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Nouvelles antillaises

Le temps passe vite sous les tropiques. La saison cyclonique s’est passée en grande partie pour le bateau, à la marina de rivière Sens et dans les environs ( les Saintes, Malendure, îlet pigeon, Deshayes ) dans des bonnes conditions : un peu de pluie et de chaleur, mais pas de gros problèmes météorologiques. Quand Matthew a passé ici ce n’était encore qu’une petite dépression qui s’est enflée au large de la Colombie au stade de cyclone et a ravagé ensuite Haïti et la Floride. Nous profitons aussi d’une voiture louée à une famille de navigateurs descendus vers Grenade pour écumer tous les sentiers et traces environnantes. Nos mollets n’ont plus rien après ça à envier à ceux des sherpas avec en plus des piqûres de moustiques, de mouches cafés, de fourmis volantes, etc… qui s’en donnent à coeur joie pendant la saison cyclonique, appelée ici l’hiver. Le zika ne nous a pas épargné, mais sans grands effets, juste quelques petits boutons avec les articulations rouillées et un poil de fièvre pendant 2 à 3 jours.

Fin janvier, ici débute la période du carême qui doit emmener au carnaval auquel nous assisterons en Martinique.

Nous recevons notre fils et petit fils en Martinique, l’occasion de découvrir un peu plus l’île où nous avions fait 2 courtes escales.

Tout d’abord Fort-de-France qui malgré un mouillage devant le fort Saint Louis secoué par les navettes de la baie en cours de journée a l’avantage d’être situé au coeur de la ville, puis beaucoup plus paisible le mouillage des 3 îlets et la pointe du Bout, l’anse noire, les anses d’Arlet, Ste Anne et la marina du Marin.( Une petite pensée pour Véronique, qui nous a facilité ce séjour en Martinique.)

Les fonds marins sont très beaux, beaucoup de coraux, des poissons de toutes les formes et couleurs : chirurgien, cardinals, poissons trompettes, chevaliers, papillons, demoiselles, sergents majors, perroquets … Sans oublier les tortues fréquemment rencontrées et une magnifique raie ange de mer.

Nos deux hôtes Youen et Emeric s’en donnent à coeur joie dans cette eau turquoise entre 27 et 29°.

 

 

Mi-février, c’est le carnaval et 3 jours de liesse et de percussions. Ca commence calme avec le Bradjack défilé de gens déguisés souvent dans des voitures « tunées » pétaradant à qui mieux mieux dans les rues de la ville le premier soir, puis le jour suivant, le dimanche, la présentation de Vaval, sculpture en papier de 5 mètres de haut destiné à être brûlé le dernier jour, le défilé des groupes au son des musiques hurlées des hauts parleurs dans les chars et d’une multitude de groupe de percussions avec tambours, maracas, frappe sur des bambous, trombones. Les déguisements sont très variés et colorés et d’une bonne préparation, et faisant souvent appel à la culture locale : vêtements en forme d’ananas, feuilles de palmier, terre ocre, diables rouges, nègre marron, costume indien… Ca commence vers les 3 heures et se termine tard le soir dans une anarchie complète, les groupes se croisent, se suivent, prennent des chemins différents suivis par une troupe plus ou moins nombreuse de carnavaliers déguisés trépignant aux rythmes des percussionnistes.

Le lundi, rebelote, mais avec un thème : les mariés, avec beaucoup de mariages gays et burlesques, toujours en musique.

Le Mardi gras, c’est la sortie des diables rouges toujours avec de multiples groupes et de chars. La couleur tant des spectateurs que des groupes est le rouge et noir.

Le mercredi des Cendres, dernier jour, toujours les défilés des groupes et des chars dans les rues de la ville, mais changement de couleur, ce sont le blanc et noir couleurs du deuil.

Nous rencontrons à cette occasion nos cousins Bruno et Marlène qui sont en vacances ici, où plutôt Bruno nous rejoint à la nage au mouillage, ah ! ce téléphone ! Le soir, nous attendons vainement le feu de joie de Vaval sur la plage de la Française en face du mouillage, nous apprendrons le lendemain qu’il a été brûlé à la pointe Simon un peu plus loin… ce sont les Antilles, l’information a parfois du mal à passer.

Nous revenons vers la Guadeloupe après un passage à Marie galante, qui vient du nom du navire amiral de Christophe Colomb ( Maria galanda) , où nous étrennons la conduite d’un scooter pour faire le tour de l’île, la grande galette comme l’appellent les Antillais est une île très calme avec de belles plages de sable blanc, on a bien aimé, beaucoup moins touristique que ses voisines, les Saintes.. L’île a eu son heure de gloire avec ses 1O5 moulins à vent (ailes) et enfin à vapeur : trois siècles d’histoire sucrière de la Guadeloupe.

Nous ferons quelques balades, le sentier de Murat avec la visite de l’habitation Murat et son éco musée. Une coutume a d’ailleurs retenu mon attention: lorsqu’on offrait une poupée à une petite fille, la maman demandait au curé de baptiser cette poupée qui choisissait un parrain, une marraine, et offrait un goûter à ses invités, coutume qui a perduré jusqu’en 1970.

Sur notre scooter, les cheveux au vent ! (c’est une image, nous avions un casque) et la cape de pluie à portée de main, nous parcourons l’intérieur de l’île, et constatons qu’il y a de petits troupeaux très propres ( vaches, tourillons, taureaux, chèvres,) au milieu de champs de canne. Il reste 3 rhumeries sur l’île, Poisson ( Père Labat), Bellevue et Bielle. En métropole, seul le rhum à 50°est autorisé à la vente, ici par dérogation, le rhum va de 50° à 65°… La production de l’ensemble des îles de Guadeloupe est consommée pour moitié sur place. Comme au Brésil, la canne est plantée pour 5 ans, puis elle repousse, on la recoupe, etc…

Mais il faut songer au retour et la coque du bateau est bien sale, donc retour au carénage à Pointe à pitre pour refaire une beauté à notre voilier puis c’est la préparation à marina Sens pour le retour vers les Açores, courant Mai en fonction de la météo : conserves, matelotage, peinture pont, révision du génois …

Pour nos lecteurs navigateurs, la clearance est à faire entre les îles des Antilles françaises, dixit les douaniers de Marie Galante, parce que nous traversons les eaux internationales.

Nous retrouvons nos connaissances à la plage, jouxtant la marina. La Basse terre restera notre coin des Antilles où nous aurons passé de très bons moments.

Le soleil, la pluie, les bains, c’est un pays de rêve. Les gwadas ne le perçoivent pas. Ils sont assez pessimistes. Quand on leur demande comment cela va, ils répondent ça va si dieu le veut, on fait aller…

Les médias plombent leur moral avec les risques sismiques ( il y a eu d’ailleurs cette nuit, une secousse de niveau 5 à Antigua et au nord de la Guadeloupe) les cyclones et le problème de la chlordécone, le pesticide qui a laissé une pollution pour longtemps, au niveau de la terre, de la mer est, plus que présent, dans leur vie.

Malgré ces soucis, le sourire est toujours là, et on mange les légumes de Samuel, qui mûrissent sous le soleil, au goût incomparable.

Le charmant sourire de Fanny, au marché de Basse Terre qui vend sa production de bijoux.

