’est un peu mieux, mais la chanteuse ce n’est pas cela. Je voyais un homme nous regarder et parler à sa compagne. Je l’avais remarqué le samedi précédent qui parlait à des yachtmens de la marina. Il vient vers nous : boa tarde, vous n’êtes pas brésiliens ? Non nous sommes français, bretons en fait. Un verre à la main, il nous dit : je suis irlandais, enfin j’ai très peu vécu en Irlande. J’ai pas mal voyagé, je suis allé en France, Italie, Afrique du Sud.. Un autre homme arrive, nous pose les mêmes questions, parle très bien le français. Il a beaucoup voyagé en Europe et ailleurs. Voilà des rencontres sympathiques. Vito nous demande si on trouve cela bien sur le plan musical. On ne veut pas trop critiquer. Lui le fait et nous dit qu’il faut venir vers 11 heures, le premier groupe c’est généralement mieux. Tout à coup : Ah la fille qui vend la cabeca de galo arrive. Vous connaissez. Il faut absolument goûter. C’est une soupe. JM fait la moue. Elle arrive, sur un scooter, ses bidons, les œufs de caille, la coriandre, des croûtons. Elle nous tend un verre, difficile de dire non. Finalement c’est bon et comme je dis à Paul, c’est meilleur qu’une soupe irlandaise. Il éclate de rire. Nous voulons régler. C’est déjà fait. Confus, nous remercions. Vraiment trop sympa.? Vous avez goûté une Caïpirinha ? Vous voulez une bière ? On comprend pourquoi tant de W.C mobiles sont installés… Nous avons finalement été boire un rhum arrangé : cachaça + miel. Un groupe jouait et cela durera une bonne partie de la soirée. Il nous raconte l’histoire de la ville. Nous donne son tél. et si nous avons besoin de quelque chose, il est là. Pedra de Boca ? On peut arranger cela. L’irlandais doit venir nous voir à la marina.
Nous savons déjà qu’en restant un moment dans un coin, on finit toujours par faire des rencontres.

Le samedi suivant, nous sommes là avant eux. C’est vrai le groupe paraît mieux. Pour cause, nos amis arrivent et nous disent que c’est un professeur d’université de violon( guitare) Super bon, son collègue aussi et aujourd’hui, la sono est bien meilleure. Nous passons un bon moment, les gens dansent. La deuxième partie sera bien aussi, car une amie à eux doit chanter : Cristina. Tout à coup, on entend 5-6 pétards. Les gens, affolés arrivent vers nous, Vito nous dit de quitter vite la place. Plus de trace de nos autres amis. On apprend que ce sont des balles. Un policier est blessé ou mort, l’agresseur aussi. Toutes les hypothèses sont émises. Le lendemain, nous apprendrons par le journal que c’est un règlement de compte entre deux amis qui venaient de cambrioler un magasin. Un est mort, l’autre grièvement blessé. Pas de policier mort ou blessé. Nous discutions avec Vito que la ville était calme, pas de drame… Ce week-end-là, il y aura deux règlements de compte.
Nos amis se concertent, Lito propose de finir la soirée chez Paul. Lito enregistre et filme ces sabadihnos depuis trois ans. Aussitôt dit, aussitôt fait, Paul s’installe aux cuisines : soupe de poulet. Lito part acheter des crevettes, soupe de crevettes, fromage, orange, soirée super sympa. Vito nous propose de partir le week-end de fin de mois pour Aloagrande et ses environs. Nous, dit JM, on prend. Nous rentrons à la marina avec un ami à Lito( taxi clandestin). Donnons notre email à Vito.

