Archives mensuelles : juin 2015

Lumière crépusculaire : grandiose !

 

Au fil de cet article, je vous propose une petite « promenade » parmi un choix pictural de 4 oeuvres majeures évoquant le traitement de la lumière. Nous verrons également 4 grands magiciens de la couleur qui m’ont toujours fasciné et qui sans doute, ont contribué à forger mon regard ainsi qu’une nouvelle manière de capter la lumière !
Si cette aventure picturale vous a séduit, je serais très heureux dans un deuxième temps de vous faire partager ma vision personnelle des couleurs en vous présentant 4 de mes toiles réalisées récemment.

Première partie

Port de mer au soleil de Claude Gellée

Claude Gellée dit « le Lorrain » (1600-1682) parce qu’il est né dans les Vosges.

Le travail du Lorrain a influencé de nombreux peintres, comme William Turner. Il peint de nombreux paysages souvent des ports imaginaires baignés par une lumière crépusculaire. Les compositions d’inspiration mythologique ne sont que des prétextes pour explorer une lumière diffuse qui suit la fin du jour.

Claude Gellée (le Lorrain) - Port de mer au soleil couchant - 1639 Huile sur toile (1x1,35m) Paris, musée du Louvre

Claude Gellée (le Lorrain) – Port de mer au soleil couchant – 1639 Huile sur toile (1×1,35m) Paris, Musée du Louvre

Dans ce tableau ci-dessus, le sujet est avant tout le soleil couchant où toutes les lignes de fuite convergent vers l’astre placé au tiers inférieur. Les couleurs d’un ciel bleu se mélangent à merveille pour atteindre un jaune éclatant du soleil.  Ses oeuvres témoignent d’une vraie perfection picturale.
L’intérêt de cette toile réside dans le premier plan en opposition avec l’arrière-plan. A l’évidence, des effets narratifs mettent en scène une série de groupes de personnes. Ils se battent ou discutent, tout en oubliant de regarder la beauté qu’offre la nature à la tombée du jour ! Nous assistons à la vie du port face à une scène grandiose de crépuscule.
J’aimerais croire que le peintre ait voulu mettre en scène une allégorie s’inscrivant entre la beauté d’un paysage et des individus trop préoccupés par leur quotidien ne regardant plus la féerie du soir. Peut-être que la morale serait « – regardez la petitesse des hommes ! Ils sont peu de choses face à l’immensité et à la beauté de l’univers.  »

Le Déclin de l'empire carthaginois, William Turner-huile sur toile de 1,70x2,38m Tate Gallery, Londres

Le Déclin de l’empire carthaginois, William Turner-huile sur toile de 1,70×2,38m Tate Gallery, Londres

Presque deux cents ans après les soleils couchants de Claude le Lorrain, William Turner peint « Le Déclin de l’empire carthaginois en 1817« . Comme vous pouvez le remarquer, ce tableau fait écho à la composition précédente. Sans doute, Turner cherche-t-il, à sa manière, à rendre hommage à son ainé, pour l’extraordinaire maîtrise de la lumière.

William Turner, l’incendie du Parlement

Turner a souvent emprunté les compositions du Lorrain dans de nombreux tableaux, sans nul doute, pour se perfectionner dans les effets de la lumière.
Dans la dernière partie de sa carrière artistique, on peut dire qu’il a largement dépassé son ainé. Il suffit de voir l’un de ses tableaux représentant l’incendie du parlement de Londres. Sous son pinceau, les couleurs deviennent « incendiaires » !

 Joseph Mallord William Turner Incendie du Parlement à Londres 1835.


Joseph Mallord William Turner Incendie du Parlement à Londres 1835.