Une couleur locale sur les marchés antillais sont les épices, qui sont au cœur de la cuisine antillaise héritée de l’Amérique, l’Afrique, l’Inde, l’Europe, mais … mais d’où viennent-elles ?

Quand on s’intéresse aux épices, elles nous font voyager à travers le monde, mais aussi à travers le temps. Les êtres humains les utilisent depuis des millénaires, pour relever le goût des plats, pour se soigner, pour s’embellir. Les égyptiens les utilisaient pour embaumer le corps de leur défunt.

Nombre d’épices ne poussent pas en Europe. La Cannelle, les clous de girofle, le poivre, pour ne citer qu’eux ont traversé le continent asiatique à dos de chameaux, de mulet sur les « routes des épices » A partir du XVème siècle les Européens ne veulent plus dépendre des marchands arabes pour s’approvisionner. Ils décident de chercher de nouvelles routes par la mer. Portugais, Espagnols, Anglais, Hollandais, Français se sont lancés à travers les mers à la conquête des épices, noués des alliances commerciales avec les peuples. Hélas ils ont souvent annexé ces territoires et exploité les habitants pour s’enrichir.

D’où vient l’expression «  payer en espèces » ? Au moyen âge, il arrivait que les soldats reçoivent leur salaire sous forme d’épices. Elles valaient tellement cher qu’elles servaient de monnaie, comme si c’était de l’or.

De « payer en épices » on est ainsi passé à l’expression «  régler en espèces ». Regardez le prix des épices au kilo ! Vous serez surpris.

Aux Antilles, l’arrivée des travailleurs indiens va révolutionner la cuisine antillaise.

Toutefois s’il reste quelques passionnés ( Mme Vanille au parc aquacole à Pigeon près de bouillante, le jardin de Cantamerle, l’arborifruit, près de Goyave en Guadeloupe ) qui cultivent de la vanille, du roucou, muscade, cardamone, cannelle, en petites quantités, le reste vient du continent asiatique, alors les marchés des épices, méfiance.

Une épice que j’aime beaucoup pour préparer un plat, est le marsalé : l0 c. soupe de coriandre, 4 c. à s. poivre noir, 4 c. à s. de cumin, 2 c. à s. moutarde, 4 c. à s. de gousses de cardamone. 2 c. soupe de muscade rapée, 2 c. soupe de girofle en poudre2 c. à s. de cannelle en poudre, 2 c. piments forts, l c. à café de fénugrec.

Faire griller, cumin, coriandre, fénugrec. cardamone décortiquée, moutarde + ajouter le reste. Si on ajoute du curcuma, cela devient du Cari

Poulet massalé : 4 pers. 1 poulet découpé en morceaux, 5 tomates, 3 oignons, 5 gousses d’ail, l C. café curcuma, l c. soupe de masalé, quelques feuilles de caloupilé (facultatif), 2 c. soupe huile, sel, poivre

Dans une cocotte, mettre l’huile, faire dorer le poulet découpé, ajouter l’ail et les oignons hachés, laisser suer 5 minutes, puis ajouter les tomates concassées, les épices. Mouillez de 45 cl d’eau. Mijoter 50 mn. Servir avec du riz blanc.

(je trouve que les feuilles de caloupilé n’apportent rien à ce plat.

Acras de Christophine 4 pers.

2 christophines, 170 g de farine, l c. café levure chimique, 2 œufs, lait, un oignon, 2 c. de ciboulette ciselée, un petit piment ( prudent sur celui-ci) huile de friture, sel

Coupez les christophines en deux, otez leur cœur filandreux, éplucher. Râpez-les.

Dans un saladier, mettre la farine, le levure, les christophines rapées, l’oignon et l’ail rapés, 2 œufs, 2 c. soupe lait,(personnellement, je mets 2 c. à soupe de lait en poudre, car les christophines jettent de l’eau,),le piment rapé, . Mélangez intimement.

Portez l’huile à 160° environ et y déposez-y la préparation par petites cuillérées,les retourner lorsqu’ils sont à peine dorés avant de les mettre sur un papier absorbant, une fois l’autre face dorée.

( On peut faire cette recette avec de la courgette( bien l’égouttez celle-ci rejetant de l’eau) ou de l’aubergine.

Gratin de christophines

Cuire 15 mn les christophines à la vapeur, laissez les égoutter, une nuit au réfrigérateur sur du papier absorbant .

Faire une sauce béchamel à laquelle on ajoute du gruyère rapé, qui devient une sauce mornay.

Beurrer, un plat à gratin, ou des plats individuels, mettre les christophines coupées en lamelles, des lardons frits, la sauce mornay, du gruyère pour le croustillant. 2O-25 mn au four

N’oublions pas les fleurs et arbres aperçus lors de nos ballades sur les traces.

 Un visiteur des fleurs que nous apercevons très souvent de façon furtive lors de nos promenades en forêt, le colibri appelé poétiquement au Brésil béga flores (embrasseur de fleur)

De notre séjour aux Antilles, nous garderons un attachement particulier à la Basse terre.

Transat Retour

Vous pouvez suivre la progression de la traversée du voilier Kan er Mor à partir de la page :
http://tribulations.fr/transatlantique/
Régulièrement, les points GPS seront rajoutés au fur et à mesure de l’avancement du voilier sur une carte.

Bonne et heureuse année à tous

bonne-annee-gwada

Une bonne et heureuse année à tous nos lecteurs, famille, amis, que celle ci vous apporte la réalisation de vos projets et beaucoup d’amours et d’amitiés tout autour de vous.

Nous sommes toujours en Guadeloupe ou nous passons un très  bon séjour et nous faisons des relations plus étroites, partagés entre les marches dans les traces, le bain quasi journalier dans une eau à 27°, l’entretien du bateau : peinture pour madame et technique pour monsieur (gréement, circuit hydraulique de barre, moteur) et quelques escapades nautiques vers les Saintes ou les côtes sous le vent. On ne voit pas le temps passer. A la fin du mois, changement d’île, cap sur la Martinique pour retrouver le fiston et le petit fiston. Vers le mois de Mai nous pensons rejoindre les Açores afin d’aborder une autre partie de notre voyage. C’est dur la vie de retraités !!!

En Guadeloupe

La Guadeloupe, Gwada en créole doit nous rendre un peu lymphatiques car nous remettons depuis un moment le travail sur le blog, mais ça y est, on s’y colle.

Naviguer sous le vent des Îles est facile, restent les canaux entre elles où il y a toujours du vent, ce sera le cas entre la Martinique et la Dominique et entre celle ci et l’archipel des Saintes, où nous voulons faire nos papiers d’entrée. Nous avions rencontré aux Canaries et aux grenadines, deux couples qui nous avaient dit qu’ils ne s’arrêtaient plus aux Antilles françaises, trop difficile l’administration. C’est faux, d’une part c’est gratuit, même pour les étrangers et d’une simplicité à toute épreuve. On peut bien sûr aller aux douanes, mais plus facile, vous pouvez faire une déclaration par internet, soit chez le ship, soit dans un café… Vous trouverez toujours quelqu’un qui sait et vous dira où.
Nous mouillons à L’anse Galet, il y a des bouées partout et peu finalement car pendant la saison, elles sont parfois toutes prises à partir de la fin de la matinée. Cela roule un peu à l’endroit où on peut mouiller et, finalement, nous prenons une bouée.