Pedra da Boca

Finalement, n’osant pas nous imposer, nous partons pour Tacima via Pedra da Boca avec comme unique certitude, le trajet Joao Pessoa- Tacima. On verra bien après. Zut avec cette compagnie de bus, pas d’annonce de ville, tudo bem. Cela ne convient pas vraiment à JM qui demande au receveur les horaires de retour et par la même occasion de nous dire quand nous arriverons au terminal. On attend toujours, malgré ses recherches, il n’a pas de réponse. On devine Tacima. Des motos taxis attendent les clients. On ne réfléchit pas longtemps. Casques ! Mazette. Ils roulent prudemment. JM n’a pas de casque. Tudo Bem. Ils nous arrêtent au restaurant Pedra da Boca. Pas de lit. Si nous avions des hamacs, pas de problème. Nous allons à la pousada Fula da Boca où nous avions essayé de réserver, sans réponse. Nous ne pourrons y dormir qu’une nuit, super. Ce sont de petites constructions d’une chambre avec salle de bain et un préau pour mettre un hamac et une chaise longue intelligente qui nous intéresse. Il y a de bonnes idées. C’est quand même pas mal, nous sommes au milieu du parc et avons une vue superbe sur ces blocs de granit de formes particulières. On ne peut ni déjeuner, ni dîner. Pas d’importance. Nous partons nous promener dans le parc qui a brûlé en 2O12. Cela ne se voit pas. Tout est bien vert. C’est beau et étrange ces blocs de granit. Nous passons chez le guide chercher une eau minérale fraîche. Ici on en trouve partout. Nous cheminons vers Passa e fica. Dans les prés il y a des vaches avec une bosse. Ce sont des bêtes très résistantes au climat (Girolanda) croisées d’hollandaises, d’indiennes, nous voyons aussi de jolies chèvres, avec des oreilles de cocker, des chevaux, car les Brésiliens utilisent beaucoup, les chevaux, les mulets et ânes, pour transporter un meuble, des poubelles, des gravats, ou des fruits, etc…En ville c’est assez sympa, se mêlent, attelage avec chevaux, motos, voitures, moto-taxi, chars à bras. Un vrai spectacle. La première chose que je remarque ce sont les motos-taxis, chic on pourra revenir sans trop se fatiguer. Aussitôt dit, aussitôt fait. On leur demande de nous conduire à la pousada et de venir nous chercher le lendemain après midi, pour Tacima.
O.K. Mais pour Passa e fica, il y a un bus à 16 h OO pour Jaoa Pessoa. Que demande le peuple. Tudo bem. En définitif, ce sera 16 h 3O, mais le spectacle est dans la rue. JM prend un film en pensant à notre aîné qui critique les motards qui portent des shorts. Ici, ils sont en tongues sur leur moto, pas de casques, à 3 sur la moto et j’en passe. Tout à coup, on voit un gars sur une moto qui traîne derrière lui sur 5 mètres, du fer à béton. Cela fait un bruit…ce n’est pas interdit, car il y a la police dans la ville.
Le car arrive. Nous prenons le ticket dans le bus. Ah pas de taxe. A l’aller, nous avions été tous contrôlés 5 fois. Au retour nous serons contrôlés deux fois seulement. Nous arrivons à Jaoa Pessoa, tard. Plus de train. Nous arrêtons à un feu le direto pour Cabedelo. Super sympa. Toujours le sourire, le pouce levé vers le haut, qui veut dire, tout va bien. On s’y fait à cette vie cool.

Week end avec Vito sympathique et culturel.