Le Crépuscule par Claude Monet

Photo prise en 2013, centré sur la Cathédrale et le Campanile situés sur la côte de Île de San Giorgio Maggiore appelé aussi Saint-Georges Majeur

Photo prise en 2013, centrée sur la Cathédrale et le Campanile situés sur la côte de l’île de San Giorgio Maggiore appelé aussi Saint-Georges Majeur

Monet séjourne à Londres en 1871 A son tour, il est fasciné par la maitrise de la couleur de Turner.
Le traitement de la lumière deviendra le sujet essentiel dans sa peinture.
MONET a peint 37 toiles à Venise dont deux ont pour objet Saint-Georges Majeur au crépuscule.
Monet est intéressé par les variations de lumière. Il peint avec de petites touches composées de couleurs pratiquement pures pour mettre en évidence les lumières changeantes.

Monet emploie la technique de la division et du mélange optique. Par exemple si vous appliquez des couleurs pures sur la toile comme des touches de magenta et de bleu, cette juxtaposition devrait nous donner à voir un violet lumineux. Le mélange s’effectue alors par votre perception. Autrement un violet obtenu par un mélange direct des couleurs sur la palette perd de son éclat et devient plus « sale », moins lumineux.

Crépuscule à San-Giorgio de Claude Monet

Crépuscule à San-Giorgio de Claude Monet

Nuit étoilée, Vincent Van Gogh

Je ne pouvais pas finir cette partie de l’article sans citer et présenter la nuit étoilée de Vincent Van Gogh

La Nuit étoilée  peinte en 1889, Musée Modern Art, New York).

La Nuit étoilée peinte en 1889, Musée Modern Art, New York).

Ce magnifique ciel étoilé tourmenté se différencie par des ondulations en spirales, des sortes de volutes de lumière s’enroulant peut-être par l’effet du vent. La lumière de la lune en haut à droite se love en halo.
Ce tableau nous transmet un sentiment de malaise, de chaos, voire de menace, avec un point de vue néanmoins fantastique. Ce ciel agité contribue à nous donner une sorte de vision céleste du ciel.
Ce ciel étoilé, est-il la vision de sa mort et l’annonce de son suicide un an plus tard ? Cette impression de salut céleste est sans doute renforcée par la représentation du clocher de l’église qui se dresse démesurément comme un lien entre la terre et Dieu pour les chrétiens. Le grand cyprès, arbre emblématique des cimetières, renforce ce sentiment de l’envolée de l’âme du défunt vers le ciel.

 Deuxième partie.

Lumière rouge au crépuscule

C’est à l’entrée de la nuit que la lumière change de couleurs pour atteindre des teintes « enflammées » !
J’aime alors saisir sur une toile ce moment fugitif où le soleil couchant embrase le ciel d’une lumière diffuse du jaune au rouge suivi d’un dégradé pour parvenir à un bleu cobalt, voire à de l’indigo encore présent dans le ciel !

_DSC9415
Le crépuscule, c’est cette lumière atmosphérique diffuse visible le soir à la tombée du jour ou le matin précédent le lever du soleil. Le crépuscule du matin est appelé en général l’aube. L’explication de cette couleur avec un point vu scientifique est beaucoup moins romantique. Lorsque le soleil atteint l’horizon, la lumière traverse une couche atmosphérique plus large que si le soleil était à la verticale. Cette grande largeur atmosphérique ne restitue que le spectre des basses fréquences c’est-à-dire le rouge.

Quelques paysages réalisés en 2015 au crépuscule.

Romantique coucher de soleil à Portivy, presqu’île de Quiberon

Lumière : Coucher de soleil à Portivy huile sur toile de 116x73 cm

Coucher de soleil à Portivy huile sur toile de 116×73 cm

La nature dans ce moment crépusculaire peut nous offrir de magnifiques spectacles, et si la représentation picturale est un bord de mer alors les reflets de l’eau amplifient la beauté grandiose du ciel.

La cabane du pêcheur à la plage de Langle, Séné

Lumière : Coucher de soleil à Langle Séné huile 50x70

Coucher de soleil à Langle Séné huile 50×70

La couleur doit vibrer et traduire l’ambiance générale du déclin du jour. J’aime représenté ce contraste entre le bleu du ciel et la couleur orange du soleil.

Port Anna, Séné à l’aube

Lumière au lever du jour : Port Anna à l'aube huile sur toile 65x46

Port Anna à l’aube huile sur toile 65×46

Je trouve qu’il n’y a rien de plus beau que de contempler ce moment où la lumière indécise dissout les formes.