L’archipel de la Guadeloupe est composée de 6 îles volcaniques habitées. Le papillon de la Guadeloupe ( Basse Terre et Grande Terre, les ailes séparées par la rivière salée. Les îles de la Désirade, Marie Galante,puis Terre de Haut et Terre de Bas qui composent les Saintes
Une grande richesse de milieux et de paysage. Deux saisons, le carême de janvier à juin et l’hivernage de juillet à décembre, saisons des dépressions tropicales qui se transforment en tempêtes, voire en cyclone( hugo en l989, Marilyn en 1995)

Une identité originale des différents apports ethniques et un fort métissage ( noirs, mulâtres, anciens esclaves venus d’Afrique, blancs pays , petits nobles, cadets de nobles de métropole sans terre, et des engagés volontaires, indiens arrivés des comptoirs français de l’Inde, Syriens et Libanais, vietnamiens, pieds noirs d’Algérie, français de métropole installés plus ou moins temporairement ( fonctionnaires, cadre d’entreprise) cette communauté cohabite sans trop de souci généralement. L’esclavage a toutefois beaucoup pesé sur cette cohabitation.

La Guadeloupe a un passé agricole, (canne à sucre, banane, café). La Banane a d’ailleurs posé un gros problème écologique et cela continue.j’en parlerai plus tard.

Le café considéré comme l’un des meilleurs au monde et mélangé à d’autres servait à améliorer l’arôme. 25OO tonnes en 1785 , 5O tonnes aujourd’hui. Cette économie agricole est aujourd’hui en perte de vitesse et quand on demande pourquoi, on nous répond : c’est très difficile de vivre et de travailler ici, vous ne pouvez pas comprendre, cependant, plusieurs agriculteurs guadeloupéens ont replanté de l’arabica et tentent de mettre en place une appellation d’origine contrôlée «  arabica pur Guadeloupe ».

On ne peut pas passer aux Antilles sans parler du rhum. La Guadeloupe connaît un climat propice à sa culture : fort ensoleillement et beaucoup d’eau.
La canne à sucre est introduite aux Antilles par les colons européens. C’est le fameux révérend père Labat qui a l’idée d’importer un alambic pour adapter le principe de la distillation au jus de la canne à sucre. Dès son débarquement en 1694, il est terrassé par une forte fièvre. Selon des sources historiques, il fut sauvé par une décoction composée d’un alcool méconnu : l’eau de vie qu’on tire des cannes qu’on appelle guildive. Il existait 55 distilleries en Gwada ( Guadeloupe) en 1939, restent 9 aujourd’hui.
Le rhum agricole est fabriqué directement à partir du vesou, jus de la canne à sucre frais, le rhum industriel ou traditionnel est tiré de la mélasse, sous produit de la canne à sucre.

Youen arrive dans quelques jours et nous partons pour la marina rivière Sens pour l’attendre. Voisin sympa, livraison du rhum la belle Cabresse pour Philippe un ami d’Alain rencontré en Guyane. Youen n’est pas encore arrivé que nous sommes invités pour une raclette chez Philippe.

Nos vacanciers arrivent tard, on papote un peu, puis on se couche. Le décalage horaire est là, il fera jour demain.

Bonne nuit à tout le monde. Hélas, Youen débute une turista, Emerik une allergie à l’anti-moustique. Pauvre petit bonhomme. Il n’échappera pas lui non plus à la turista. Je ne résiste pas à son analyse de celle ci. Je dois prendre des médicaments, car mon « caca » est cassé.

Nous partons malgré tout à l’anse à la barque. Youen commence ses trois semaines de plongée. Ah l’eau est plus chaude qu’aux Canaries. Heureux, il est heureux, mais le serait encore plus s’il pêchait, l’eau est trop claire sans doute.

Notre petit fils a bien changé depuis un an. Un vrai moulin à paroles. En plus il est en pleine crise du non. Cela nous rappelle nos croisières avec les enfants. Il demande une grande attention. Un peu bernique avec son papa au début, il reprend ses marques avec nous, il passe beaucoup de temps dans l’eau, on sent bien qu’il s’y sent à l’aise. Il plonge avec papa et papo et fait la grenouille avec mamé, plus près du bord dans la petite mer (mer calme) rame avec papo.

Nous remontons la côte sous le vent jusqu’à l’anse Deshaies car aux iles Pigeon, réserve, il y a plus de plongeurs que de poissons. En revenant peut être, tôt le matin. Youen plonge, plonge, il se régale, mais toujours pas de poisson à bord. Il ne comprend pas. Il récupère une flèche à la côte. Et Miracle, il pêche 2 poissons.

Trois semaines c’est court, et nous voulons absolument aller aux Saintes. On redescend en s’arrêtant à Petite Anse. Les fonds sont beaux. JM a un problème de sinus. Nous allons à la plage avec notre petit chenapan. On se moque un peu de lui, Emerik tu fais le mérou! Non ! Par contre, il se comporte comme un vrai moussaillon, aucun souci dans la grande mer, comme il dit, ni dans le canal, Guadeloupe-Les Saintes, sage comme son oncle et son papa petits. Il sait bien quand on ne peut pas s’occuper de lui.

Il marche comme un chef, en faisant un peu le coquin au fort Napoléon. Nous avons une vue superbe. Nos journées sont réglées, Baignade pour nous, plongée pour Youen. Le galurin se dépense tellement qu’il fait 2 siestes par jour. Les moustiques le laissent tranquille , au mouillage il y en a peu. Le dernier jour, Notre fils se paie un bronzage shorti, très original, un peu rouge quand même qui nécessitera une crème pour les brûlures. Et dans une eau à 28 ° on ne se rend pas compte.

Nous revenons à la marina pour qu’ils profitent un peu du tourisme sur Basse Terre. Nous allons aux chutes du Carbet, qui nous accueillent sous des trombes d’eau, impossible d’y monter, les gens qui reviennent sont à passer à l’essoreuse. 2 jours après ce sera possible, les hommes profitent d’un bain chaud à 30 ° et à la suédoise, d’un bain froid. Emerik s’y refuse absolument, et retourne au bain chaud, chouette balade dans une forêt humide, très luxuriante.

Le lendemain, temps incertain, nous allons au zoo des mamelles avec accrobranche en face ? Vu que le temps est vraiment pluvieux, nous ne disons rien à Emerik. La surprise ne sera que meilleure. Je dois dire que je n’ai jamais vu un zoo aussi bien conçu. Bon, il y a le climat, la forêt est arrosée, les animaux nous paraissent heureux. L’aménagement se fait au milieu des arbres, la volière paraît naturelle, on distingue à peine le grillage. Seuls les singes paraissent dans un environnement moins naturel, avec des vitres. D’ailleurs Emerik fait une réflexion qui nous fait rire et penser qu’il nous écoute quand on lui fait une remarque. Mamé, Papa, le singe, il fait le Mérou…

Puis dernier bain, dernière plongée récréative dans la grande mer, balade avec Papo sur les jeux qui longent la plage, valises à faire pour contenter nos proches et vider un peu les équipets du kan er mor puis départ pour l’aéroport de pointe à Pitre avec pleins de bons souvenirs dans les têtes.

Quelques navigations le long de la côte sous le vent et aussi bien sûr visite de quelques sites sur les hauteurs : le zoo, la chute du Carbet, grosse corde, les bains jaunes …

Nous nous sentons bien ici en Basse terre. Ce ne sont pas les ballades qui manquent. Le long de la côte sous le vent, le bord de mer est plus sec, la végétation différente sur les hauteurs.

Mais originalité des rencontres, JM aide notre voisin à amarrer son bateau et nous voilà gardiens de leur villa et de la ménagerie Le Braz, petit intermède terrien, à Trois Rivières dans un cadre idyllique, les Saintes à l’horizon, un jardin comme je les aime, sauvage, avec une variété de palmiers des cocotiers et une liane qui donne les graines œil de bœuf.

Chez-Marie-et-Pierre-les-Saintes-tout-au-fond

Chez-Marie-et-Pierre-les-Saintes-tout-au-fond

un-des-gardiens

un-des-gardiens

 

 

 

 

 

 

 

Que-fait-il ?

Que-fait-il ?

Râpe-de-la-noix-de-coco

Râpe-de-la-noix-de-coco

Nous n’allons pas vous narrer toutes nos randonnées, mais essayer de vous donner un aperçu de cette immense montagne qu’est la Basse Terre. Elle culmine au sommet du volcan actif de la Soufrière à 1467 mètres, le plus élevé des petites Antilles. Ce massif est en partie couvert d’une forêt dense et riche, or lors de notre ascension de la Soufrière en 1982, nous avions le souvenir d’une montagne pelée, désertique, lunaire, l’éruption de 1976 n’était pas loin.

L’île aux belles eaux, c’est très rare qu’en ballade on n’accède pas à une chute d’eau, un bassin, de nombreuses rivières.

Du bord de mer aux cimes, quatre zones se succèdent : la végétation sèche du littoral, la végétation humide du littoral ( mangrove et forêt marécageuse), la forêt dense et humide, la végétation d’altitude au dessus de 1000 m d’altitude.

La forêt dense est la mieux conservée des petites Antilles, pour mieux la sauvegarder, une partie du massif forestier a été classée Parc national en 1989.

Un réseau de 2OO km de sentiers appelés « traces » facilite le contact avec la nature. Ces traces ont été ouvertes pour pénétrer au sein d’un milieu hostile, mais plein de ressources, par les chasseurs et soldats qui furent les premiers à explorer le massif de basse terre. Les esclaves en fuite y percèrent plusieurs pour rejoindre les camps clandestins où ils se réfugiaient. L’une d’elle appelée trace des contrebandiers servaient au trafic du rhum et du tabac.

En forêt tropicale humide, ce qui frappe le plus c’est l’enchevêtrement spectaculaire de lianes qui montent vers la lumière et les plantes épiphytes, ces centaines d’espèces de plantes suspendues utilisant le support des arbres et de leurs branches pour se développer, auxquelles elles sont accrochées, sans jamais se nourrir des arbres sur lesquels elles reposent, mais je préfère dire qu’elles s’enlacent,se délacent, se prélassent avec volupté et en très bonne harmonie, et je me mets à rêver que les hommes pourraient en faire autant. On y trouve l’ananas-bois, les siguines, le tillandsia, certaines orchidées, et la reine de cette forêt, c’est la fougère, 270 espèces quand même. On rencontre aussi des orchidées, surtout la Spathoglottis plicata originaire d’Asie, violette. Il y aurait 9O espèces. Ici tout est gigantesque, philodendron, caoutchouc, mangle . Les arbres ont un réseau de racines impressionnantes  qui affleurent le sol, de vraies sculptures , qui très souvent nous servent de marches pour grimper vers les sommets. Celles du gommier rouge, à l’écorce aux superbes teintes , sont très fournies et importantes et l’arbre est souvent loin du sentier, il faut dire que la nature fait bien les choses car il faut s’accrocher pour tenir sur ce terrain, pentu, la pluie ravinant, sans parler du vent.  D’ailleurs après, une  forte  pluie, une onde tropicale forte, la trace  nous montre un visage différent, (arbre, branches jonchant le sol boueux, érosion du sol) l’entretien est énorme, les traces peu entretenues. Quelquefois, sur le sentier, une plante épiphyte est tombée, souvent énorme et en évaluant le poids, on se dit que cela aurait pu faire mal. La forêt tropicale humide est muette,on entend quand même le « toto bois » ( un pic noir, endémique à la guadeloupe)  les bruits commencent à la tombée de la nuit. Seule la forêt des mamelles nous a accueillis avec une belle musique.

On fait souvent de l’acrobranche ou de l’acroracine, mais que ne ferait- on pas pour arriver au sommet et le plaisir d’un bon bain frais dans un bassin, où l’eau d’une cascade arrive après deux heures d’effort. Cela efface les efforts et on redescend, en pleine forme.

Parfois, après une période de pluie, sur ces traces, nous rencontrons des insectes pas très sympas. Il faut dire que les moustiques de toute façon sont présents toute la journée, mais plus particulièrement la nuit et le matin. Dans la journée, ils nous laissent à peu près tranquilles. Ils préfèrent certains individus. Je suis de ceux là, mais cela arrive à JM de se faire câliner par eux. Le soir, Safari aux moustiques. Rien n’y fait. J’ai tout essayé huiles essentielles, piège à eau sucrée, produit anti-moustique et pour finir bombe raid, aucun effet. Moustiquaire sur les panneaux, condamnant la couchette, Torpen entrant et sortant sans arrêt, les moustiques rentrent, sans souci. Une caissière nous disait, ce n’est pas la peine, ils sont devenus résistants à ces produits. Vous les parfumez.

Nous sommes tous piqués, mais deux fois ont été difficiles à supporter. Lors de la promenade des étangs, c’est JM qui a eu leur honneur et Lors d’une marche de 7 heures, après une onde tropicale, la descente a été pour moi, « piquante ». Là ce ne sont pas des moustiques, mais des mouches café. En marchant sur les feuilles mouillées, je les ai « réveillées » et elle se dont données à cœur joie : JM me disait le soir, elles ont oublié de mettre «  découper, suivant le pointillé ». Seul souci, c’est que cela gratte et s’infecte, et les traces sont encore là ,après plus d’un mois.

De décembre à juin, lors de nos promenades, nous ne voyions que peu de fleurs , mais de juin à décembre, les fleurs sont plus nombreuses.

La vieille dame

Les Gwadas ne comprendraient pas que je ne parle pas de leur vieille dame, la Soufrière. C’est le volcan le plus emblématique des Antilles dont la dernière crise sismo volcanique date de l976-77

Le point culminant des petites Antilles à 1467 mètres, c’est l’un des volcans les plus actifs de la région. Celle qu’on appelle la vieille dame est pourtant de constitution récente : Elle connaît depuis 13 OOO ans des crises éruptives régulières toutes phréatiques, c’est à dire concrétisées par de violentes émissions de vapeur, de cendre et de roches sans apparition de magma en surface. La première éruption décrite date de 1696, la dernière qui dura 8 mois de juillet 76 à mars 77, fut une des plus violentes qui provoqua l’évacuation de 70 000 personnes. La vieille dame est sous haute surveillance. En s’y promenant on aperçoit des stations d’observations permettant d’étudier les déformations géographiques, d’être à l’écoute de son activité sismique et de connaître les modifications chimiques des gaz qui circulent à l’intérieur du volcan. Comme je le disais plus haut, nous y sommes montés en 1981 et nous avons le souvenir d’une montagne pelée, sans végétation, un petit désert. Aujourd’hui, lors de notre première ascension au mois de juin 2O16, sous la pluie et vent, nous avions une végétation sur la grande faille avec des sphaignes marrons dorées, alors qu’au mois de septembre, ces même sphaignes sont vertes. Cette deuxième ascension s’est faite alors que la soufrière nous montrait un visage très ensoleillé, ce qui loin d’être toujours le cas. En passant par le col de l’échelle, nous avons vu le gros rocher fendu, reste de l’éruption de 1976. Nous avons ce jour une vue magnifique sur les Saintes, la Dominique, Marie Galante et même Pointe à Pitre. Nous avons pu admirer les ananas sauvages rouges ou jaunes, les orchidées violets ou blancs, les lycopodes, les algues filamenteuses qui sont apparues il y a 550 000 millions d’années de couleur verte à l’origine, elles virent à l’orange par accumulation de carotène, . . Elles colonisent les pierres, les écorces.

.JM termine cette randonnée, aux bains jaunes, par un bain sulfaté et sulfuré aux propriétés anti-rhumatismales , rien que cela.

Bien entendu, nous faisons ces ballades surtout pendant la saison cyclonique, en écoutant la météo, aujourd’hui, le 7 octobre 2O16, nous en sommes à 39 alertes d’ondes tropicales. Une seule pour l’instant a été forte avec des rafales de vent à 16O Km/h en Martinique, en Basse Terre, de fortes pluies, du vent, mais pas plus que lors de nos tempêtes Bretonnes, par contre, pendant quelques jours nous avons eu une très forte houle avec une alerte orange. Hier et aujourd’hui, nous avions donc la trente neuvième alerte, mais finalement, rien de bien méchant, si ce n’est de fortes pluies, et de ce fait , un bien être, avec une diminution de la chaleur.

Nous profitons de ce temps hivernal pour visiter, le parc botanique de Basse Terre, rien de bien marquant, peu d’espèces, mal entretenu, par une armée d’employés très peu motivés.

Par contre le parc botanique de Deshaies au nord ouest de l’île est magnifique, bien entretenu, il offre plus de mille espèces végétales, sans compter une  grande richesse au niveau arbres.

Guy Blandin pépiniériste passionné a ramené de ses voyages aux quatre coins du monde, des graines qu’il a fait germer dans sa propriété de près de 7 hectares. Il faut savoir que plus de 5O % de la flore n’est pas endémique en Guadeloupe. Coluche achète une partie de la propriété. Un de ses amis Pépiniériste implante en Guadeloupe une pépinière pour alimenter son entreprise parisienne. Le 18 juin 1985, Coluche demande à cet ami, Michel Gaillard de s’occuper et d’entretenir sa propriété en échange de terre pour agrandir sa pépinière. Un an plus tard, Coluche décède. Michel Gaillard rachète la propriété en 1991. S’en suit l’idée d’y réaliser un jardin pour faire profiter le plus grand nombre de la richesse de cette flore. La réalisation de ce parc mettra 11 mois avec 45 employés, tous de Deshaies. Architecte Didier Rouselle, concepteur Michel Gaillard. Ouvert en 2OO1, sur un parcours d’l,km 5, bien conçu, car il permet de voir toutes les espèces qui sont identifiées, il offre un vrai régal de fleurs tropicales : bougainvilliers, rose de porcelaine, orchidées, fleurs de balisiers, une grande variété de fougères, bambous, sans oublier des arbres remarquables : baobab, Mapou, Gommier, arbre à Saucisson, arbre à pain, Palmiers, Bonnet de l’évêque, arbre à canon etc. Une initiative privée, un parc entretenu. Un vrai moment de bonheur pour qui aime la flore.

Cette  longue escale en Guadeloupe nous permettra de mieux connaître les Guadas, d’apprécier leur cordialité, d’approfondir leur façon de vivre : pique nique dominical dans les carbets, papotage en prenant le bain à Rivière Sens, souvent avec chapeau et lunettes de soleil, nous participons je l’avoue à Radio plage lors de nos longues baignades.

Les Antilles

 

Après quelques mois d’interruptions, nous sommes actuellement et depuis 5 mois en Guadeloupe. Le bateau est sagement amarré à la marina de rivière Sens, près de Basse-terre et nos navigations se limitent à Pointe à Pitre pour le carénage, et les admirables îles des Saintes. Pourquoi cet arrêt ? Et bien Monsieur a dû se faire opérer d’une double hernie inguinale, rien de grave mais qui pourrait l’être lors d’une grande traversée. Cela nous a pris 3 mois, 1 mois de pré opération (toubib, radio, analyse de sang …) et 2 mois de convalescence. Ensuite ce fut le tour de Madame, quelques vertiges au matin et la suite de contrôles et d’analyses négatifs. Nous avons aussi appris que Madame avait été « zikatée », on s’en doutait sans certitudes tellement les symptômes ont été discrets, petite fièvre, quelques boutons et douleurs articulaires pendant 2 à 3 jours. Et puis l’île est tellement belle, la plage à toucher la marina, de belles marches comme on les aime dans la « montagne » et actuellement je tape le blog dans une petite villa avec piscine, prêtée par des amis absents pendant une quinzaine de jours, avec en toile de fond la mer ou plutôt le canal des Saintes strié de petites déferlantes et les Saintes posées sur la mer comme des bateaux à l’ancre, la vie de marin n’est pas toujours dure. Mais revenons à nos moutons, début Décembre dernier nous quittions la Guyane depuis St Laurent du Maroni.

maroni, crique Coswine       

                                                     Avant le départ sur la crique Coswine

Voilà c’est décidé, nous partons le jeudi 10 décembre de St Laurent du Maroni. 6 heures de descente du fleuve, mais nous nous arrêterons à la crique Coswine à mi chemin, et mouillons par 6 mètres de fond, au milieu de la rivière. Bain, préparation du bateau pour la petite traversée Guyane- Tobago, un peu plus de 500 milles. La nuit tombe vite en Guyane, rapidement noz dal (nuit noire) nous traînons , écoutant les bruits de la forêt, devant un petit verre de rosé bien frais. Ah le bonheur d’un frigo tant attendu ! Tout à coup, je dis «  tiens un bateau arrive, gonflé quand même « .

Oh avec les cartes numériques, maintenant me dit JM, pas de problème..puis, mais c’est drôle, un autre bateau, puis un autre, soudain, une idée légumineuse , comme dirait Lucien Gourronc lui vient: On chasse met le sondeur en marche: 12 mètres, on chasse!, nos bateaux étaient en fait les lumières du Surinam cachées au départ par le coude de la rivière. Bonne blague, on culait bien. C’est vrai qu’il y a un fort courant. On remouille plus près du bord.

crique coswine

Le lendemain, nous terminons la descente à 5 nœuds et sortons du Maroni à 11 h 30, vent faible mais portant. Au départ nous croisons beaucoup de petits bateaux de pêche Surinamiens dans des fonds de 10 à 50 mètres et avons hâte de retrouver les fonds de 100 m. parce que la nuit, ces bateaux ont des feux très variés souvent clignotants de diverses couleurs où des lampes torches où carrément éteints, bref un autre monde. Le vent reste faible et à ce rythme là, me dit le Captain, on va mettre 8 jours, puis le vent, les grains arrivent et on avance de nouveau bien.