Vito est un ami brésilien que nous avons connu à la Sabadinho, qui nous a proposé de nous montrer l’intérieur du pays. Nous avions convenu, la veille, après le concert de nous retrouver à 6 h 3O. Il est là. Un très bon point. Nous partons pour Inga qui veut dire plein d’eau pour voir Itacoatira ( pierre gravée)
Tout au long du trajet, nous apprenons beaucoup de choses. Nous posons beaucoup de questions. C’est un homme cultivé qui connaît bien l’histoire de son pays, la flore, etc… Je lui demande quel est le meilleur café brésilien : Il sourit. Il nous raconte que le Jacu, cousin du faisan de la région de Pedra dans la province d’Espirito Santo raffole des cerises de café mûres. Fin gourmet, il ne choisit que les meilleures et préfère les cerises jaunes aux rouges. Une fois la cerise ingérée, il élimine le grain digéré qui reste parmi ses excréments, sous les caféiers. Ceux-ci sont ensuite ramassés, séchés, lavés, conservés dans leur coque pendant 3 mois. Les variétés dont se nourrit le Jacu sont le Bourbon, l’Icatu, et le Catuai. Ce café possède une acidité légèrement supérieure à celles des autres grains de café produit dans la région. Le café « Jacu Bird » est un café corsé, vif, et doux. La production étant minime, il atteint 2OO € par kilo, soit 69 € les 25O gr.
Comme c’est un brésilien, il parle avec les mains, le corps, se tourne vers moi et comme le réseau routier est truffé de gros trous. Je n’arrête pas de lui dire : attention, un trou, un dos d’âne. Les voitures au Brésil sont construites pour passer ces trous. Le hayon ( caisse des voitures) est renforcé par les constructeurs.
Nous arrivons au site d’Inga, il y a là une pierre longue de 24 mètres avec des inscriptions, des éléments reconnaissables : poulpe, animaux, fruits, formes humaines, constellations, soleil, étoiles. De nombreuses hypothèses ont été avancées pour expliquer ces inscriptions, mais jusqu’à présent, personne ne peut certifier une seule de celles-ci. On sait juste la datation de la pierre, entre 5OOO et 6OOO ans. Un jeune élève archéologue nous explique cela. Nous rencontrons le fondateur de la mise en valeur du site qui se plaint de ses pauvres moyens.
Nous quittons le site avec les explications de Victorino sur tel fruit, tel arbre, mais la végétation est tellement dense, que nous laisserons de côté ce sujet.

Nous nous dirigeons vers Alagoa Grande. Nous cherchons tout de suite une pousada, Il y a un festival, mais il est difficile de savoir ce qui va se passer. On connaît. Nous déjeunons puis nous montons à Areia, jolie petite ville dans les hauteurs, coquette, colorée avec de vieilles maisons. Nous pouvons visiter le théâtre tout petit, on dirait un théâtre de poupée. Il faut dire que la culture est importante sous toutes ses formes pour les Brésiliens que nous connaissons. ( La veille nous avons assisté à un concert de musique classique avec Paul et sa compagne. Un des derniers gratuits…Rien à voir avec nos concerts classiques. Les musiciens et le chef ne sont pas du tout guindés. Tout est bon enfant. Nous avons passé une excellente soirée.) Nous visitons le musée d’art sacré. Retour avec le soleil à Aloagrande où nous tournons et virons sans obtenir d’info sur les diverses manifestations. Ah un concert harmonique. Pas mal d’ailleurs. Il y a une fête foraine, beaucoup de bruit, allez Dodo.
Samedi, nous prenons le petit déjeuner dans une panadéria, puis attendons, attendons, le bus musical qui doit monter au village Quilombos. Vito décide d’y aller en voiture. Oh, mais, c’est une piste, effrayés, nous demandons souvent de descendre pour soulager la voiture, car nous touchons souvent. Vito ne semble pas plus que cela inquiet. Tudo bem.
Nous arrivons enfin, les Quimlombos sont une communauté d’anciens esclaves qui fuyaient les fazendas à l’époque du Brésil colonial. 1988, la constitution du Brésil garantie la possession collective des Quilombos (1OOO communautés sur les terres qu’ils occupent depuis les temps coloniaux). Nous cherchons quelqu’un et demandons à un jeune couple qui nous invite à boire de l’eau fraîche, un café, puis un jus d’orange et finalement nous invite à manger, ce que nous refusons, faut pas exagérer. Ils sont très contents de nous raconter leur vie. Nema Lio est cultivateur-éleveur, fier d’être resté à la terre. Il cultive de tout, pour sa famille, et a des vaches. Il achète, répare et revend des motos aussi. Ils ont 3 enfants, Il veut prendre des photos, ses amis ne vont pas croire que des Français sont venus chez lui.
Le paysage est grandiose. Que c’est calme, cela change d’Alagoa grande. On se sent bien. Un bus haut sur « patte » arrive. Le chauffeur nous dit que cela fait 24 ans qu’il fait la ligne, un autre a essayé mais n’a pas tenu. Il nous offre de nous ramener à notre voiture.
Nous visitons le musée de Jackson do pandero, célèbre musicien brésilien, et nous rencontrerons l’institutrice qui a enseigné 14 ans dans le village des Quimlombos
Dans la soirée visite d’une fabrique de cachaça, où nous achèterons quelques bouteilles. Le soir, nous assistons à une démonstration de Capoëira puis à des danses et chants des Quilombos.

