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Peindre le mouvement !

Être en mouvement

Pour obtenir l’illusion du mouvement, le cinéma a besoin de 24 images par seconde. Le réalisateur peint avec sa caméra des instants appelés scènes. Puis avec le montage, il rassemble ces différents éléments pour traduire un récit. La plupart des spectateurs conçoivent le film comme une transposition d’une histoire à l’écran en utilisant différents effets pour donner l’illusion d’une unité temporelle.  Pourtant le cinéma possède un outil supplémentaire qui dépasse la peinture : le montage entre les plans. Par exemple dans un champ contrechamp, le réalisateur nous présente une même scène avec différents points de vue. On ne filme plus d’une manière frontale un tableau où l’action des personnages est montrée dans son ensemble. On varie les angles de prise de vue d’un même espace pour évoluer avec les personnages en favorisant l’identification. Le spectateur par ce jeu de traitement de l’espace est en mouvement dans l’histoire et a un accès à l’intimité du personnage. Le mouvement apporté par ce montage est un élément important pour créer émotion et empathie.

La mer est montée et le voilier continue son abattée !

La mer est montée et le voilier continue son abattée ! Acrylique et huile sur toile 73×60 cm

De même, le peintre construit son tableau par le montage intérieur. Il utilise plusieurs outils pour donner l’illusion du mouvement. Le premier est la déformation du dessin. Par exemple, la déformation du bras et de la main permet d’attirer l’attention de l’observateur.

Détail du tableau montrant la déformation du bras

Détail du tableau montrant la déformation du bras

L’art des cavernes est certainement l’une des expressions artistiques des plus anciennes. Les artistes employaient déjà les codes élaborés de la simplification du tracé pour raconter des histoires ou pour transmettre des signes symboliques. Les peintures rupestres attestent que nos ancêtres Homo Sapiens avaient déjà inventé le dessin en mouvement ainsi que la perspective.

Mouvement et Peintures rupestres

Mouvement et Peintures rupestres : aurochs représentés dans la grotte de Lascaux, source Wikipédia.

Bien sûr, l’exagération ne doit pas être employée en surnombre pour éviter la confusion voire la caricature avec un effet plastique désastreux.

De la déformation naît l’émotion !

Le « beau » n’est pas seulement dans le respect des proportions du réel. La symétrie très académique est parfois une erreur : elle peut provoquer une sorte d’image figée avec une immobilisation de la représentation.

Manoeuvre à la barre. Acrylique et huile sur toile 60x60 cm.

Manoeuvre à la barre.
Acrylique et huile sur toile 60×60 cm.

Souvent poussé par l’émotion, notre imagination s’emporte et le dessin se déforme. Des aberrations visuelles apparaissent alors. Malheureusement, nombre de professeurs d’Art au nom d’un certain académisme corrigent cet état pour donner au dessin des proportions justes décrivant un réel sans émoi. Cette correction engendre alors un dessin plat où aucune émotion ne se dégage !

Couleurs et formes simplifiées

Le garçon au gilet rouge

Le garçon au gilet rouge, Cézanne

Traiter les formes en les simplifiant par des formes géométriques simples comme le cylindre, le cône ou la sphère était un des principes de Cézanne. Le découpage et l’instabilité des lignes, la juxtaposition des lignes droites et des formes arrondies procurent une dynamique de mouvement. La taille des bras, l’oreille anormalement immense attirent le regard.
La mélancolie de ce garçon est certainement le sentiment qui nous vient immédiatement à l’esprit.  Est-ce le silence mélancolique que Cézanne a voulu nous transmettre dans ce tableau et pourquoi ce gilet rouge ? L’introduction de cette couleur permet d’insérer une vibration de la lumière qui évite une composition grise où le sujet se serait confondu avec le décor. Les couleurs chaudes permettent d’avancer alors que les froides apportent plutôt une impression de recul. Cette « anomalie » rouge est à ne pas douter un élément important dans l’esthétique de la composition.

Détail du tableau : Couleurs froides et chaudes en opposition !

Détail du tableau :
Déformation du bras. Couleurs froides et chaudes en opposition !

La composition dynamique de contours simplifiés permet aussi de mettre en mouvement les différentes formes. La couleur produit des dessins puissants et dynamiques.

Le couteau à palette

Les touches du couteau à palette travaillées avec énergie modèlent dans l’épaisseur le relief de la peinture et soulignent cette idée de mouvement. De plus, elles accentuent la simplification du trait et intensifient les couleurs. Travailler dans l’épaisseur permet de donner une allure quasi structurale à la houle qui s’écrase sur la proue, arrêtant le voilier en train de lofer.