 

Nous apercevons Tobago le mercredi 16/12, vers 16 heures. Les nuages gris semblent s’accrocher sur les hauteurs de l’île, Nous arriverons de nuit, on ne va pas dire que nous aimons cela, mais la lune est pleine. On préfère. JM s’affaire sur l’IPAD, eh oui, ce n’est plus la table à carte. Il y a un phare sur les îles du Nord que nous devons contourner, un autre à l’entrée de la baie de Charlotteville. La nuit tombe et toujours pas de phare, de plus le sondeur n’indique pas la même profondeur que sur la carte, 100 mètres sondés au lieu des 200 mètres sur la carte, JM sort l’ordinateur, même problème avec d’autres cartes nautiques. Le captain n’aime pas cela, il faut faire confiance au sondeur. Nous débordons largement Marble et St Giles island dans une mer formée puis après North point trouvons un peu de tranquillité à l’entrée de la baie

Vers 21 heures, on mouille  devant Charlotteville par 18-20 mètres de fond, devant une rangée de gros projecteurs qui, nous l’apprendrons ensuite, éclairait le stade de foot local, sans avoir vu de phares et le sondeur était bon. Nous notons pas mal d’erreur sur les cartes Inavix.

C’est bien sympathique ce petit roulis après une petite traversée où ça roule toujours. Torpen va faire un tour sur le pont, revient avec un poisson volant. Elle est pas belle la vie? Cela change de l’ordinaire, car les croquettes brésiliennes, bof! Nous fait-il comprendre, c’est pas cela.

A travers les vitres du dock house, nous admirons cette baie de nuit, avec des lumières ici et là sur les hauteurs. Le matin nous découvrons une baie splendide avec des hauteurs de 300 mètres, plongeant dans la mer, très boisées et c’est vert: il doit pleuvoir. Serions nous à la saison des pluies? Les maisons sont très colorées, coquettes, de belles petites barques de pêche sortent vers l’entrée de la baie. J’en compte bien une cinquantaine au mouillage. Cela change de la Guyane, les habitants de Charlotteville sont tournés vers la mer.

Ce n’est pas le tout, mais il faut faire les papiers. Nous nous heurtons à un bureau fermé. Une dame nous dit, je ne sais pas quand ce sera ouvert, dans une heure peut être ? Nous partons faire un tour du village, la banque ne lit pas notre carte bancaire. Nous trouvons le marché aux poissons, mais sans Titis(monnaie locale) nous regardons. Nous retournons voir l’immigration et la douane: nobody. On reviendra cet après midi. L’espoir fait vivre, sans trop y croire. Après un bain rafraîchissant, il fait 28 °, cela se sent, surtout la nuit, plus facile de dormir qu’en Guyane, nous sommes reçus par une dame à l’immigration. Comme le bureau de la douane est fermé, elle appelle le douanier. Ils parlent anglais, c’est plus facile pour nous.

Le douanier arrive, nous souhaite la bienvenue, c’est 44 dollars: Vous pouvez payer en Dollars US, car le distributeur ne fonctionne pas, et si vous voulez je peux changer vos dollars en Titis. Original certes, mais nous prenons. Nous remercions. Il nous dit, attendez, je vais vous montrer ce qu’il y a à voir ici. De mieux en mieux. Un douanier, office du tourisme et distributeur de Titis c’est pas mal.

En face de son bureau, le cimetière ( oui je sais les enfants) comme nous les aimons, de simples butes herbeuses, sur une pelouse à flanc de colline avec de grands cœurs en fer, le nom, la date de naissance, celui du décès: un arbuste sur l’une, sur l’autre, une canne à pêche, plus bas le long du port 2 ou 3 petites épiceries assez peu achalandées, et quelques bars et restaurants.

Pélikans et fous de bassan pêchent dans la baie.

Sur les conseils du douanier, nous profitons du soleil entre deux grains pour faire une ballade sur les hauteurs de la petite ville. Très pentues, la vue est magnifique. De là haut, nous voyons les îles sur lesquelles nous avons atterri. Nous ne voyons pas de phare, encore une erreur sur la carte. Nous revenons au village, les Gallinacés sont en liberté.

Pas d’Opela au mouillage, un mail de Kévin, son sympathique capitaine nous informe que les festivités de fin d’année auront lieu à Grenade.

Nous voilà le 21 /12, Noël arrive et nous devons retrouver la flottille de langue anglaise, rencontrée au Brésil. Nous partons de nuit. Mr Grib a pour une fois raison, le vent est là, les grains aussi. Nous faisons la veille tous les deux car il y a des cargos et surtout des bateaux de pêche. Leur signalement est bizarre. Nous arrivons vers 12 heures le lendemain en vue de Grenade, et un grain se profile. JM râle car le chenal d’entrée est entre les pâtés de coraux. On ne trouve pas les bouées d’atterrissage, et pour cause, il n’y en a pas. Encore une erreur sur la carte. Je scrute et j’aperçois les bouées du chenal, toutes petites, il faut vraiment arriver dessus pour voir le chenal, nous sommes de jour et au portant.

Nous entrons et mouillons à côté d’Opela. Une fois dans la baie de Mount Artman bay, nous sommes bien à l’abri de la houle, bien que sur la côte au vent.

Depuis les Canaries, notre source de renseignements dont nous avons besoin (cartes routières, ravitaillement, gazoil, bus etc..) n’est pas un office de tourisme, mais le bouche à oreille. Mais si Kévin, le sud africain est dans le mouillage, c’est lui notre homme. Il sait tout . Nous allons le saluer. Il nous donne une carte, nous dit qu’il y a un minibus qui nous amène chez le shipchlander, un autre au super marché, une dame vient le mercredi avec des produits fermiers. A la marina avec chaque boisson on a un ticket pour 8 heures de Wifi, de 18 h à 18 h 30, la bière est moins chère. Douche, laverie, eau, moyennant finance. La marina nous offre ses services. Tous les bateaux s’arrêtent au sien, une vrai source d’information.

Nous fêterons les fêtes de fin d’année avec de nombreux équipages connus et inconnus. Barbecue, salade, bien arrosé de bières. C’est la boisson internationale. Je ne passe pas inaperçue car je suis la seule à ne pas en boire. Je ne rechigne pas sur le vin sud africain de Kévin.

La saison des pluies est toujours là, mais pour le tour de l’île organisé par Romy (Sud africaine) il fait beau. Nous visiterons un jardin d’épices et d’herbes. Nous verrons le Téobroma cacao, avec lequel on fait le chocolat, la liane qui donne la vanille, l’arbre dont l’écorce produit la cannelle. Nous découvrirons d’autres fruits que nous apprécierons moyennement. Le chauffeur nous arrête pour visiter une rhumerie, la troisième que nous visitons, très différente des 2 autres. Nous ne pouvons acheter que du rhum-chocolat, ce qui fait douter le bateau autrichien de la production de rhum.

Nous finissons notre périple par la visite d’une chute impressionnante. Les habitants sont cordiaux, vivent du tourisme, un peu de pêche, mais l’île est peu peuplée. Par contre, les Etats Uniens sont là avec leurs maisons énormes et leurs dollars.