Le dimanche, la panaderia est fermée, nous prenons le petit déjeuner ailleurs. Nous réclamons du café sans sucre, de l’eau( j’ai un sachet de thé) j’ai bien dit petit déjeuner. On nous amène du manioc, des œufs, du fromage frit, riz, sur les autres tables, il y a en plus de la viande en sauce, solide appétit au Brésil. Il est déjà 8 heures, et point de chevaux en ville et le départ de cette randonnée à cheval, sera peut être dans deux heures…
Nous partons pour la chute d’eau d’OURICURI. Vito nous dit qu’il préfère cette petite chute à l’autre car il y a moins de monde. Déjà 6-8 voitures en bas. Il commence à pleuvoir, mais cela ne dure pas. Depuis quelques années, il pleut moins et les pluies n’arrivent plus à remplir les nappes phréatiques, la chute n’y échappe pas, Vito et JM se baignent. Un peu trop de monde pour moi, un peu turbulent. Tout à coup, je vois arriver un groupe de personnes habillées de couleurs très vives, avec des fleurs, de la bière, de la nourriture. C’est une communauté religieuse UMDANDA mélange de religion de l’ouest africain, indienne et portugaise. Ils font des offrandes, chantent, boivent, fument, dansent, allant jusqu’à la transe. C’est assez surréaliste, car les gens déjà présents n’en font pas plus cas. Ils continuent leur baignade, leur barbecue.
Ce week-end, nous avons beaucoup de chances, chaque jour nous enrichit de rencontres, de spectacles inattendus .

Vito sur le chemin du retour, nous fait passer par Guarabira, où il y a un mémorial
au frei Damiâo en voie de sainteté car il a toute sa vie aidé les pauvres ( écoles, hôpitaux…) La vue est magnifique sur cette grande ville. Nous terminerons par Sape où nous nous restaurerons autour du bœuf au barbecue, manioc, haricots, riz dans un bar où les mouches nous harcèlent et les poules se promènent entre les tables devant l’éternel écran qui diffuse un match de football .
Merçi Vito pour ce week end amical et culturel.

Le samedi suivant, Vitorino nous demande ce que nous faisons ce week-end. Lundi nous sommes chez Paul, dimanche, si nous n’avions rien, nous pensions aller de Cabadelo par le ferry sur la plage que tu nous avais indiquée. Je n’ai rien, j’irais bien avec vous. J’irai jusqu’à Jacaré à pied et nous prendrons le car pour Cabedelo. Finalement, Vito arrive avec un ami, Patrick Alain et sa voiture.
Nous partons pour le ferry. Il y a une file d’attente… Ah mais c’est le week-end, et lundi férié, tout le monde part pour Lucena… On fait le tour. Encore un heureux imprévu qui nous fera visiter l’Igreja da Guia. Vito comme d’habitude nous instruit : construite par les portugais, arrêtée par les Hollandais, qui la transforment en fort militaire, on voit des meurtrières. Bizarre, on commence la visite par l’arrière…Il nous raconte que le liant pour les pierres de l’église est en huile de baleine. Nous arrivons à l’entrée et là, surprise, nous découvrons une façade baroque, très belle. La mise en scène aussi, notre guide sait ménager ses effets…
Nous continuons vers Lucena. Le temps se gâte, nous profitons pour déjeuner, puis nous digérons le long de la plage à la recherche d’un site où une chapelle, d’après un ami de Vito se trouve dans la végétation. Nous demandons à un jeune couple qui nous indique le chemin. Un peu de pif, et nous voilà devant cette chapelle qui est plutôt une église, qui est enlacée par les racines d’un Gameleira. Etrange. Vito a bien une explication. Normalement cet arbre a un gros tronc.
Nous revenons par le ferry, le passage étant pour nous gratuit, plus de 6o ans où idosos. (vieux) donc prioritaire pour la poste, les transports en commun…