La vague s'écrase contre la proue du voilier

La vague s’écrase contre la proue du voilier

Vous remarquerez certainement que ces deux tableaux mettent en scène une même action à bord d’un voilier avec une vue tournée vers la proue et le deuxième, une vue vers la poupe !

 

 

Nouvelle année ?

Nouvelle année, nouveau départ en 2021 ?
De cette alternance, nous en avons tous besoin ! Oui, nous voulons tourner la page de 2020 marquée au fer rouge par ce virus de la covid-19. Quelle triste année, des milliers de décès engendrés par cette pandémie mondiale, sans oublier que le terrorisme a encore frappé ! Mon seul espoir est de croire qu’à partir de 2021, le Monde ne sera plus jamais comme avant… Qu’en pensez-vous ? Mais malheureusement, 2021 pourrait ressembler à 2020 avec une crise climatique sans précédent, une crise sociale avec une explosion du chômage, une crise de confiance avec des doutes quant à l’efficacité du vaccin, une crise artistique avec une culture en berne, etc.

Raymond-Altes-La-faille

Année 2020 : « La faille » 130×97 cm

Mais je préfère commencer cette nouvelle année en ayant envie de regarder 2021 avec l’espoir qu’il nous conduira vers une autre vie plus enchantée. Démarrer cette nouvelle année, c’est aussi l’envie d’aller de l’avant en essayant de corriger tous les maux qui compromettent notre avenir. Retrouver des jours heureux, maitriser cette pandémie de covid-19, accélérer la transition écologique en faisant preuve d’ambition et en déclarant l’état d’urgence climatique notamment à travers la Cop-26 qui devrait avoir lieu en septembre en Écosse, décrocher un boulot sans la crainte du chromage, revoir ses amis sans cacher son sourire derrière un masque, et en dernier soutenir la création artistique par une année résolument culturelle.

Un espoir ! avec « Ruban Bleu » 97×130 cm

Je vous souhaite à tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Je vous propose également de visionner ci-dessous une sorte de rétrospective de mon travail artistique de 2020 qui, j’espère, exprime en arrière plan la pression que l’homme fait subir à l’environnement.

Bonne année !

Covid 19, une pandémie et un tableau, « Un Monde malade » !

Meurtri tous les jours par les activités humaines, notre Monde est aujourd’hui agonisant. La nature livre une ultime bataille pour échapper à la 6e extinction de masse des espèces.

Extrait du tableau "un monde malade"

Extrait du tableau « un Monde malade »

La confiance de l’homme en la technologie est aujourd’hui ébranlée  par l’arrivée d’une pandémie incontrôlable. La covid 19 a permis de montrer la fragilité de l’espèce humaine.

Extrait du tableau "un monde malade"

Extrait du tableau « un Monde malade »

La croyance en la toute-puissance de l’homme sur la nature est aujourd’hui remise en question.Nous ne sommes qu’une espèce vivant dans un écosystème malmené et nous redécouvrons  que la vie reste incertaine !
Nous sommes en train de vivre un processus de déclin. Etant certainement sensible à un effondrement annoncé, mon travail artistique a singulièrement évolué vers de nouvelles représentations plus imaginaires tout en étant enraciné dans un réel explorant l’idée que tout est périssable. Vous pouvez obtenir un aperçu de mon travail en cliquant ici.

Avec mes pinceaux, je  cherche à toucher l’inconscient et inciter une réflexion sur la fragilité de notre Monde.

Extrait du tableau "Un monde malade"

Extrait du tableau « Un Monde malade »

Un Monde malade

 Ce tableau ci-dessous, terminé en octobre 2020, est très récent, il mesure 1.80 m de large. Il met en scène un monde bien malade.

Tableau de Raymond Altes " Un monde malade"

Titre du tableau : « Un Monde malade », dimensions : 180×114 cm

Aujourd’hui, le monde se barricade pour se protéger d’une pandémie. Demain, il aura oublié les causes de cette horreur quotidienne.

"De nombreuses espèces disparaissent"

« De nombreuses espèces disparaissent »

J’ai choisi de raconter avec mes pinceaux un monde menacé d’extinction. Le constat est saisissant : de nombreuses espèces disparaissent, le réchauffement climatique atteint des limites irréversibles, la technologie ne trouve pas de solution pour enrayer cette menace climatique, les forêts primaires tropicales déclinent par la déforestation, l’appauvrissement de la biodiversité s’accélère et pour couronner le tout un « minuscule » virus barricade des régions et des pays en enlevant la vie à des centaines de milliers de personnes.