Nous continuons à remonter vers Cariacou, petite île qui fait partie de Grenade. Nous y ferons notre sortie.

Petite île à échelle humaine, jolies baies, mer bleue à 26 °, randonnées à travers la montagne. Nous rencontrons beaucoup de chèvres en liberté ainsi que les gallinacés. Ce doit être une habitude aux Antilles et sur une douzaine d’oeufs, la moitié est à jeter… Par contre, il y a beaucoup de poussins…Dans les îles anciennement anglaises, on trouve peu de chose en approvisionnement, mais il y a du vrai pain. Cela faisait longtemps. Les pêcheurs viennent nous proposer langoustes et poissons au mouillage, pour un prix modique. Du pain-beurre avec une langouste et un petit vin blanc du chili (très cher, par contre) un vrai régal.

Coucher de soleil sur Tyrrel bay

Nous retenons une place pour début mars au chantier, des retouches des œuvres vives ( sous la flottaison), mais Youen et Emerik arrivent le 31 janvier, il faut remonter.

Mouillage de Tyrrel bay

Le 15/12, nous partons de nuit vers 1 H 3O pour arriver à Fort de France, le 16 janvier . Même chanson antillaise, vent, grains, calme, puis vent.

L’ancre, attachée à l’avant menace de décrocher dans une mer formée. Je file à l’avant car je ne veux pas que JM fasse trop d’effort, une hernie inguinale se pointe, mais au près c’est difficile, elle est lourde la vilaine, mais je ne lâcherai pas. Je demande à JM de mettre sous pilote et de venir à l’avant avec un bout. Ma voix devait être ferme car il arrive rapidement. Je suis un peu blessée à la main, mais j’ai récupéré l’ancre. Un ou deux stéristrips et l’affaire est classée.

Nous mouillons au pied du fort St Louis à Fort de france. Comme d’hab, nous devons allons faire les papiers d’entrée. Il semblerait que ce soit chez le shipchlander… Pourtant deux français nous ont dit que la France c’est casse pied pour les formalités, les autorités nous embêtent tout le temps, nous n’y allons plus. Bon, nous allons voir.

Antilles : Mouillage de Fort de France

Mouillage de Fort de France

Antilles : Voilier paquebot au départ

Voilier paquebot au départ

Pas trop hardis, nous rentrons dans la boutique et demandons d’une voix hésitante: c’est pour les papiers d’entrée s’il vous plaît . Une gentille jeune fille nous dit: Pas de problème, l’ordinateur est là, vous remplissez, et je signe. Ce soir je dépose le double à la Douane. Nous sommes «baba» Pour être simple, c’est même extra simple. Idem pour la sortie. Mike et Sheila que nous rencontrerons aux Saintes, trouvent aussi que pour le coup, les îles françaises c’est cool les formalités.

Quels sont les Bretons qui ne voulaient s’arrêter qu’Aux Saintes, vu l’accueil reçu en l982. Là encore, nous sommes agréablement surpris de l’accueil des Antillais. Dans les administrations, au marché, dans les supermarchés, boutiques, lors de nos randonnées. Cela nous réconcilie avec les Antilles Françaises.

Bien entendu, comme chez nous il fallait bien des originaux, ce sera les employés de S.F.R. Nous voulions acheter une carte sim pour internet, afin de l’avoir du bateau, comme en Guyane, ici, aucun employé n’a réussi à la faire fonctionner. 20 € pour rien. Merçi SFR.

L’escale en Martinique sera courte, car il nous faut monter en Guadeloupe. Nous nous arrêterons malgré tout à St Pierre, ancien grand port qui échangeait avec Haïti et dispatchait les marchandises dans toutes les Antilles et vers la métropole. C’est l’époque du carnaval et un défilé très coloré vient égayer la ville. En 1902, l’éruption de la montagne Pelée fera 3O OOO morts et détruit St Pierre en quelques minutes. Cœur du monde créole, Fort de France devient la seule capitale économique et administrative de l’île.

Prochaine étape la Guadeloupe

La Guyane

Après la sortie du fleuve ParaÏba et une traversée d’environ 1800 miles, un peu agitée aux dires de Torpen, les moyennes journalières sont bonnes, plus ou moins 150 miles par jour. Il faut dire qu’un courant nous aide bien et tant mieux, car le Kan er Mor aurait besoin d’une petite toilette.
Nous longeons les côtes du Brazil, au large de Natal, Belem et repassons dans l’hémisphère Nord au large de l’Oyapok fleuve frontière entre la Guyane et le Brésil. La mer bleue passe au vert, et avant la couleur café au lait, JM prend un bain.
Au matin du 3O septembre, j’aperçois l’îlet la mère, le père, les mamelles situées à l’entrée du port. Nous échouons dans la vase devant l’îlet la mère, en attendant la renverse du courant, avant d’embouquer le chenal de Dégrad des Cannes, principal port guyanais, 34 ans après notre premier séjour en Guyane. Il y avait un départ de fusée à Kourou à notre arrivée, rien vu, ni entendu. Sans doute, les ans en sont la cause..

Dans les blogs de certains navigateurs, sur certains pontons, il se dit que la marina de Dégrad des Cannes c’est nul, que les « résidents » de la marina ne sont pas sympas… Nous nous arrêtons malgré tout, attendant 2 colis de Bretagne. ( les ennuis commencent, pour les colis), merci Marion de nous les avoir récupérés.
Nous sommes super bien accueillis, nous avons vite tous les renseignements nécessaires. La marina est pleine, mais de toute façon, nous préférons mouiller, beaucoup de courant, de vent, et les pontons bougent. Nous retrouvons les « Galopin », qui nous font profiter d’une voiture pour le premier plein de vivres et une visite au zoo. Bon, c’est loin de Cayenne, des premiers super marchés, mais le stop fonctionnera super bien.

Patrice nous prête des guides sur la Guyane, Alain nous propose avant de se rendre à Stoupan d’aller au super marché avec lui Nous le suivrons sur le Mahury car les bouées du chenal sont un peu baladeuses. Que font les phares et balises guyanais ?

La Guyane c’est la forêt, envoûtante, avec ses bruits, ses criques, les papillons, les palétuviers, et des centaines voire plus d’arbres dont nous ignorons le nom . N’oublions pas les moustiques, les taons, les nonos, les tiques …mais l’arbre qui nous impressionne le plus, c’est le frangipanier (cerba pentandea) il peut atteindre 5O m de hauteur, il domine la canopée. Il produit des fleurs blanches en janvier, alors qu’il a perdu ses feuilles, il ne fleurit pas tous les ans. Les graines sont protégées par un duvet de fibres : le kapok. Eh oui, j’ai encore appris quelque chose. Voilà pourquoi il est si cher, mais je doute que celui qu’on peut acheter à Vannes soit guyanais.
Nous remonterons la crique Gabriel à la rame pour regarder, écouter,nous rappelant une certaine chasse aux papillons, un chavirage en pirogue, il y a déjà longtemps. Nous admirons les fleurs aériennes, mais éphémères du cacaoyer (tébroma cacao) présent à l’état sauvage dans la forêt amazonienne. Les fruits appelés cabosses renferment des fèves que l’on sèche, torréfie, elles sont orangées à maturité, et poussent à même le tronc comme le papayer, contrairement au Cacao rivière que nous trouvons sur les bords de la crique, leurs cabosses sont marrons. Il y a eu des plantations sur ces rives, qui sont maintenant abandonnées.

Lors de nos ballades en forêt, nous verrons des paresseux, des singes tamarins, des morphos, des colibris, des ibis rouges, pas faciles à photographier. Le long des fleuves et sur la côte, quelques oiseaux marins.

Nous voulions voir les oiseaux de la mangrove de Monjoly, près de Cayenne, hélas c’est la saison sèche et le marais est vraiment sec, mais nous aurons la chance d’assister à l’éclosion d’adorables tortues olivâtres.

Après une randonnée botanique, sur le sentier Trésor, nous apprendrons à reconnaître quelques arbres, plantes, mais je ne résiste pas à donner leurs noms créoles : arbres à boulet de canon, Marie derrière l’hôpital ou Marie crabe, le bois diable, le bois canon etc. Je récolte quelques graines: gousse de ti canot macaque, peignes macaques, des yeux bourriques, œil de bœuf.

Nous louons aussi pendant une semaine une voiture, ce qui nous a permis de visiter d’autres parties de la Guyane : Cacao et son village Mhong, Kaw et ses marais, Kourou et bien sûr Cayenne.

Une dernière corvée nous attend et qui ne peut attendre vu la densité de coquillages divers (huitres, balanes, moules …) collés sous la coque et qui ralentissent considérablement le bateau, le carénage.

Nous ne pouvons pas parler de la Guyane sans évoquer la déportation .

A l’issue de la guerre de 7 ans contre l’Angleterre, la France perd beaucoup de colonies. Le duc de Choiseul choisit la Guyane comme plate-forme de la reconquête de la suprématie française. En 1763, on décide de faire venir 12OOO européens pour assurer la défense et la mise en valeur des terres françaises : l’expédition de Kourou, très mal préparée. C’est un échec total, 11000 colons sur 14000 vont périr,( faim, maladies) les survivants se réfugient aux iles du diable, rebaptisées île du Salut. Cet échec fut à l’origine de la mauvaise réputation de la Guyane. L’abolition de l’esclavage en 1848 sonnait le glas de la main d’oeuvre à bon marché. L’exploitation agricole des jésuites à Loyola, près de Cayenne, employait plus de 5OO esclaves, exploitation pour financer leurs missions. A son apogée, Loyola, 12OO ha produisait cacao, café, coton, tafia, rhum, sucre, mélasse.
Nous comprenons mal d’ailleurs, pourquoi, il y a eu une production agricole lors de l’esclavage, lors du bagne et que de nos jours, seuls les Mhongs assurent presque toute celle ci, pas ou peu de pêche.
Déjà en 1791 un médecin, parle des moyens de mettre la Guyane en exploitation, apparaît alors, le premier projet de « colonie pénitentiaire, inspirée des principes de colonisation anglaise.
La France décida en 185O d’assainir les ports de Brest, Rochefort, Toulon dont les pénitenciers étaient surchargés. En optant pour la déportation, l’état français pensait satisfaire les besoins économiques de la Guyane, tout en oeuvrant à sa colonisation. Cette idée de colonisation par les bagnards s’achève rapidement car la III ème république instaure un régime répressif à l’égard des malfaiteurs. 1852, première arrivée de bagnards à Cayenne. Rappelons que le doublage obligeait les prisonniers à demeurer sur le territoire guyanais, en fait, sur 7O OOO déportés, à peine 3OO s’établissent en Guyane ( mort, évasion) On crée de nombreux bagnes, St Georges, à la montagne d’argent, Mana, îlet la mère, îles du salut, St Laurent du Maroni, le bagne des Anamites.

L’enfer vert du bagne n’est pas une image, leurs conditions de détention étaient difficiles. Les 3 ème classes travaillaient en forêt, travail difficile, peu à manger. Un médecin de St Laurent du Maroni, disait, que suis-je venu faire dans cette galère, je ne puis que constater les conditions d’une mort lente.
Les 2 ème et lère classes étaient privilégiées, commis de cuisine, infirmier, garçon de maison .
les fortes têtes, les récidivistes étaient internés sur l’île St Joseph dans des cellules de 3 m sur 2, à ciel ouvert, le bagnard était exposé à un soleil de plomb ou à des pluies tropicales. Les chemins de ronde sont situés au-dessus des cellules pour surveiller les détenus 24/24 h. Lorsqu’un homme rentrait dans ces cellules, le condamné ne devait plus parler, ne sortait plus de ces 4 murs pendant tout le temps de sa peine.Les condamnations allaient de 6 mois à 6 ans. Beaucoup se suicidaient, d’où la surveillance.
L’île du diable était réservée au début aux lépreux, (avec l’îlet la mère,) puis elle fût réservée aux condamnés politiques, comme Dreyfus, Ullmo, puis à une trentaine d’exilés pendant la guerre 39-45
jusqu’en 1965, on pouvait voir le câble qui reliait l’île du diable à l’île Royale pour envoyer des vivres à Dreyfus.

 

Après 34 ans, nous revenons mouiller aux îles du Salut, une bonne impression, certaines constructions ont été restaurées ou des mesures conservatoires ont été prises. Un petit môle a été construit sur l’île royale et nous abrite un peu de la houle.

 

La Guyane de 1981 et celle de 2015 sont bien différentes. Nous ne ressentons pas ce racisme vis-à-vis de nous, nous ne faisons que passer c’est vrai.
La Guyane qui signifierait « sans nom » en dialecte Guano. La Guyane est le nom que les Indiens auraient donné à la forêt.

Le plus vaste département français. 229 OOO habitants en 2OO9. 30 % de la population serait étrangère et 50 % a moins de 25 ans. On parle le français, créole guyanais, 6 langues amérindiennes, 4 bushinengés, sans oublier les langues de migrations : créole haïtien, portugais, anglais, hollandais, espagnol, hmong, chinois, javanais etc…

Nous finirons notre séjour sur ce territoire d’Amérique du Sud, par St Laurent du Maroni. Nous y sommes accueillis par David et son équipe dans la marina ( corps mort ) SLM. Nous nous apercevons vite que David est navigateur et conscient de nos soucis de vie quotidienne. Les prix sont corrects, de nombreux services sont possibles, y compris recevoir des colis sans payer deux fois les taxes ( TVA et octroi de mer) seule la remontée du Maroni est longue, mais agréable. De nombreuses criques sont à remonter, visite enrichissante du pénitencier, réhabilité vers des objectifs culturels. Nous remarquons, que contrairement à ce qui se dit en France, les Surinamiens ne sont pas mal venus à St Laurent. Lors de la révolte des sergents, il y a même eu des constructions pour endiguer ce flot de réfugiés politiques, et à notre avis, c’est incontournable. Il y a sûrement des trafics, mais on ne voit pas beaucoup de contrôles… C’est la Guyane.
Les brûlis sont interdits, mais au cours de nos visites à l’intérieur, nous ne pouvons que constater, le non respect, autre entrave à l’écologie, la centrale thermique de Dégrad des Cannes qui fume jour et nuit, jouxtant un champ de panneaux solaires ! C’est la Guyane.

Notre escale Guyanaise nous laisse un très bon souvenir, les relations avec la population locale s’étant grandement améliorés depuis notre précédent passage en 1981, La prochaine étape Tobago et nous l’attendons ses eaux claires.