Place Henri IV à Vannes, cet hiver

Lumière de ville Place Henri IV, Vannes huile sur toile 60x73

Place Henri IV, Vannes huile sur toile 60×73

La peinture n’est pas toujours une reproduction fidèle de la réalité, c’est un croisement entre observation et imagination.

Ci-dessous les tableaux en détail (cliquez sur une vignette pour parcourir le diaporama)

Autoportrait

Autoportrait Raymond

 

Vos commentaires ou vos analyses même brèves seront toujours les bienvenus et participeront à encourager cet espace pictural que j’espère suffisamment convivial.

Incoming search terms:

  • mélange de couleur à lhuile pournu ciel beu gris et coucher de soleil
  • tableaux de ciels

La flore des Canaries

Pour comprendre l’histoire de la flore Canarienne, en faisant court, il faut tenir compte du caractère océanique et de l’âge de l’archipel. Deux grandes sources, le contingent méditerranéen (Lauriers, houx, daphné…) le contingent africain ( Dracaena, euphorbia, aéonium et céropegia…)
A mon grand regret n’ayant pas les connaissances pour reconnaître les espèces, je m’arrêterai là pour vous faire partager le plaisir des fleurs, des plantes, des arbres.

Une belle graminée ( Pennisetum setaceum) qui devient envahisseuse.

Plante d’origine africaine, elle aurait été implantée comme plante ornementale et a proliféré dans toutes les îles, mais nous l’avons constaté surtout, à la Palma. Les autorités scientifiques essaient de la contenir, conscients de ne pouvoir l’éradiquer
Flore des Canaries : Pennisetum setaceum

Lors de nos randonnées, sur toutes les îles, sauf fuerteventura et Lanzarote, nous avons constaté, au sud des îles, une végétation assez éparse, un climat plus sec et au nord un climat plus humide avec une végétation plus dense et verte et en pallier : premier pallier, euphorbe, laitue de mer, joubardes. Deuxième palier : pins canariens (dont la particularité à notre grand étonnement est de ne pas mourir lors des incendies fréquents, mais de voir repousser des branches sur le tronc noir. Enfin, au sommet, des bruyères arbustives, comme les bruyères du Portugal, mais beaucoup plus grandes, des lauriers, Dracoena.
Fuerteventura et Lanzarote, îles plus anciennes nous montrent un paysage plus aride, venteux avec une végétation plus rare, quelques fleurs rares elles aussi. Un paysage de Western. Les îles s’effritent, donnant l’impression d’être toujours en travaux…

Nous avons remarqué, à hierro, des arbustes et après consultation d’un bouquin sur la flore, nous avons pensé que beaucoup d’espèces étaient des euphorbes, mais c’était aller un peu vite, car la similitude entre arbustes peut être grande, ils ne sont pas forcément de la même famille, aussi,
comme beaucoup de néophytes, nous nous sommes posés la question : quelle différence entre les euphorbes et les cactus ? Il y a d’ailleurs quelques années, quand notre beau-frère m’a dit, le poinsettia est une Euphorbe, je suis tombée des nues …Il y en a de magnifiques qui sont des arbres ici , mais je n’en ai pas photographiées, décembre étant la fin de la floraison.

Les euphorbes appartiennent à la famille des euphorbiacées ( 6OOO espèces) les cactus à celle des cactacées 25OO espèces.

Les aiguillons des épines des cactées, au nombre très supérieur à 3 poussent sur une aréole, sorte de duvet. Les euphorbes ont 3 aiguillons au maximum, certaines n’en ont même pas.
Leur sève : couper un cactus, ils s’écoule un jus transparent, les euphorbes un lait souvent toxique et
collant.

LE JARDIN DE CACTUS

Le jardin de cactus à Lanzarotte

Nous avons visité le jardin de cactus à Lanzarotte, création de César Manrique dont nous vous avons déjà parlé. Etant très attirée par la flore, j’ai adoré.

Christine