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Pourtant, nous devrions nous rappeler que la Terre est un lieu de vie pour toutes les espèces, qu’en détruisant les ressources naturelles, nous créons les conditions propices à de nouvelles maladies ! L’avidité de l’homme, sans respect pour la nature et les espèces animales, a pour conséquence cette pandémie ainsi que les futures pandémies qui ne manqueront pas de survenir.

"Conséquence une pandémie"

« Conséquence une pandémie » extrait du tableau « Un Monde malade »

Espèces menacées

Espèces menacées

Lorsque le thème « animaux » a été choisi pour l’exposition organisée par Arts Sinagots qui démarre le 23 avril 2019, mon travail s’est orienté d’emblée vers les espèces menacées.

Toutes les études des scientifiques montent à quelques exceptions près que cette menace est le fait de l’homme. Aujourd’hui, la survie de toutes les espèces est fortement menacée… y compris la nôtre.

Les raisons du déclin de la biodiversité du globe sont bien connues : le réchauffement climatique, la déforestation, l’agriculture intensive, l’urbanisation, la surexploitation des ressources terrestres et surtout la cupidité de l’homme…

De nombreux animaux terrestres sont pourchassés par l’homme notamment pour leurs défenses transformées en bijoux d’ivoire, mais aussi pour leur fourrure rare changée en manteaux, voire par des croyances attribuant à des cornes des vertus aphrodisiaques. Voici quelques exemples où la cupidité humaine est complètement irréfléchie !…

Mais d’ici 30 ans, l’impact du dérèglement climatique deviendra le facteur déterminant de l’extinction de milliers d’espèces animales !

Voici les tableaux présentés à cette exposition.

Le dernier orang outan- Tableau de Raymond ALTES

Le dernier orang-outan – 81×65 cm

La déforestation est le premier facteur de leur disparition…

Espèces menacées Le rhinocéros - titre :"Aphrodisiaque" tableau de Raymond ALTES

« Aphrodisiaque » – 60×60 cm

Le rhinocéros fait partie des espèces menacées. La cause est évidemment le braconnage pour alimenter des croyances qui attribuent des pouvoirs aphrodisiaques à la corne de rhinocéros. Eh ! oui la cupidité de l’homme est aussi à l’origine de leur disparition, car le kg de corne se négocie à plus de 50 000 dollars !

Espèces menacées : "Ceci n'est pas un rhinocéros" tableau de Raymond ALTES

Titre « Ceci n’est pas un rhinocéros » 80×80 cm

Les rhinocéros auront sûrement disparu dans une vingtaine d’années. Quel regard auront nos enfants !

Tableau "Origine" de Raymond ALTES

Titre : Origine 60×60 cm

Ce tableau « origine » veut montrer la proximité des deux espèces !

Titre du tableau : "Il pleut des parapluies" de Raymond ALTES

« Il pleut des parapluies » 30×60 cm

Tableau de Raymond ALTES "Gare au gorille".

Titre du tableau « Gare au gorille », 200×110 cm

Tableau de Raymond ALTES : Victimes

Titre du tableau « Victimes » 195×114 cm

Vidéo pour parcourir le grand tableau précédent :

 

 

 

Le surréalisme ou l’art de l’imaginaire !

Surréalisme

Le surréalisme est un mouvement artistique qui apparaît après la Grande Guerre. Il s’inscrit par le refus de l’ordre établi et par une absence de tout contrôle exercé par la logique ou la raison. Il doit s’exprimer sans restriction en se libérant des contraintes académiques de l’esthétique et de la morale. Enfin, il se fonde sur l’imagination en ayant recours au rêve, à l’inconscient, à l’absurde, au désir et au fantasme.

Le Manifeste d’André le Breton, publié en 1924, le définit ainsi.

En conclusion : dans la peinture, le surréalisme a créé un nouvel espace libéré de toute contrainte logique avec une prépondérance aux pouvoirs de l’inconscient et du rêve. Les principaux peintres de ce mouvement qui m’ont le plus inspiré sont : Frida Kahlo, Marc Chagall, Yves Tanguy, Salvador Dali, René Magritte, Max Ernst.

Surréalisme au 16e siècle !

Pourtant le mouvement surréalisme en peinture aurait pu naître dès le 16e siècle avec les peintres comme Jérôme Bosch et Bruegel l’Ancien. Obsédé par les thèmes à caractères religieux, Jérôme Bosch a fasciné de nombreux artistes du mouvement des surréalistes. Ci-dessous le surréalisme avec le fameux jardin des délices.

Le jardin des délices de Jérôme Bosch

Le jardin des délices de Jérôme Bosch, visible au musée du Prado

J’ai vraiment pris plaisir à contempler ce triptyque au musée du Prado. Ce qui est vraiment remarquable dans ce tableau, c’est que je pouvais passer des heures à en observer chaque scène en essayant de les décrypter !