Le lendemain, c’est fête nationale au Brésil. Nous sommes tous invités chez Paul. Tous les invités mettent la main à la pâte. L’un d’eux nous fait un risotto aux crevettes,très bon, un autre a apporté de la purée d’igname, du poulet, des légumes, du gâteau breton, des rochers à la noix de coco, la bière est la boisson, forcément nous sommes chez un irlandais… Lito anime la fête avec ses enregistrements. D’ailleurs Où Lito passe, l’ordre trépasse…. Son rire ponctuant son ardeur  ( le matin, il a soudé pour les réparer deux poulies du kan er mor).
La soirée se termine, Paul est heureux d’avoir eu ses amis autour de lui .

Jaoa Pessoa, nous avions visité la ville historique, mais c’était férié et il n’y avait que le centre culturel Sao Francisco qui était ouvert. Nous avions un guide qui articulait bien, ses explications étaient faciles à comprendre. Nous avons bien aimé l’art indien, les azuléjos, l’église avec ses beaux plafonds. Il savait attirer notre attention sur tel ou tel détail. Nous avons cheminé sur la route pédestre ( pour nous, sans voiture) ici cela veut dire que l’on peut voir les sites intéressants à pied… Nous refaisons cette visite accompagnés par Victorino, cela change tout. Il connaît bien la ville, son histoire. Il nous amène sur une petite place, où il y a un hôtel en rénovation, l’hôtel Globo, d’où nous avons une vue magnifique, Il nous parle du premier port où les Caravelles arrivaient, envasé depuis. Nous allons voir l’ancienne poudrière. Belle construction, rénovée qui a failli être détruite, puis nous descendons vers une construction moderne, musée de vieilles photographies du célèbre Acervo Walfredo Rodriguez, Très intéressantes elles montrent le vieux Jaoa Pessoa. Nous étions souvent passés dans cette rue , sans savoir qu’il y avait un musée de la photographie. Forcément, la façade est vierge de toute inscription. Pas d’office de tourisme digne de ce nom. Comment savoir ce qu’il y a à visiter ? Ensuite il nous racontera l’histoire de la ville, puis nous montrera les quatre piliers de la religion catholique , les églises sont placées aux 4 extrémités de rues qui sur un plan aérien forme une croix : Sao francisco : les franciscains- Igreja Do Carmo : carmélites – Igreja Sao Vento : bénédictins – et les jésuites dont l’église n’existe plus. Notez l’emplacement du clocher, tantôt à droite, tantôt à gauche. A Brasil, la religion catholique est en baisse. De nombreuses religions se créent. Vito nous dit que les églises ne paient pas d’impôt alors des personnes en profitent pour s’enrichir, profitant de pauvres gens pour les endoctriner.

On ne peut parler de Jaoa Pessoa, sans parler de ses plages, où nous avons marché un dimanche lors de la saison des pluies et un autre dimanche avec Vito et philippe et mangé dans un petit
Vitorino nous a apporté une aide précieuse pour cet article . Il connaît bien son pays, nous a amenés là où il y avait quelque chose d’intéressant, ayant toujours une réponse à nos questions. Nous espérons un jour lui rendre la pareille.

C’est le premier pays, depuis notre départ où nous laisserons un peu de notre cœur. La chaleur de l’accueil est énorme. Lorsque nous passons le soir dans la grand-rue de Jacaré, les enfants nous tapent parfois la main en signe d’amitié. Dans le train, le bus. Tout le monde nous dit bom dia , boa tarde, boa noite. Nous espérons revenir un jour retrouver nos amis.