Comme un film, il se compose de 3 grandes séquences fascinantes avec une multitude de petites scènes où certaines bizarreries sont indéchiffrables.

Si vous souhaitez avoir votre propre interprétation du tableau de Jérôme Bosch, vous pouvez lire l’analyse assez complète proposée par Wikipédia.

Inspirations surréalistes

Les surréalistes se sont souvent inspirés des scènes de Bosch. En voici un exemple : Dali aurait emprunté au grand maitre du 16e une des scènes du jardin des délices dans le Grand Masturbateur !  Ci-dessous un montage que j’ai fait pour vous montrer les similitudes troublantes :

Comparaison entre Dali et Bosch

Comparaison entre Dali et Bosch

L’art de l’imaginaire ou le surréalisme avec ma peinture 🙂

Plus généralement, j’ai toujours été intrigué par les tableaux qui introduisent des éléments énigmatiques et où le réel devient singulièrement subtil en nous montrant des situations étranges.

Bien sûr, cela demande un effort ! L’observateur a besoin de prendre son temps devant ce type d’oeuvre. De plus, il est obligé d’être actif pour espérer en comprendre le sens. Il  est contraint de se demander quel aurait pu être le message du peintre. Il est vrai que son interprétation est considérablement liée à son vécu et à sa culture. En réalité, elle dépend grandement de ce qu’une expression ou un élément spécifique a signifié à l’auteur au moment où il a composé le tableau. Dans le surréalisme, très souvent les clés de compréhension ne sont pas révélées par les artistes.

Ruban bleu

Ci-dessous, un de mes derniers tableaux peint début janvier 2019, visible aussi sur mon site-galerie, http://raymondaltes.com/ruban-bleu/

"Le ruban bleu" tableau de Raymond ALTES ou le surréalime de Raymond ALTES

« Le ruban bleu » 130×81 cm

Mon travail actuel que certains observateurs catégorisent comme surréaliste ne peut pas vraiment s’inscrire dans le mouvement surréaliste.  En effet, ma peinture qui appartient bien sûr, au domaine de l’imaginaire est construite d’une manière logique et consciente à partir d’une idée que j’essaie de développer avec mes pinceaux. Cette démarche est contraire à un des points les plus importants du Manifeste du Surréalisme (le refus de toute construction logique).

Origine

Ci-dessous « Origine » visible plus en détail sur la galerie à l’adresse : http://raymondaltes.com/origine/

Les grands singes (lesquels sont en voie de disparition, pour rappel)

Non, l’homme n’est pas une des branches descendantes du singe… il est un hominidé et plus précisément je dirais : un grand singe… Les hominidés sont apparus, il y a plus de 50 millions d’années alors que l’homo sapien est très très jeune, moins de 300 000 années !

Tableau "Origine" de Raymond ALTES le surréalime de Raymond ALTES

Titre : Origine 60×60 cm

Les éléments qui composent alors le tableau répondent à cette idée. Ils construisent un questionnement puisé dans un réel, bien triste pour le grand singe…

En d’autres termes, mes peintures sont construites à partir de symboles souvent liés à la relation de l’homme avec le monde environnant. Mais parfois, je m’intéresse aux grands mythes qui ont fondé notre civilisation, comme ci-dessous.

La Création d’Adam

Voici un tableau qui m’a toujours fasciné La Création d’Adam de Michel-Ange !
Le point central est le fameux contact qui s’établit entre le doigt du Créateur et celui d’Adam. Finalement, le souffle de vie a été ainsi transmis à l’humanité par le Créateur à notre image ! Une des plus belles métaphores !

Le souffle de vie !

Création d'Adam Michel-Ange

Création d’Adam Michel-Ange

(lien pour revoir le tableau avec une meilleure qualité : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cr%C3%A9ation_d%27Adam_(Michel-Ange) ).

Comme vous allez le voir ci-dessous, ma vision du souffle de la vie est très différente. Dans mon tableau, la femme a une importance indéniable dans la création de l’humanité !

Tableau de Raymond ALTES

Extrait du tableau « Le souffle de vie » revu et corrigé !

Ci-dessous le tableau en entier (le Créateur serait-il féminin ?) :

tableau "Le souffle de vie" le surréalime de Raymond ALTES

« Le souffle de vie » tableau de 100 x 100 cm

Si vous le souhaitez, vous pouvez voir d’autres tableaux classés dans la catégorie « au-delà du réel  » (ou « surréalistes » pour certains ) : Raymond ALTES, au-delà du réel

En conclusion, voici quelques-unes de mes peintures rassemblées dans cette galerie: